Selon une enquête du Financial Times publiée mercredi, le Corps des Gardiens de la révolution islamique aurait utilisé un satellite de reconnaissance chinois pour coordonner des frappes contre des installations militaires américaines début 2026. Des documents militaires ayant fuité révèlent l'utilisation du satellite TEE-01B, acquis secrètement fin 2024 auprès de la société chinoise Earth Eye Co.
Acquisition secrète
L'Iran a obtenu le satellite chinois TEE-01B fin 2024 via une transaction discrète avec Earth Eye Co.
Ciblage stratégique
Le satellite a été utilisé pour surveiller et évaluer les dégâts sur des bases américaines en Arabie saoudite, Jordanie et Irak en 2026.
Infrastructure globale
Le recours aux stations au sol d'Emposat a permis à l'Iran d'opérer sur plusieurs continents.
Démenti de Pékin
La Chine rejette ces accusations, les qualifiant de désinformation, alors que les entreprises impliquées restent silencieuses.
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique a acquis secrètement un satellite espion chinois à la fin de l'année 2024. Selon le Financial Times, qui cite des documents militaires iraniens ayant fuité, cet appareil a permis de surveiller et de cibler des installations militaires américaines majeures au Moyen-Orient lors du conflit du début de l'année 2026. Le satellite, nommé TEE-01B, a été construit et lancé par l'entreprise chinoise Earth Eye Co., avant d'être transféré à la Force aérospatiale du CGRI après sa mise en orbite depuis la Chine. Les documents consultés par le quotidien britannique incluent des listes de coordonnées horodatées, des images satellites et des analyses orbitales montrant le commandement iranien orientant le satellite vers des sites américains stratégiques. À l'heure de la publication, la Maison-Blanche, la CIA et le Pentagone n'avaient pas commenté ces informations. Des clichés d'une base saoudienne pris quelques heures avant des frappes confirméesLe satellite TEE-01B a capturé des images de la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, les 13, 14 et 15 mars 2026. Le 14 mars, le président américain Donald Trump confirmait que des appareils américains stationnés sur cette base avaient été touchés par des attaques iraniennes. Outre l'Arabie saoudite, le satellite a également surveillé la base aérienne Muwaffaq Salti en Jordanie, des sites proches de la base navale de la 5e flotte américaine à Manama, au Bahreïn, ainsi que l'aéroport d'Erbil en Irak — autant de lieux où le CGRI a revendiqué des attaques durant cette période. Le Financial Times précise que des clichés ont été pris avant et après les tirs de drones et de missiles, suggérant une utilisation pour le ciblage initial et l'évaluation des dommages. Selon un expert cité par le journal, ces données satellitaires ont offert à l'Iran un avantage tactique qu'il n'aurait pu obtenir avec son seul programme spatial national.„L'Iran a réellement besoin de cette capacité externe pendant cette guerre, car elle permet au CGRI d'identifier les cibles à l'avance et de vérifier le succès de ses attaques” — Nicole Grajewski via Financial TimesChronologie des événements clés liés au satellite et au conflit: — ; — ; — ; — ; — L'appui des stations au sol d'Emposat étend l'influence iranienneDans le cadre de cet accord, le CGRI a également accédé aux stations au sol commerciales exploitées par Emposat, un fournisseur de services de transmission de données basé à Pékin. Le réseau d'Emposat, qui s'étend sur l'Asie et l'Amérique latine, a fourni à l'Iran une infrastructure décentralisée pour manoeuvrer le satellite, dépassant les capacités de ses propres installations nationales. Selon des rapports d'Iran International, la surveillance aurait couvert l'Arabie saoudite, la Jordanie, le Bahreïn, l'Irak, le Koweït, Djibouti, Oman et les Émirats arabes unis. Nicole Grajewski, experte de l'Iran à l'université Sciences Po, a souligné que la gestion du satellite par la branche militaire (Force aérospatiale du CGRI) plutôt que par le programme spatial civil rendait sa finalité guerrière explicite.„Ce satellite est clairement utilisé à des fins militaires car il est géré par la Force aérospatiale du CGRI et non par le programme spatial civil de l'Iran” — Nicole Grajewski via Financial Times Pékin dément, les entreprises concernées gardent le silenceL'ambassade de Chine à Washington a rejeté les affirmations du Financial Times avec fermeté, tandis que les ministères chinois des Affaires étrangères et de la Défense n'ont pas donné suite aux sollicitations de l'agence Reuters. Earth Eye Co. et Emposat n'ont pas non plus souhaité s'exprimer. L'implication de Pékin dans cette affaire soulève des enjeux régionaux majeurs, la Chine étant le premier partenaire commercial et le principal acheteur de pétrole des États du Golfe. Récemment, le président Trump a averti que la Chine s'exposerait à de « graves problèmes » si elle fournissait des systèmes de défense antiaérienne à l'Iran. Ce rapport intervient alors que le rôle des pays tiers dans le soutien aux opérations iraniennes fait l'objet d'un examen minutieux après le conflit qui a opposé la coalition américano-israélienne à l'Iran du 28 février au 8 avril 2026.„S'oppose résolument à la diffusion de désinformation spéculative et insinuante sur la Chine” — Ambassade de Chine à Washington via Financial TimesLes tensions entre les États-Unis et l'Iran remontent à la révolution islamique de 1979, qui a entraîné la rupture des relations diplomatiques. Les programmes spatiaux et de missiles iraniens sont historiquement liés aux ambitions militaires du pays, la Force aérospatiale du CGRI supervisant à la fois les missiles balistiques et les lancements de satellites. Un accord de coopération de 25 ans signé en 2021 entre la Chine et l'Iran couvre les domaines économique et militaire, alimentant les inquiétudes de Washington. La région du Golfe concentre certaines des infrastructures militaires américaines les plus importantes hors du territoire des États-Unis, restant une cible prioritaire pour la stratégie iranienne.
Mentioned People
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
Sources: 10 articles
- Irão usou satélite espião chinês para identificar bases dos EUA (Correio da Manha)
- Intuíamos que Irán bombardeó las bases militares de EEUU con ayuda. Unas coordenadas han revelado su nombre, y es Made in China (Xataka)
- Chiński satelita ujawnił tajne dane Iranowi o USA. Pekin grzmi: Sprzeciwiamy się (forsal.pl)
- 金融時報:伊朗利用中國間諜衛星監視美軍基地 (RFI)
- Trump a menacé Pékin de "gros problèmes" si elle fournissait des systèmes de défense aérienne à Téhéran: l'Iran a utilisé un satellite espion chinois pour scruter des bases américaines au Moyen-Orient (BFMTV)
- Irán habría identificado bases de EE. UU. con satélite chino (Deutsche Welle)
- Heimlich erworben: Iran soll chinesischen Spionagesatelliten für Angriffe auf US-Stützpunkte genutzt haben (Der Tagesspiegel)
- "FT": Iran wykorzystał chińskiego satelitę szpiegowskiego do ataków na bazy USA na Bliskim Wschodzie (wnp.pl)
- Iran: Ft, usato satellite spia cinese per colpire basi militari Usa - Il Sole 24 ORE (Il Sole 24 ORE)
- Iranul a utilizat un satelit spion chinez pentru a ţinti bazele americane (G4Media.ro)