Selon des documents militaires confidentiels obtenus par le Financial Times, Téhéran a secrètement acquis un satellite haute résolution auprès d'une entreprise chinoise fin 2024. Cet équipement aurait permis de coordonner les frappes contre plusieurs installations militaires des États-Unis au Moyen-Orient en mars 2026.

Acquisition secrète

Les Gardiens de la révolution ont acquis le satellite chinois TEE-01B fin 2024 pour un montant estimé à 31 millions d'euros.

Ciblage de bases US

Le satellite a été utilisé pour coordonner des attaques contre des installations américaines, notamment la base Prince Sultan en Arabie saoudite.

Saut technologique

La résolution d'imagerie est passée de 5 mètres à 0,5 mètre, permettant d'identifier précisément les types d'avions et les mouvements de troupes.

Le corps des Gardiens de la révolution islamique a secrètement acquis un satellite espion chinois à haute résolution fin 2024. Selon une enquête du Financial Times publiée le 15 avril, s'appuyant sur des fuites de documents militaires, cet appareil a été utilisé pour surveiller et cibler des installations militaires des États-Unis au Moyen-Orient durant les semaines précédant et suivant les attaques de mars 2026. Le satellite, nommé TEE-01B et construit par la société chinoise Earth Eye Co, a été transféré sous le contrôle de la force aérospatiale du CGRI via un accord de « livraison en orbite » après son lancement. Les journaux de bord, les listes de coordonnées et les analyses orbitales obtenus par le quotidien britannique indiquent que le commandement iranien a ordonné la photographie de la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, les 13, 14 et 15 mars 2026, soit au moment précis des frappes de missiles et de drones contre le site. Donald Trump, 47e président des États-Unis, a confirmé le 14 mars que des appareils américains stationnés sur la base avaient été endommagés.

Une résolution d'image multipliée par dix grâce à la technologie chinoise L'acquisition du TEE-01B marque une progression majeure pour le renseignement iranien, offrant une résolution d'image d'environ 0,5 mètre, contre 5 mètres pour le satellite de conception nationale Noor-3. Cette précision accrue a permis aux planificateurs militaires d'identifier les types d'aéronefs, les mouvements de troupes et les modifications d'infrastructures sur les bases, un niveau de détail jusqu'alors inaccessible à Téhéran. Selon le Financial Times, le satellite a couvert un large périmètre de cibles, incluant la base aérienne Muwaffaq Salti en Jordanie, le Camp Lemonnier à Djibouti, l'aéroport de Duqm à Oman, les installations de la Ve flotte américaine à Bahreïn, ainsi que des sites au Koweït et à Erbil, dans le Kurdistan irakien. À la base Prince Sultan, les attaques ont détruit un avion radar E-3 AWACS et en ont endommagé un second, selon de Volkskrant. Le quotidien néerlandais rapporte également que six avions-citernes ont été touchés. Le coût de la transaction s'élèverait à environ 31 millions d'euros selon de Volkskrant, tandis que le site rmf24.pl évoque un montant de 36,6 millions de dollars, soit l'équivalent de 250 millions de yuans.

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16 (avions) — Nombre total d'E-3 AWACS dans la flotte américaine, selon de Volkskrant

Emposat assure le contrôle mondial du satellite depuis Pékin Outre l'appareil lui-même, le CGRI a obtenu l'accès aux stations terrestres commerciales exploitées par Emposat, une société basée à Pékin. Cet accès permet aux opérateurs iraniens de piloter le TEE-01B depuis n'importe quel point du globe. Ce dispositif s'est avéré stratégique car les propres stations au sol de l'Iran avaient été endommagées par des campagnes de bombardement israéliennes, d'après de Volkskrant. Interrogée par le Financial Times sur sa connaissance des liens entre Emposat et le CGRI, l'ambassade de Chine à Washington a nié toute implication. Par ailleurs, selon le média tchèque Seznam Zprávy citant le New York Times, des soupçons pèsent sur un possible accès de l'Iran au système de navigation par satellite chinois BeiDou — alternative au GPS américain — pour guider ses récentes attaques. Nicole Grajewski, experte de l'Iran à Sciences Po Paris, a souligné au Financial Times que la finalité militaire du satellite ne faisait aucun doute. „Il est manifeste que ce satellite sert des objectifs militaires, étant donné qu'il est exploité par la force aérospatiale des Gardiens de la révolution et non par le programme spatial civil iranien.” — Nicole Grajewski via Financial Times

Pékin dément les accusations, Donald Trump évoque des garanties de Xi Jinping Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a rejeté l'intégralité du rapport du Financial Times, tandis que l'ambassade de Chine à Washington a dénoncé de la « désinformation fondée sur des conjectures ». „Les rapports de presse accusant la Chine de fournir un soutien militaire à l'Iran sont des fabrications totales.” — Lin Jian via Il Fatto Quotidiano Lin Jian a ajouté que si les États-Unis aggravaient leur différend commercial avec Pékin sur la base de ces accusations, la Chine répliquerait par des contre-mesures. Ces révélations surviennent alors que l'administration Trump prépare une visite présidentielle à Pékin le mois prochain. Donald Trump a déclaré sur Fox News avoir interpellé le dirigeant chinois Xi Jinping sur des livraisons d'armes à l'Iran et que ce dernier lui avait assuré qu'il ne le faisait pas « de manière substantielle ». Parallèlement, CNN rapporte que les services de renseignement américains soupçonnent Pékin de projeter la livraison de missiles antiaériens portables à Téhéran dans les prochaines semaines, ce qui pourrait modifier l'équilibre des forces alors que les défenses aériennes iraniennes ont été largement affaiblies récemment.

La campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran, nommée Opération Epic Fury, a débuté le 28 février 2026 par des frappes ayant coûté la vie au Guide suprême Ali Khamenei. Son fils, Mojtaba Khamenei, a été nommé pour lui succéder le 9 mars 2026. Jusque-là, le programme spatial iranien dépendait du lanceur Simorgh développé par son ministère de la Défense. L'Iran a rejoint l'initiative chinoise des Nouvelles routes de la soie en 2021.

[{"dateISO":"2024-09-01","date":"Septembre 2024","title":"Engagement d'achat du CGRI","description":"Les Gardiens de la révolution s'engagent à verser environ 250 millions de yuans pour le satellite TEE-01B."},{"dateISO":"2024-12-01","date":"Fin 2024","title":"Transfert du satellite au CGRI","description":"Earth Eye Co transfère le contrôle du TEE-01B à la force aérospatiale du CGRI après son lancement."},{"dateISO":"2026-03-13","date":"13 mars 2026","title":"Début de la surveillance de Prince Sultan","description":"Le satellite photographie la base aérienne en Arabie saoudite avant et après les attaques."},{"dateISO":"2026-03-14","date":"14 mars 2026","title":"Trump confirme des dommages","description":"Le président américain confirme que des appareils ont été touchés sur la base de Prince Sultan."},{"dateISO":"2026-04-15","date":"15 avril 2026","title":"Publication de l'enquête","description":"Le Financial Times publie son enquête basée sur des documents militaires iraniens ayant fuité."}]

Mentioned People

  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
  • Lin Jian — 34. rzecznik Ministerstwa Spraw Zagranicznych Chińskiej Republiki Ludowej

Sources: 26 articles