L'institution de Washington a réduit ses prévisions de croissance mondiale à 3,1 % pour 2026, invoquant les répercussions du conflit au Proche-Orient. Si les tensions persistent, le Fonds monétaire international prévient que l'économie pourrait frôler la récession avec un scénario pessimiste à 2,0 %.

Révision à la baisse

Le FMI abaisse la croissance mondiale à 3,1 % pour 2026 en raison du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran.

Choc pétrolier historique

L'offre mondiale a chuté de 10,1 millions de barils par jour en mars, la plus importante perturbation jamais enregistrée.

Risque de récession

Un scénario de conflit prolongé pourrait faire tomber la croissance mondiale à 2,0 %, seuil critique proche de la récession.

Impact par pays

L'Iran (-6,1 %), le Royaume-Uni (0,8 %) et l'Allemagne (0,8 %) figurent parmi les économies les plus touchées par cette crise.

Le FMI a abaissé mardi ses prévisions de croissance mondiale pour 2026 à 3,1 %, soit une réduction de 0,2 point de pourcentage par rapport à ses projections de janvier. Cette révision fait suite au conflit au Proche-Orient déclenché par les frappes conjointes américano-israéliennes sur l'Iran le 28 février 2026. L'institution a averti qu'un conflit prolongé pourrait mener l'économie mondiale au bord de la récession, la croissance pouvant chuter à 2,0 % selon son scénario le plus sombre. Alors que les perspectives s'assombrissaient, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales se sont réunis à Washington pour les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. Le FMI a présenté trois scénarios distincts — de référence, défavorable et sévère — chacun corrélé à la durée du conflit et à la flambée des cours du pétrole. Même dans l'hypothèse la plus optimiste, la guerre a déjà effacé ce qui aurait dû être une légère amélioration des prévisions : en l'absence de conflit, le FMI affirme qu'il aurait relevé ses chiffres de 0,1 point pour atteindre 3,4 %, soutenu par un essor des investissements technologiques, des taux d'intérêt plus bas et une réduction des tarifs douaniers américains. L'inflation globale devrait grimper à 4,4 % à l'échelle mondiale selon le scénario de référence.

La guerre en Iran constitue le troisième choc majeur pour l'économie mondiale depuis 2020, après la pandémie de COVID-19 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. Le détroit d'Ormuz, désormais fermé de fait suite aux actions iraniennes en réponse aux frappes américano-israéliennes, voit normalement transiter environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Le FMI a souligné que la croissance mondiale n'est descendue sous la barre des 2,0 % qu'à quatre reprises depuis 1980, les épisodes les plus récents étant la crise financière de 2009 et la pandémie de 2020.

L'offre de pétrole subit son plus grand choc historique selon l'AIE L' AIE a indiqué que 10.1 million (barils par jour) — l'offre de pétrole perdue en mars 2026 constitue la plus grande perturbation de l'histoire avec 10,1 millions de barils par jour disparus en mars 2026. Cette situation résulte des attaques contre les infrastructures énergétiques et de la fermeture effective du détroit d'Ormuz par l'Iran. L'agence prévoit désormais une baisse de la demande mondiale de pétrole de 80 000 barils par jour en 2026, un revirement spectaculaire par rapport à sa prévision précédente qui tablait sur une hausse annuelle de 640 000 barils. L'offre mondiale devrait chuter de 1,5 million de barils par jour cette année, contre une hausse de 1,1 million projetée dans le rapport mensuel précédent. Les prix du brut sont repassés au-dessus des 100 dollars le baril lundi, après l'échec des discussions entre les États-Unis et l'Iran ce week-end et le début du blocus américain du détroit d'Ormuz. Mardi, le baril de Brent a légèrement reculé de 0,9 % à 98,50 dollars dans l'espoir d'une reprise des pourparlers de paix. La prévision de référence du FMI repose sur un cours moyen de 82 dollars pour l'année 2026, un chiffre déjà inférieur aux niveaux actuels du marché, ce qui souligne la dépendance de ce scénario à une désescalade rapide.

Scénario de référence : 3.1, Scénario défavorable : 2.5, Scénario sévère : 2.0

Les banques centrales pourraient devoir durcir leur politique monétaire L'économiste en chef du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, a averti que les banques centrales pourraient faire face à une lutte contre l'inflation bien plus complexe qu'en 2022. À l'époque, une économie en surchauffe permettait à des hausses de taux modérées de refroidir la demande. Aujourd'hui, avec une économie disposant de plus de capacités excédentaires — notamment un marché du travail moins tendu — un resserrement monétaire beaucoup plus vigoureux pourrait être nécessaire si les anticipations d'inflation venaient à déraper. „Le coup de frein sera douloureux. Il faudra peut-être infliger bien plus de souffrances pour obtenir le même résultat de désinflation.” — Pierre-Olivier Gourinchas via Reuters Il a ajouté que le choc inflationniste de 2022 avait rendu les consommateurs et les entreprises hypersensibles aux prix, incitant les entreprises à répercuter plus vite les hausses et les travailleurs à exiger plus tôt des augmentations de salaires. „Une fois dans ce cycle, les gens se diront que l'inflation est là pour durer.” — Pierre-Olivier Gourinchas via Reuters Le FMI a toutefois noté que les banques centrales pourraient choisir de ne pas réagir à une flambée éphémère de l'énergie si le conflit s'avérait de courte durée. M. Gourinchas a qualifié la situation dans le Golfe de risque « potentiellement bien plus vaste » que la vague initiale de tarifs douaniers américains imposée un an plus tôt.

Le Moyen-Orient durement touché, l'Allemagne et le Royaume-Uni dégradés La révision régionale la plus brutale concerne le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (MENA), où la prévision de croissance pour 2026 a été amputée de 2.8 (points de pourcentage) — réduction de la prévision de croissance MENA pour 2026 pour s'établir à 1,1 %, avec un rebond à 4,8 % espéré en 2027 à la condition d'une normalisation rapide de la production et du transport d'énergie. L'économie iranienne devrait se contracter de 6,1 % pour l'exercice débutant le 21 mars, une révision de 7,2 points par rapport aux chiffres de janvier. Bahreïn, l'Irak, le Koweït et le Qatar devraient également voir leurs économies se contracter en 2026. Parmi les économies avancées, le Royaume-Uni subit la plus forte dégradation du G7, avec une croissance ramenée à 0,8 % (-0,5 point) et une inflation qui pourrait frôler les 4 %. L'Allemagne voit sa prévision abaissée à 0,8 % (-0,3 point), la plus forte baisse au sein de la zone euro, le FMI anticipant une inflation allemande à 2,7 % cette année. Le gouvernement allemand a réagi lundi en adoptant un 1.6 billion (euros) — plan d'allègement des prix du carburant via une baisse des taxes sur le diesel et l'essence de 1,6 milliard d'euros. Le FMI a toutefois mis en garde contre les subventions généralisées aux carburants, préconisant plutôt des aides ciblées pour les ménages vulnérables. Les économies émergentes et en développement voient leur prévision collective ramenée à 3,9 %, les pays importateurs de matières premières étant les plus exposés.

Inde : 6.5, Asie émergente et en développement : 4.9, Chine : 4.4, Ensemble des marchés émergents : 3.9, Arabie saoudite : 3.1, Monde (référence) : 3.1, Zone euro : 1.1, Moyen-Orient et Afrique du Nord : 1.1, Allemagne : 0.8, Royaume-Uni : 0.8, Iran : -6.1

Mentioned People

  • Pierre-Olivier Gourinchas — Główny ekonomista Międzynarodowego Funduszu Walutowego od 2022 roku i profesor zarządzenia na Uniwersytecie Kalifornijskim w Berkeley
  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych

Sources: 31 articles