L’inflation dans la zone euro a atteint 2,5 % sur un an en mars 2026, son niveau le plus élevé depuis janvier 2025, selon une première estimation publiée mardi par Eurostat. Cette hausse s’explique surtout par l’envolée des prix de l’énergie après l’éclatement du conflit au Moyen-Orient le 28 février. Le chiffre est légèrement inférieur aux anticipations des analystes.
L’énergie tire les prix vers le haut
L’inflation de la zone euro a atteint 2,5 % en mars 2026, contre 1,9 % en février, sous l’effet de la hausse des prix du pétrole et du gaz après le conflit au Moyen-Orient.
L’inflation sous-jacente recule
Hors énergie et alimentation, l’inflation a légèrement baissé à 2,3 %, signe que le choc n’a pas encore gagné l’ensemble de l’économie.
La BCE sous surveillance
Avec un taux directeur maintenu à 2 %, la BCE reste attentive à l’évolution du choc énergétique alors que le débat sur une hausse des taux s’intensifie.
Les gouvernements cherchent des amortisseurs
Au niveau européen, les États membres et le G7 Finances-Énergie examinent des mesures pour limiter l’impact sur les ménages et les entreprises.
L’inflation dans la zone euro a atteint 2,5 % sur un an en mars 2026, son niveau le plus élevé depuis janvier 2025, portée par une forte hausse des prix de l’énergie après l’éclatement du conflit au Moyen-Orient le 28 février, selon une première estimation publiée mardi par Eurostat. Le chiffre est légèrement inférieur aux attentes des analystes, Bloomberg tablant sur 2,6 % et FactSet sur 2,7 %. Les prix de l’énergie dans les 21 (pays) — États membres de la zone euro partageant la monnaie unique ont progressé de 4,9 % sur un an en mars, après une baisse de 3,1 % enregistrée en février. Cette accélération traduit l’impact direct de la hausse des prix du pétrole et du gaz depuis le début des hostilités, qui ont perturbé les flux d’approvisionnement par le détroit d’Ormuz. Le chiffre de mars marque un net rebond par rapport aux 1,9 % enregistrés en février.
Prix de l’énergie dans la zone euro : février contre mars 2026: Prix de l’énergie (sur un an) (before: -3,1 % (février 2026), after: +4,9 % (mars 2026)); Inflation globale dans la zone euro (before: 1,9 % (février 2026), after: 2,5 % (mars 2026)); Inflation française (indice national) (before: 0,9 % (février 2026), after: 1,7 % (mars 2026))
L’inflation sous-jacente recule malgré la flambée de l’énergie Malgré cette accélération en tête d’indice, l’inflation sous-jacente — qui exclut les prix de l’énergie et de l’alimentation et sert de référence importante pour les décideurs — a en réalité légèrement baissé, à 2,3 % sur un an en mars. Ce recul montre que la hausse des coûts de l’énergie ne s’est pas encore diffusée à l’ensemble de l’économie. La progression des prix des services a ralenti de 0,2 point à 3,2 %, tandis que l’inflation des biens industriels a diminué dans la même proportion, à 0,5 %. Les prix alimentaires ont eux aussi marqué une décélération, en baisse de 0,1 point à 2,4 %. L’économiste Sylvain Bersinger, de la société de conseil Bersingéco, a qualifié la situation de « mini choc pétrolier » dans une note publiée mardi, tout en estimant que l’impact inflationniste devrait rester nettement inférieur à celui de la crise énergétique de 2022 ou des chocs des années 1970. La France a enregistré une hausse mensuelle particulièrement marquée, avec des prix à la consommation nationaux passés à 1,7 % sur un an en mars, contre 0,9 % en février, soit un gain de 0,8 point. Cette évolution a été largement tirée par les produits pétroliers, dont les prix ont bondi de 7,3 % sur un an après avoir reculé de 2,9 % en février. L’indice des prix à la consommation harmonisé de la France a grimpé à 1,9 % en mars, contre 1,1 % en février. L’Institut national de la statistique et des études économiques, Insee, a estimé la semaine dernière que l’inflation française dépasserait 2 % au printemps, à condition que les prix du pétrole restent autour de 100 dollars jusqu’en juin.
Énergie: 4,9, Services: 3,2, Alimentation: 2,4, Ensemble: 2,5, Sous-jacente (hors énergie et alimentation): 2,3, Biens industriels: 0,5
Les prévisions de croissance de l’UE menacées, avertit Dombrovskis Le commissaire européen à l’Économie et à la Productivité, Valdis Dombrovskis, a averti vendredi que le conflit pourrait réduire la croissance de l’Union européenne de 0,4 à 0,6 point de pourcentage cette année, selon la durée des hostilités. La prévision officielle actuelle de la Commission européenne pour la croissance de l’UE s’établit à 1,4 % en 2026, un chiffre que M. Dombrovskis a dit ne pas avoir encore révisé. Les gouvernements des Vingt-Sept cherchent des moyens d’amortir le choc pour les consommateurs et les entreprises. Le groupe G7 Finances-Énergie, réuni par la France en visioconférence lundi 30 mars, a publié un communiqué disant qu’il était prêt « à prendre toutes les mesures nécessaires » pour assurer la stabilité du marché de l’énergie. Les ministres de l’énergie des 27 États membres de l’UE devaient tenir leur propre visioconférence mardi après-midi afin d’examiner les derniers développements au Moyen-Orient.
„à prendre toutes les mesures nécessaires” — groupe G7 Finances-Énergie via La Libre.be
La zone euro a connu ces dernières années plusieurs cycles inflationnistes liés à la volatilité des prix de l’énergie. La crise énergétique de 2022, provoquée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a porté l’inflation de la zone euro à des niveaux records. La Banque centrale européenne a répondu par une série de hausses agressives de ses taux avant de les abaisser progressivement à mesure que l’inflation refluaît. La Bulgarie a rejoint la zone euro en janvier 2026, portant à 21 le nombre d’États membres partageant la monnaie unique.
La BCE maintient son taux à 2 % mais le débat sur une hausse s’intensifie Le taux directeur de la BCE est resté fixé à 2 % depuis juin 2025, exactement au niveau de l’objectif officiel d’inflation de l’institution. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a assuré les marchés que l’institution disposait d’une « gamme graduée d’options » pour répondre au choc énergétique et qu’elle agirait pour ramener la hausse des prix à 2 %. Elle a toutefois précisé que la BCE n’interviendrait pas « avant d’avoir suffisamment d’informations sur l’ampleur et la persistance du choc ainsi que sur ses répercussions » sur l’économie au sens large. Andrew Kenningham, chef économiste pour l’Europe chez Capital Economics, a écrit dans une note publiée mardi que l’inflation globale devrait approcher 4 % d’ici à la fin de l’année, ce qui, selon lui, suffirait à conduire la BCE à procéder à de légères hausses de taux. La perspective d’une hausse des taux — à un moment où l’économie de l’UE est déjà sous pression en raison du conflit — alimente un débat nourri entre économistes sur la réponse appropriée à un choc d’offre qui ne s’est pas encore répercuté sur l’inflation sous-jacente.
Mentioned People
- Valdis Dombrovskis — komisarz UE ds. gospodarki i produktywności oraz komisarz ds. wdrażania i upraszczania przepisów
- Sylvain Bersinger — ekonomista w Bersingéco
Sources: 14 articles
- L'inflation dans la zone euro bondit à 2,5% sur un an en mars, attisée par le conflit au Moyen-Orient (La Libre.be)
- INFOGRAPHIE. L'envolée des prix de l'énergie en zone euro fait nettement resurgir l'inflation qui pointe à 2,5% en mars (la France n'a plus l'inflation la plus basse) (BFMTV)
- L'inflation dans la zone euro bondit à 2,5% sur un an en mars, tirée par les prix de l'énergie (Mediapart)
- Guerre en Iran : poussée par le pétrole, l'inflation grimpe vite dans la zone euro (LesEchos.fr)
- L'inflation atteint 2,5 % en mars dans la zone euro, dopée par les prix de l'énergie (SudOuest.fr)
- Brusque accélération de l'inflation, et ce n'est peut-être qu'un début (20minutes)
- France: forte hausse de l'inflation en mars à 1,7% sur un an, selon l'Insee (France 24)
- La guerre au Moyen-Orient fait bondir l'inflation en France (LesEchos.fr)
- Inflation : forte hausse des prix en mars, le taux bondit à 1,7 % sur un an (SudOuest.fr)
- La guerre au Moyen-Orient fait bondir l'inflation en France en mars, au plus haut depuis deux ans (L'Opinion)