En Irlande, les cas de prise en charge liés à la cocaïne ont atteint un niveau historique, selon le Health Research Board. Entre 2017 et 2024, les traitements ont augmenté de 252,6 %, tandis que la poudre a progressé de 216 % et le crack de 668,2 %. Le phénomène touche désormais toutes les catégories sociales, tous les âges et l’ensemble du territoire.
Une hausse historique des traitements
Les cas de traitement liés à la cocaïne ont augmenté de 252,6 % entre 2017 et 2024, selon le Health Research Board.
Le crack progresse très fortement
Sur la même période, l’usage de crack cocaïne a augmenté de 668,2 %, contre 216 % pour la poudre.
Un marché devenu plus accessible
Les commandes passent de plus en plus par Snapchat, Signal ou WhatsApp plutôt que par des contacts de rue.
Des saisies record mais insuffisantes
La plus grande saisie de l’histoire irlandaise remonte à septembre 2023 avec 2 253 kilogrammes de cocaïne, estimés à 157 millions d’euros.
Les femmes de plus en plus concernées
Le nombre de femmes entrant en traitement a augmenté de 426,1 % entre 2017 et 2024.
L’Irlande a enregistré un niveau record historique alors que le Health Research Board a fait état d’une hausse de 252,6 % des cas de traitement liés à la cocaïne entre 2017 et 2024, la drogue étant désormais présente dans toutes les classes sociales, tous les groupes d’âge et toutes les régions de l’île. Les chiffres, tirés du rapport « Drug Treatment Demand in Ireland », montrent que l’usage de cocaïne en poudre a augmenté de 216 % sur la même période, tandis que la variante fumable, le crack, a bondi de 668,2 %. L’Irlande, qui se classait déjà au quatrième rang mondial des consommateurs de cocaïne en 2019 selon un rapport des Nations unies — aux côtés des États-Unis et de l’Autriche, derrière seulement l’Australie, les Pays-Bas et l’Espagne — a vu cette drogue passer d’un phénomène urbain marginal à une crise nationale. Des kits de cocaïne, aussi appelés snuff kits, sont vendus ouvertement dans les vitrines de commerces du centre de Dublin pour 18 euros, avec un miroir, une lame de rasoir, un tube pour sniffer, un flacon et une petite cuillère en métal. Nicole Davis, touriste australienne, a résumé la situation de rue en traversant le quartier de Temple Bar à Dublin.
„À chaque coin de rue, on dirait qu’il y a de la coke, c’est assez inquiétant” — Nicole Davis via Der Tagesspiegel
Le problème de cocaïne en Irlande s’est aggravé régulièrement depuis le milieu des années 2010, avec une accélération nette après 2017, année du lancement de la stratégie nationale sur les drogues. La position géographique du pays, à l’extrémité ouest de l’Europe, en a fait un point de transit et de destination pour les cargaisons de cocaïne traversant l’Atlantique. L’Agence de l’Union européenne sur les drogues, connue jusqu’en 2024 sous le nom de Centre européen de surveillance des drogues et des toxicomanies, suit depuis plus de dix ans la hausse de la consommation de cocaïne en Europe, l’Irlande figurant régulièrement parmi les États membres les plus consommateurs.
Les applications remplacent les dealers de rue à mesure que la cocaïne se banalise Le mode de distribution de la cocaïne en Irlande a connu ce que des journalistes décrivent comme une révolution du marketing, les acheteurs passant commande via des plateformes de messagerie grand public plutôt qu’auprès de contacts de rue. La journaliste Kathy Sheridan, du Irish Times, a décrit ce changement en des termes très directs.
„Qui pense qu’il faut encore trouver un individu louche avec quelques petits sachets douteux n’a pas vu la révolution du marketing. Les « menus » à commander via Snapchat, Signal ou WhatsApp sont conçus aussi professionnellement et illustrés aussi vivement que des publicités de supermarché, avec des réductions pour les lots et les combinaisons.” — Kathy Sheridan via Der Tagesspiegel
La facilité d’accès a porté la consommation dans les zones rurales à des niveaux comparables à ceux des centres urbains, remettant en cause l’idée, longtemps dominante, selon laquelle la cocaïne était surtout une drogue de ville. Des analyses des eaux usées à Dublin ont montré que la cocaïne était de loin la drogue la plus fréquemment détectée, avec des pics les vendredis et les lundis, selon Lorraine Nolan, l’Irlandaise qui a pris ses fonctions de directrice exécutive de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues le 1er janvier 2026. Lorraine Nolan a indiqué que les concentrations de cocaïne relevées dans les eaux usées de Dublin étaient actuellement environ dix fois supérieures à celles du kétamine, même si une baisse de 18 % sur un an était enregistrée. La démocratisation du marché s’explique aussi par la baisse des prix, conséquence directe des volumes de cocaïne entrant dans le pays.
Une saisie record de 157 millions d’euros montre l’ampleur des routes de trafic Les opérations des forces de l’ordre ont pris de l’ampleur en parallèle du marché, même si les enquêteurs reconnaissent que les grosses saisies ne représentent qu’une fraction de l’offre totale. À la mi-mars 2026, les Gardaí ont démantelé un réseau de trafic de drogue et saisi de la cocaïne pour une valeur de 5,25 millions d’euros, un montant que des policiers ont eux-mêmes qualifié de relativement modeste au regard des standards actuels. L’échelle de référence a été fixée en septembre 2023, lorsque des enquêteurs ont intercepté, au large de la côte sud-est de l’Irlande, un navire immatriculé au Panama qui transportait 2 253 kilogrammes de cocaïne, pour une valeur estimée à 157 millions d’euros, la plus grosse saisie de cocaïne de l’histoire irlandaise. Huit hommes ont ensuite été condamnés à des peines allant de 13,5 ans à 20 ans de prison à la suite de cette opération. Les routes de trafic qui alimentent l’Irlande sont en partie façonnées par la réglementation de l’Union européenne sur la pêche, qui a réduit depuis plusieurs années la viabilité économique de la pêche côtière, selon Sjoerd Top, directeur général du siège européen de l’analyse du trafic de drogue vers l’Europe, connu sous le nom de MAOC-N. La vulnérabilité structurelle du littoral irlandais, combinée aux routes maritimes atlantiques, a fait du pays un point d’entrée constant pour la cocaïne destinée aux marchés européens.
2017: 0, 2024: 252.6
Les femmes et le financement public illustrent l’institutionnalisation de la crise La réponse de l’État irlandais s’est nettement renforcée, le ministère de la Santé et l’autorité sanitaire ayant alloué 170 (millions d’euros) — de financement pour les services liés aux drogues en 2025. Une porte-parole du ministère a déclaré à Deutsche Presse-Agentur que les investissements menés dans le cadre d’une stratégie nationale sur les drogues avaient amélioré l’accès aux soins et qu’une meilleure communication sur l’élargissement des dispositifs d’accompagnement expliquait en partie les chiffres record des traitements. Entre 2022 et 2023 seulement, le ministère a investi 1,35 million d’euros par an dans des services de soutien spécifiques à la cocaïne, notamment des projets destinés aux femmes qui consomment de la cocaïne et du crack. La dimension de genre de la crise est marquante : si les hommes représentent 84 % des consommateurs irlandais de cocaïne selon une enquête de 2023, le nombre de femmes entrant en traitement pour usage de cocaïne a augmenté de 426,1 % entre 2017 et 2024, soit un rythme presque deux fois supérieur à la hausse globale des traitements. La porte-parole du ministère a souligné que, depuis le lancement de la campagne nationale en 2017, le nombre total de cas avait augmenté de 50 %, un chiffre qui reflète à la fois une hausse réelle de la consommation et une amélioration des dispositifs de signalement.
Cas de traitement globaux: 252.6, Usage de cocaïne en poudre: 216, Usage de crack: 668.2, Femmes entrant en traitement: 426.1
Mentioned People
- Lorraine Nolan — Dyrektor wykonawcza Agencji Unii Europejskiej ds. Narkotyków (EUDA)
- Nicole Davis — Australijska turystka odwiedzająca Dublin
- Ethan Davis — Australijski turysta odwiedzający Dublin
Sources: 4 articles
- Schnee in Irland: Kokainrausch auf der Grünen Insel (Süddeutsche Zeitung)
- Gesellschaft: Schnee in Irland: Kokainrausch auf der Grünen Insel (Der Tagesspiegel)
- Schnee in Irland: Kokainrausch auf der Grünen Insel (stern.de)
- Schnee in Irland: Kokainrausch auf der Grünen Insel - WELT (DIE WELT)