La Cour d’appel de Berlin a confirmé vendredi la relaxe du satiriste allemand Sebastian Hotz, dit El Hotzo, dans le dossier de ses messages publiés sur X en juillet 2024 après la tentative d’assassinat visant Donald Trump. La juridiction a jugé qu’il s’agissait de satire non punissable. L’arrêt est désormais définitif et l’affaire ne sera pas rejugée.

La relaxe confirmée

La Cour d’appel de Berlin a rejeté l’appel du parquet et validé la relaxe d’El Hotzo.

Des messages jugés satiriques

Les juges ont estimé que les deux publications relevaient de la satire non punissable et ne constituaient pas une approbation d’une infraction.

Une procédure longue de près de deux ans

L’affaire avait commencé en juillet 2024 après deux messages supprimés rapidement et s’achève par une décision définitive.

La Cour d’appel de Berlin a confirmé vendredi la relaxe du satiriste allemand Sebastian Hotz, connu sous son nom de scène El Hotzo, en rejetant l’appel du parquet contre deux messages qu’il avait publiés sur X en juillet 2024 au sujet de la tentative d’assassinat visant le président des États-Unis Donald Trump. La cour a validé la conclusion initiale du tribunal d’arrondissement de Tiergarten, selon laquelle ces publications relevaient de la satire non punissable et ne constituaient ni une approbation d’une infraction pénale ni une atteinte à la paix publique. L’audience au Kammergericht a duré environ 80 minutes. La décision est désormais juridiquement contraignante, ce qui signifie que l’affaire ne sera pas rejugée.

Deux messages, 49 plaintes et une plaisanterie sur le « dernier bus » L’affaire est née dans la nuit du 14 juillet 2024, lorsque Hotz a publié deux messages sur X dans les minutes qui ont suivi l’attaque contre Trump lors d’un meeting de campagne en Pennsylvanie, où une balle a touché Trump à l’oreille. Dans le premier message, Hotz a demandé à ses abonnés ce que le dernier bus et Donald Trump avaient en commun, avant de répondre lui-même par la formule « malheureusement à peine manqué ». Quinze minutes plus tard, il a écrit, selon sa défense, une allusion au style rhétorique de Trump, qu’il trouvait « absolument fantastique quand les fascistes meurent ». Hotz a supprimé les deux messages peu après. Les publications ont entraîné près de 50 plaintes pénales déposées auprès du parquet, et Hotz a été poursuivi pour approbation d’une infraction pénale. Le tribunal d’arrondissement de Tiergarten l’a relaxé fin juillet 2025, retenant qu’il s’agissait d’une plaisanterie et d’une satire non punissable, même si le propos pouvait être de mauvais goût.

Affaire El Hotzo — dates clés: — ; — ; —

Le parquet soutenait que la satire n’échappe pas toujours à la sanction Le procureur principal Frank Mohr a soutenu l’appel devant le Kammergericht, estimant que le tribunal d’arrondissement de Tiergarten avait à tort refusé de considérer que les messages constituaient une approbation d’une infraction pénale. M. Mohr a admis que la comparaison entre le dernier bus et Trump pouvait passer pour une plaisanterie, mais il a maintenu que le second message comportait « une certaine dose d’incitation » et ne relevait pas seulement de l’humour. Il a soutenu que, dans un « climat social survolté », même la satire ne peut pas toujours rester impunie et que les propos étaient de nature à troubler la paix publique. M. Mohr a demandé que la relaxe soit annulée et que l’affaire soit renvoyée devant une autre formation du tribunal d’arrondissement. Le parquet avait auparavant sollicité une condamnation pour l’infraction. L’avocate de la défense, Carolin Lütcke, a répliqué que les messages étaient manifestement reconnaissables par tous comme une plaisanterie et que le second constituait une allusion à la rhétorique même de Trump. Dans sa déclaration finale, Hotz a dit avoir été surpris que quelqu’un ait pris ses messages au sérieux et a cité le satiriste allemand Kurt Tucholsky, qui écrivait que la satire peut tout se permettre.

„C’est un monde dans lequel je ne veux pas vivre.” — Sebastian Hotz via watson.ch

Les défenseurs de la liberté de la presse saluent la décision, Hotz plaisante sur son livre L’Association allemande des journalistes a salué l’issue de la procédure et avait critiqué la décision du parquet de faire appel de la relaxe initiale. Le porte-parole du DJV, Hendrik Zörner, a jugé incompréhensible que le parquet ait refusé d’accepter la décision du tribunal d’arrondissement de Tiergarten et a posé la question de la valeur de la liberté de satire en Allemagne. Hotz lui-même, qui se décrit comme un « clown d’internet » et compte près de , a réagi à cette relaxe devenue définitive dans un style caractéristique de sarcasme. Il a expliqué qu’une condamnation aurait constitué une meilleure publicité pour son prochain livre qu’une relaxe. La veille de l’audience, il avait publié sur X un dessin illustrant le fonctionnement d’un pistolet d’abattage sur un bovin, avec la légende « Demain, révision du tweet sur Trump ». La décision met fin à une procédure judiciaire commencée avec des messages supprimés quelques minutes après leur publication et étalée sur près de deux ans.

L’attentat visant Donald Trump a eu lieu à la mi-juillet 2024 en Pennsylvanie lors d’un meeting de campagne, lorsqu’une balle a touché Trump à l’oreille. L’attaque a suscité de nombreux commentaires à l’échelle internationale, y compris de la part de satiristes et de personnalités publiques. Le droit allemand réprime l’approbation d’infractions pénales au titre de l’article 140 du Code pénal, disposition appliquée dans des affaires de déclarations publiques jugées favorables à la violence. Le Kammergericht, fondé au milieu du XVe siècle sous l’électeur de Brandebourg Frédéric II, est la plus ancienne juridiction encore en activité en Allemagne et constitue la plus haute cour de droit commun de Berlin.

Mentioned People

  • Sebastian Hotz — Niemiecki satyryk, autor tekstów komediowych, podcaster i pisarz znany jako El Hotzo
  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
  • Frank Mohr — Starszy prokurator w Berlinie
  • Hendrik Zörner — Rzecznik Niemieckiego Związku Dziennikarzy (DJV)

Sources: 7 articles