L’autorité australienne de la sécurité en ligne a ouvert, le 31 mars 2026, une enquête formelle visant cinq grandes plateformes sociales pour de possibles manquements à l’interdiction d’accès aux comptes pour les moins de 16 ans. Le premier rapport de conformité publié depuis l’entrée en vigueur de la loi met en évidence des progrès, mais aussi des lacunes jugées importantes par le régulateur. La ministre des Communications, Anika Wells, a estimé préoccupant le nombre d’enfants encore actifs sur les réseaux sociaux.

Cinq plateformes visées par une enquête

Le 31 mars 2026, l’eSafety Commissioner a ouvert une procédure formelle contre Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat et YouTube.

Des lacunes persistantes dans la vérification de l’âge

Le rapport estime que deux tiers des enfants concernés n’avaient jamais été interrogés sur leur âge et que certains pouvaient contourner les restrictions en changeant leur date de naissance.

Des sanctions importantes restent possibles

Chaque manquement systématique peut entraîner une amende allant jusqu’à 49,5 millions de dollars australiens, soit environ 29,5 millions d’euros.

Une loi observée à l’étranger

L’Australie est le premier pays à interdire de manière générale les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, un modèle suivi de près en Europe.

Australia's eSafety Commissioner Julie Inman Grant a lancé le 31 mars 2026 une enquête formelle sur cinq grandes plateformes de réseaux sociaux — Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat et YouTube — pour de possibles violations de l’interdiction faite aux enfants de moins de 16 ans d’avoir des comptes sur les réseaux sociaux, entrée en vigueur le 10 décembre 2025. Le premier rapport de conformité du régulateur depuis l’application de la loi indique que, si les plateformes ont supprimé et bloqué 310 000 inscriptions supplémentaires, des failles importantes dans l’application des règles subsistent. La ministre des Communications, Anika Wells, a qualifié de « préoccupant » le nombre d’enfants encore actifs sur les réseaux sociaux et a déclaré que les conclusions de l’autorité révélaient des « systèmes inacceptables » utilisés par les entreprises technologiques. L’enquête vise Facebook et Instagram, qui appartiennent à Meta, Snapchat, propriété de Snap, TikTok, qui relève de ByteDance, et YouTube, de Google.

Un tiers des parents disent que leurs enfants ont encore des comptes Le rapport de l’eSafety a mis en évidence une vérification de l’âge insuffisante sur les plateformes examinées. Parmi les enfants de moins de 16 ans qui détenaient encore des comptes actifs, deux tiers n’avaient jamais été interrogés sur leur âge par la plateforme. Le rapport constate aussi que les plateformes permettaient aux utilisateurs de modifier plusieurs fois l’âge déclaré jusqu’à saisir une valeur de 16 ans ou plus, ce qui permettait de contourner les restrictions après plusieurs tentatives. „Il est probable que de nombreux enfants australiens de moins de 16 ans aient pu créer des comptes simplement en indiquant qu’ils avaient 16 ans ou plus” — Julie Inman Grant via Frankfurter Allgemeine Une enquête menée dans le cadre du rapport a montré qu’un tiers des parents disaient que leurs enfants de moins de 16 ans détenaient encore au moins un compte sur les réseaux sociaux — contre un peu moins de la moitié avant l’introduction des règles, mais avec un niveau toujours jugé inacceptable par le régulateur. Julie Inman Grant a souligné que la preuve d’une infraction ne se limite pas au fait qu’un mineur détienne un compte : il faut aussi démontrer qu’une plateforme n’a pas mis en place des systèmes et des processus appropriés. Le régulateur a indiqué qu’il rassemblait désormais ces éléments pour étayer d’éventuelles mesures de sanction.

Jusqu’à 49,5 millions de dollars australiens d’amende par manquement systématique Les plateformes reconnues coupables d’avoir violé de manière systématique leurs obligations de conformité encourent des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens, soit environ 29,5 millions d’euros, pour chaque violation identifiée. Le plafond ne s’applique pas une seule fois, mais à chaque manquement systématique distinct. Une décision sur l’opportunité d’engager des sanctions est attendue d’ici à la mi-2026. „Un changement durable, à l’échelle d’une génération, prend du temps — mais ces plateformes sont aujourd’hui capables de se conformer aux règles. Et nous attendons naturellement des entreprises opérant en Australie qu’elles respectent nos lois en matière de sécurité” — Julie Inman Grant via Frankfurter Allgemeine Meta, qui exploite Facebook et Instagram, a reconnu dans un communiqué des « marges d’erreur naturelles » dans la vérification de l’âge et a renvoyé aux tests menés par le gouvernement, qui avaient mis au jour les mêmes problèmes. Snap a assuré être déterminé à se mettre en conformité. Anika Wells a accusé les entreprises d’utiliser des tactiques de résistance bien connues. „Le type de tactiques que nous voyons sur les plateformes de réseaux sociaux pour contourner la loi australienne, qui fait référence dans le monde, sort tout droit du manuel du Big Tech” — Anika Wells via ZEIT ONLINE

L’Australie est devenue le premier pays au monde à instaurer une interdiction générale des réseaux sociaux pour les utilisateurs de moins de 16 ans lorsque la loi est entrée en vigueur le 10 décembre 2025. Le gouvernement a présenté le texte comme une mesure destinée à protéger les enfants contre le harcèlement en ligne et l’exposition à des contenus perturbants, en décrivant son objectif comme le fait de leur rendre leur enfance. Au total, dix plateformes sont concernées par la loi, dont Reddit et X, en plus des cinq désormais visées par l’enquête. Le texte a retenu l’attention à l’international, plusieurs pays européens étant présentés comme envisageant des mesures similaires. En Allemagne, une commission d’experts nommée par le ministère fédéral de l’Éducation doit présenter en juin 2026 des propositions sur la protection de l’enfance et de la jeunesse dans l’espace numérique.

Dix plateformes sont couvertes, mais cinq font désormais l’objet d’un examen formel L’enquête concerne cinq des dix plateformes actuellement soumises à la loi australienne, le régulateur concentrant dans un premier temps ses efforts sur les services les plus importants en nombre d’utilisateurs. Début mars 2026, le total cumulé des comptes supprimés, bloqués ou restreints sur l’ensemble des plateformes atteignait environ cinq millions, selon Julie Inman Grant. Le régulateur a reconnu que des progrès avaient été accomplis — notamment des mécanismes de signalement plus simples pour les utilisateurs mineurs — mais a estimé que les lacunes restantes étaient suffisamment importantes pour justifier une enquête formelle. „Certaines plateformes ne font peut-être pas assez pour se conformer au droit australien” — Julie Inman Grant via ZEIT ONLINE Le bureau de l’eSafety a indiqué qu’il continuerait de surveiller la conformité des dix plateformes concernées tout en poursuivant la collecte de preuves contre les cinq services visés par l’enquête. L’issue de cette procédure et d’éventuelles actions judiciaires qui en découleraient doit devenir plus claire d’ici à la mi-2026.

Mentioned People

  • Anika Wells — minister komunikacji i minister ds. sportu w rządzie Albanese
  • Julie Inman Grant — komisarz eSafety kierująca australijskim regulatorem bezpieczeństwa internetowego

Sources: 6 articles