Une enquête publiée le 31 mars 2026 par VSquare et The Insider révèle des transcriptions d'appels entre le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, et de hauts responsables russes. Ces échanges documentent une stratégie de Budapest visant à assouplir les mesures de l'Union européenne contre le Kremlin.

Coordination avec Moscou

Des fuites révèlent que Péter Szijjártó s'est coordonné avec Sergueï Lavrov pour retirer des personnalités russes des listes de sanctions.

Arguments fournis par la Russie

Le ministre hongrois aurait demandé au vice-ministre russe de l'Énergie des arguments pour justifier le retrait de banques russes des sanctions.

Réaction de Budapest

M. Szijjártó a minimisé les faits, affirmant qu'il était déjà au courant de la mise sur écoute de son téléphone par des services étrangers.

Une enquête publiée le 31 mars 2026 par le consortium VSquare et The Insider a révélé des transcriptions de conversations téléphoniques entre le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, et de hauts responsables russes. Ces documents montrent que M. Szijjártó s'est coordonné avec Moscou pour tenter d'atténuer les sanctions de l'UE contre la Russie, au moment même où ses homologues européens délibéraient de nouvelles mesures économiques. L'enquête détaille des échanges avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, ainsi qu'avec le vice-ministre russe de l'Énergie, Pavel Sorokin. Parmi les éléments les plus concrets, une conversation d'août 2024 montre M. Lavrov sollicitant le ministre hongrois, à la demande du milliardaire Alisher Usmanov, afin de faire retirer la sœur de ce dernier, Gulbahor Ismailova, de la liste noire européenne. M. Szijjártó a accédé à cette demande, précisant que la Hongrie et la Slovaquie déposeraient une motion la semaine suivante. Mme Ismailova a effectivement été retirée de la liste sept mois après cet échange médiatisé. L'enquête documente également des discussions avec Pavel Sorokin concernant le retrait de banques russes des listes de sanctions, M. Szijjártó demandant à son interlocuteur de lui fournir des arguments que Budapest pourrait utiliser pour justifier ces demandes en interne.

M. Szijjártó affirme qu'il savait ses appels sur écoute Péter Szijjártó a réagi avec défi, publiant sur les réseaux sociaux qu'il était conscient depuis longtemps de la surveillance de ses communications par des services de renseignement étrangers. Il a rejeté les conclusions de l'enquête, présentant les fuites comme une preuve de sa cohérence plutôt que d'une faute. „Beau travail ! Ils ont prouvé que je dis la même chose publiquement et au téléphone.” — Péter Szijjártó via Adevarul Il a réitéré la position constante de la Hongrie selon laquelle la politique de sanctions est un échec, causant selon lui plus de tort à l'Union européenne qu'à la Russie. M. Szijjártó a ajouté que Budapest ne consentirait jamais à sanctionner des individus ou entreprises essentiels à sa sécurité énergétique ou à la paix. Le porte-parole international de la Hongrie, Zoltán Kovács, a déclaré à Politico que ces contacts relevaient de la pratique diplomatique courante et qu'aucune information sensible n'avait été transmise. M. Kovács a décrit le ministre comme un „intermédiaire entre l'Europe et la Russie” — Zoltán Kovács via Digi24, qualifiant les allégations de partage d'informations confidentielles de « dénuées de tout fondement ». Les transcriptions révèlent par ailleurs que M. Szijjártó a qualifié le chef de la diplomatie européenne de l'époque, Josep Borrell, de « Biden européen », tout en louant le nouveau siège de Gazprom à Saint-Pétersbourg avant d'assurer à M. Lavrov qu'il restait « toujours à sa disposition ».

Condamnations européennes face aux circuits parallèles hongrois Le Premier ministre polonais Donald Tusk et le Taoiseach irlandais Micheál Martin ont fermement condamné ces révélations, le premier les qualifiant de « répugnantes » et le second de « sinistres ». M. Tusk a déclaré ne pas être surpris et a ajouté faire preuve de prudence lors de ses échanges en présence de Viktor Orbán, n'intervenant « que lorsque cela est strictement nécessaire ». La Commission européenne a jugé ces révélations « extrêmement préoccupantes » et a officiellement demandé des clarifications à Budapest. Le 24 mars, avant la publication de l'enquête, M. Szijjártó avait admis consulter régulièrement la Russie, Israël, la Serbie ou la Turquie avant et après les réunions des ministres de l'UE, qualifiant cela de diplomatie de routine. Ces derniers mois, l'UE avait déjà limité l'accès de la Hongrie à certaines informations sensibles, organisant des discussions en formats restreints pour réduire l'exposition de Budapest aux délibérations confidentielles. Cette enquête accroît la pression sur la Hongrie alors que l'unité du bloc sur la politique russe demeure un sujet de préoccupation majeur.

Péter Szijjártó est ministre des Affaires étrangères et du Commerce de Hongrie depuis 2014, ce qui en fait l'un des doyens à ce poste au sein de l'Union européenne. Sous la direction de Viktor Orbán, la Hongrie a régulièrement bloqué ou retardé les mesures ciblant la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, invoquant sa dépendance énergétique. Josep Borrell a exercé les fonctions de Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères de 2019 à 2024, période marquée par des tensions récurrentes entre Bruxelles et Budapest sur la stratégie envers Moscou.

Les chiffres divulgués révèlent l'ampleur des efforts hongrois Les transcriptions publiées par VSquare et The Insider offrent un aperçu chiffré de l'ampleur des efforts de Budapest pour réduire l'impact du régime de sanctions. Lors d'un échange avec Pavel Sorokin, M. Szijjártó a décrit les progrès accomplis et les obstacles persistants. „Nous en avons déjà retiré 72 sur 128. J'essaie de continuer, mais je dois leur expliquer pourquoi c'est dans l'intérêt de la Hongrie.” — Péter Szijjártó via RFI Ce chiffre illustre le caractère systématique de cette démarche, qui dépasse largement le seul cas de Gulbahor Ismailova. 72 (entités retirées) — Nombre d'individus ou organisations russes retirés des listes de sanctions de l'UE selon les propos de M. Szijjártó La flotte fantôme de pétroliers russes a également été abordée, la Hongrie s'opposant, selon les rapports, à des mesures européennes supplémentaires visant ces navires. Si l'enquête ne soutient pas que M. Szijjártó a transmis des secrets de délibération, la coordination documentée avec des responsables russes a suscité des appels immédiats à lui demander des comptes au sein de l'Union.

Mentioned People

  • Péter Szijjártó — Węgierski polityk, od 2014 roku minister spraw zagranicznych i handlu
  • Sergey Lavrov — Rosyjski dyplomata, od 2004 roku minister spraw zagranicznych
  • Alisher Usmanov — Rosyjsko-uzbecki miliarder i główny udziałowiec USM Holdings
  • Donald Tusk — Polski polityk, od 2023 roku premier RP
  • Micheál Martin — Irlandzki polityk partii Fianna Fáil, premier (Taoiseach) od stycznia 2025 r.
  • Josep Borrell — Hiszpański polityk, Wysoki Przedstawiciel Unii ds. zagranicznych i polityki bezpieczeństwa w latach 2019–2024
  • Pavel Sorokin — Wiceminister energetyki Rosji
  • Zoltán Kovács — Rzecznik rządu Węgier ds. międzynarodowych

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