Téhéran a rétabli le blocus du détroit d'Ormuz le lundi 20 avril 2026, provoquant une hausse immédiate de plus de 7 % des cours du pétrole brut. Cette décision survient après l'interception par les États-Unis d'un cargo iranien, mettant fin à une brève réouverture des voies maritimes.

Rétablissement du blocus

L'Iran a refermé le détroit d'Ormuz suite à la saisie d'un de ses cargos par les forces américaines.

Flambée des cours du brut

Le prix du Brent et du WTI a bondi de plus de 7 % en une seule journée, atteignant des sommets proches de 97 dollars.

Chute des marchés financiers

Les indices européens comme le DAX et le CAC 40 ont perdu plus de 1 % par crainte d'une escalade prolongée.

Expiration du cessez-le-feu

Le fragile accord de trêve doit expirer ce mardi 21 avril, sans perspective claire de nouvelles négociations.

L'Iran a imposé un nouveau blocus sur le détroit d'Ormuz le lundi 20 avril 2026. Ce revirement annule la brève ouverture survenue quelques jours plus tôt, qui avait stimulé les marchés mondiaux. En conséquence, les prix du pétrole ont bondi de plus de 7 % tandis que les bourses européennes et américaines reculaient. La fermeture fait suite à la saisie par les États-Unis d'un cargo iranien qui aurait tenté de forcer le blocus, ravivant des tensions qui semblaient s'apaiser vendredi lorsque l'Iran avait déclaré le détroit ouvert. Le contrat à terme sur le Brent a grimpé de 6,56 dollars, soit 7,26 %, pour atteindre 96,94 dollars le baril. Parallèlement, le West Texas Intermediate américain a augmenté de 6,07 dollars, ou 7,24 %, s'établissant à 89,92 dollars le baril, selon Reuters. Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré lundi que Téhéran ne prévoyait pas de second cycle de négociations avec les États-Unis, affirmant que le blocus avait compromis les discussions et soulignant des différends non résolus sur le programme nucléaire iranien. Cette évolution marque un net recul par rapport à l'optimisme de vendredi, où les marchés avaient enregistré leurs gains hebdomadaires les plus importants depuis mai dans l'espoir d'une issue diplomatique. Échec des négociations : le cessez-le-feu expire mardiUn fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran doit expirer le mardi 21 avril 2026, accentuant l'inquiétude des investisseurs. Le président américain Donald Trump a annoncé l'envoi d'émissaires au Pakistan pour des pourparlers, tout en menaçant simultanément Téhéran de nouvelles frappes si les conditions américaines n'étaient pas acceptées, rapporte Reuters. L'Iran a rejeté ces avances, les médias d'État ayant relayé ce refus quelques heures après l'annonce de Donald Trump. Les deux parties s'accusent mutuellement d'avoir violé l'accord de cessez-le-feu en attaquant des navires, selon des informations de Reuters en provenance de Singapour. Les données de Kpler révèlent que plus de 20 navires transportant du pétrole, des métaux, du gaz et des engrais ont traversé le détroit le samedi 18 avril — la journée de trafic la plus intense depuis le 1er mars — durant la courte fenêtre d'ouverture. Le détroit sert de canal de passage pour un cinquième des expéditions énergétiques mondiales, faisant de sa fermeture un levier de pression majeur pour les économies dépendantes de l'énergie.[{"dateISO":"2026-03-01","date":"1er mars 2026","title":"Dernier jour de trafic intense avant fermeture","description":"Dernière journée de transit significatif de navires par le détroit d'Ormuz avant le début du blocus."},{"dateISO":"2026-04-18","date":"18 avril 2026","title":"Réouverture brève du détroit","description":"Plus de 20 navires transportant du pétrole, des métaux, du gaz et des engrais ont transité — journée la plus active depuis le 1er mars."},{"dateISO":"2026-04-18","date":"Vendredi 18 avril 2026","title":"Hausse des marchés à l'ouverture","description":"Le STOXX 600 gagne plus de 1 % ; le S&P 500 et le Nasdaq atteignent des records pour la troisième séance consécutive."},{"dateISO":"2026-04-20","date":"Lundi 20 avril 2026","title":"Rétablissement du blocus","description":"L'Iran ferme à nouveau le détroit après la saisie d'un cargo iranien par les États-Unis. Le pétrole bondit de 7 %, les bourses reculent."},{"dateISO":"2026-04-21","date":"Mardi 21 avril 2026","title":"Expiration prévue du cessez-le-feu","description":"Le fragile cessez-le-feu américano-iranien doit prendre fin, sans nouvelles négociations confirmées."}] Recul des marchés européens et américains après des sommetsLes bourses européennes ont ouvert en forte baisse lundi. Les contrats à terme sur le DAX allemand et le CAC 40 français ont chacun chuté de plus de 1 %, tandis que le STOXX 600 a perdu près de 1,5 %, selon Reuters. À Londres, le FTSE 100 reculait de 0,6 % à 10 603,24 points en milieu de matinée, alors que le FTSE 250 cédait 1,2 %. Aux États-Unis, les futures sur le S&P 500 E-mini ont baissé de 0,50 %, le Nasdaq 100 E-mini de 0,52 % et le Dow E-mini de 0,61 %, soit 303 points. L'indice CBOE Volatility Index a progressé de 2,25 points pour atteindre 19,73, son niveau le plus élevé en une semaine, après huit séances consécutives de baisse. Les valeurs énergétiques ont suivi la tendance inverse : Exxon Mobil a gagné 2 %, Chevron 1,9 % et Occidental Petroleum 2,5 % dans les échanges d'avant-bouche. Richard Hunter, responsable des marchés chez Interactive Investor, a décrit cette situation comme un « thème trop familier » où les marchés font deux pas en avant et un pas en arrière, presque exclusivement au gré des actualités du Moyen-Orient.„« C'est un thème trop familier : les marchés font deux pas en avant et un pas en arrière, un mouvement presque entièrement dicté par le flux de nouvelles en provenance du Moyen-Orient »” — Richard Hunter via The IndependentPétrole Brent : +7,26, Pétrole WTI : +7,24FTSE 100 : -0,6, FTSE 250 : -1,2, Futures DAX : -1,5, Futures CAC 40 : -1,3, Futures STOXX 600 : -1,5, Futures S&P 500 : -0,5, Futures Nasdaq 100 : -0,52, Futures Dow : -0,61 Les analystes estiment que les marchés ont été trop optimistes vendrediLes experts de marché ont averti que le rebond de vendredi tablait sur un scénario trop optimiste, non soutenu par les faits sur le terrain. Michael Brown, stratège de recherche chez Pepperstone à Londres, a noté que le marché interprétait la situation comme si les deux parties continuaient de dialoguer malgré la fermeture et les menaces. Il a prévenu qu'un refus iranien confirmé d'assister à de nouvelles négociations pourrait déclencher une aversion au risque bien plus marquée que celle observée lundi matin.„« Bien que la nouvelle de la fermeture d'Ormuz ne soit pas bonne, que les navires attaqués ne soient pas une bonne chose, et que les menaces de Trump contre les infrastructures iraniennes ne soient pas réjouissantes, le marché considère qu'au fond, les deux parties se parlent toujours »” — Michael Brown via ReutersMohit Kumar, économiste chez Jefferies, a proposé une vision à long terme prudemment constructive, arguant qu'aucune des parties n'avait d'intérêt stratégique à prolonger le conflit.„« Notre opinion reste que nous nous dirigeons vers un accord. Nous en sommes à un stade où prolonger la guerre n'est dans l'intérêt de personne. La base MAGA de Trump ne le souhaite pas, et Trump veut un accord. Pour les Gardiens de la révolution, l'objectif est la survie »” — Mohit Kumar via ReutersDerren Nathan, responsable de la recherche chez Hargreaves Lansdown, a souligné que les futures discussions entre les deux nations dicteraient les prochains mouvements boursiers, conseillant aux investisseurs de s'armer de patience. Le FTSE 100 reste en hausse de plus de 7 % depuis le début de l'année malgré cette volatilité, ce qui suggère pour les analystes que les investisseurs à long terme ont largement absorbé les perturbations du conflit sans abandonner leurs positions boursières.Le détroit d'Ormuz est depuis longtemps au cœur des tensions géopolitiques entre l'Iran et les puissances occidentales. Situé entre l'Iran et la péninsule de Musandam à Oman, il est l'unique sortie maritime du golfe Persique. La crise actuelle découle de l'opération « Epic Fury », la campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran débutée le 28 février 2026, au cours de laquelle le Guide suprême Ali Khamenei a été tué dès les premières frappes. Son fils, Mojtaba Khamenei, a été nommé Guide suprême le 9 mars 2026. Le blocus du détroit a perturbé les marchés énergétiques mondiaux à plusieurs reprises depuis le début du conflit ; la brève ouverture du 18 avril marquait la journée de trafic la plus intense depuis le 1er mars.

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Sources: 40 articles