Le navire russe Anatoly Kolodkin a accosté mardi au port de Matanzas avec environ 735 000 barils de brut. Il s'agit de la première livraison d'hydrocarbures sur l'île depuis le 9 janvier 2026, autorisée par le président américain malgré le blocus énergétique en vigueur.
Arrivage de pétrole russe
Un pétrolier transportant environ 735 000 barils a accosté à Cuba, marquant la première livraison depuis le début du blocus en janvier.
Exception humanitaire de Trump
L'administration américaine a autorisé cette livraison spécifique pour des raisons humanitaires tout en maintenant ses sanctions globales.
Délai de traitement
L'impact sur la population ne sera pas immédiat car le raffinage et la distribution prendront entre 20 et 30 jours.
Le pétrolier russe Anatoly Kolodkin a accosté au port cubain de Matanzas mardi matin, livrant entre 730 000 et 740 000 barils de pétrole brut — la première cargaison à atteindre l'île depuis le 9 janvier 2026. Le navire, qui avait quitté le port russe de Primorsk les 8 ou 9 mars, est entré dans la rade vers 08 h 15 heure locale, selon une équipe de l'AFP sur place. Le président américain Donald Trump a autorisé cette arrivée en dépit d'un blocus énergétique de fait imposé par son administration à Cuba depuis la fin du mois de janvier. Matanzas fait office de point d'entrée principal pour le pétrole vers Cuba, et l'arrivée du navire a attiré une petite foule de Cubains observant les manœuvres dans le port. Felipe Serrano, un agent de sécurité de 76 ans, a confié à l'AFP que cette livraison était fondamentale pour la survie du pays, affirmant que l'activité nationale était à l'arrêt. Le pétrolier appartient à Sovkomflot, une société russe sous sanctions américaines, européennes et britanniques depuis 2024.
Washington invoque une mesure humanitaire sans changement de cap La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé lundi que l'administration Trump avait permis l'arrivée du pétrolier pour des raisons humanitaires, tout en soulignant que la politique de sanctions américaines restait inchangée. „Ces décisions sont prises au cas par cas et, comme l'a indiqué l'administration, l'économie non fonctionnelle de Cuba ne pourra être redressée sans un changement radical de politique et de direction.” — Karoline Leavitt via Financial Times M. Trump avait lui-même signalé dimanche qu'il n'avait aucune objection à ce que Cuba reçoive du carburant russe, bien qu'il ait décrit la situation de l'île en termes sévères. „Cuba, c'est fini, ils ont un mauvais régime, une direction corrompue et médiocre, et qu'ils reçoivent ou non un navire de pétrole n'y changera rien.” — Donald Trump via Der Tagesspiegel Le Kremlin a pour sa part salué ce développement, promettant un soutien continu. „La Russie considère qu'il est de son devoir de ne pas rester à l'écart, mais d'apporter l'aide nécessaire à nos amis cubains.” — Dmitry Peskov via Financial Times Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a ajouté que Moscou avait préalablement discuté de cette livraison avec Washington, suggérant un certain degré de coordination entre les deux gouvernements malgré les tensions géopolitiques globales.
Les délais de raffinage retardent le soulagement de quelques semaines Le brut ne parviendra pas immédiatement aux consommateurs cubains, les experts estimant que le cycle complet de traitement et de distribution prendra entre 20 et 30 jours. Selon l'expert du secteur de l'énergie Jorge Piñón, de l'Université du Texas, cité par le quotidien Der Tagesspiegel, le raffinage du brut durera de 15 à 20 jours, suivis de 5 à 10 jours supplémentaires pour la livraison des produits finis. La demande pétrolière nationale quotidienne de Cuba s'élève à environ 100 000 barils, alors que le pays n'en produit que 40 000 via ses propres puits. Les estimations sur la durée de répit offerte par cette cargaison varient : Deutsche Welle cite des experts prévoyant une production de 180 000 barils de diesel couvrant neuf à dix jours de consommation, tandis que d'autres sources citées par ČT24 évoquent douze jours. L'économiste Ricardo Torres de l'American University à Washington a tempéré les attentes en soulignant que cette livraison n'apportait qu'un répit temporaire. „Cela peut donner un souffle passager, mais c'est loin d'être suffisant pour combler l'ampleur du déficit auquel le pays fait face.” — Ricardo Torres via Der Tagesspiegel Le ministre cubain de l'Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a exprimé ses remerciements à Moscou sur les réseaux sociaux. „Notre gratitude au gouvernement et au peuple russes pour tout le soutien reçu. Une cargaison précieuse qui arrive au cœur de la situation énergétique complexe que nous traversons.” — Vicente de la O Levy via Deutsche Welle
Crise énergétique à Cuba — événements clés: — ; — ; — ; — ; —
Coupures de courant et annulations de vols : une crise profonde Cuba traverse sa crise économique la plus grave depuis l'effondrement de l'Union soviétique selon Der Tagesspiegel, le blocus énergétique accentuant une détérioration amorcée mi-2024. L'île a subi au moins deux pannes électriques généralisées au cours du seul mois de mars 2026, et les transports publics ont été drastiquement réduits faute d'essence. Les hôpitaux ont dû restreindre leurs activités et annuler des opérations chirurgicales, tandis que le secteur du tourisme — source cruciale de devises — est durement touché par la suspension de vols faute de kérosène. La dépendance énergétique de Cuba envers l'extérieur remonte à plusieurs décennies. Après la dissolution de l'URSS, le Venezuela d'Hugo Chávez est devenu le principal bienfaiteur pétrolier de l'île, échangeant du brut contre des services médicaux cubains notamment. Le Mexique s'est également imposé comme un fournisseur important ces dernières années. Le blocus énergétique américain imposé en janvier 2026 a tari ces deux sources simultanément, privant Cuba des quelque 60 000 barils quotidiens qu'elle ne peut produire elle-même. Ricardo Herrero, directeur du Cuba Study Group à Washington, analyse la tactique américaine comme un dosage délibéré. „La stratégie consiste à pousser le système au bord du gouffre sans provoquer pour autant un effondrement sociétal ou humanitaire total.” — Ricardo Herrero via Der Tagesspiegel La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a indiqué cette semaine que son gouvernement étudiait avec les autorités cubaines une possible reprise des livraisons d'hydrocarbures, suite aux déclarations de M. Trump sur le pétrole russe. Les Nations Unies avaient précédemment qualifié les mesures américaines de violations des droits de l'homme, d'après les informations de 20 minutos.
Mentioned People
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
- Karoline Leavitt — 36. rzeczniczka prasowa Białego Domu od 2025 roku
- Vicente de la O Levy — Minister energii i górnictwa Kuby
- Carlos Fernández de Cossío — Wiceminister spraw zagranicznych Kuby
- Nicolás Maduro — Prezydent Wenezueli ujęty przez siły USA w styczniu 2026 roku
Sources: 11 articles
- Trotz Embargo: Russischer Tanker entlädt Öl in Kuba (watson.ch/)
- Un pétrolier russe arrive à Cuba en plein blocus énergétique imposé par les États-Unis - RTBF Actus (RTBF)
- Kuba dostala první zahraniční ropu od ledna, na ostrově přistál ruský tanker (ČT24 - Nejdůvěryhodnější zpravodajský web v ČR - Česká televize)
- Un petrolero ruso con 100.000 toneladas de crudo llega al puerto de Matanzas en Cuba (20 minutos)
- Russian oil tanker docks in Cuba, the 1st since US blockade (Deutsche Welle)
- Cuba a reçu du pétrole russe, car Moscou n'abandonne pas "ses alliés et ses amis" (Courrier international)
- "Reicht aber bei weitem nicht aus": Öltanker erreicht Kuba - erstmals seit Beginn der US-Blockade im Januar (Der Tagesspiegel)
- Der Tag: Hier legt russischer Öltanker an kubanischem Hafen an (N-tv)
- Russian oil tanker docks in Cuba despite US blockade (Financial Times News)
- Llega a Cuba un buque petrolero ruso con la venia de Trump (RFI)