Une enquête d'un an, menée par le journaliste John Carreyrou, désigne le cryptographe britannique Adam Back comme l'homme derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. L'analyse s'appuie sur des archives numériques et des expertises linguistiques couvrant plusieurs décennies.

Identification d'Adam Back

L'enquête du New York Times désigne le cryptographe britannique et PDG de Blockstream comme étant le créateur du Bitcoin, Satoshi Nakamoto.

Méthodologie de l'enquête

Les journalistes ont utilisé des analyses linguistiques par IA sur 34 000 suspects, comparant des marqueurs stylistiques et des archives numériques de 1992 à 2008.

Démenti formel

Adam Back rejette catégoriquement les conclusions du rapport, évoquant des coïncidences et un biais de confirmation de la part des enquêteurs.

Enjeux financiers massifs

L'identité de Nakamoto est liée au contrôle d'environ 1,1 million de bitcoins, une fortune estimée à plus de 70 milliards de dollars.

Le New York Times a publié, le 8 avril 2026, une enquête identifiant le cryptographe britannique Adam Back comme étant Satoshi Nakamoto, le créateur anonyme du Bitcoin. Ce rapport, dirigé par le journaliste John Carreyrou et son confrère Dylan Freedman, se fonde sur plus d'un an d'analyses numériques, de courriels archivés et de messages sur des forums remontant à plusieurs décennies. Back, directeur général de la société de technologie blockchain Blockstream et inventeur du Hashcash, a immédiatement démenti ces affirmations sur le réseau social X, affirmant qu'il n'est pas Satoshi Nakamoto. L'entité détenant l'identité de Nakamoto contrôle environ 1,1 million de bitcoins, une fortune évaluée à près de 73 milliards de dollars selon la plateforme d'échange Arkham. Cette publication a bousculé le secteur des cryptomonnaies, relançant un débat persistant depuis le lancement du Bitcoin en 2009.

L'intelligence artificielle réduit 34 000 suspects à un seul nom L'enquête de Carreyrou a débuté après le visionnage du documentaire HBO de 2024 intitulé « Money Electric: The Bitcoin Mystery », lequel désignait le développeur canadien Peter Todd comme étant Nakamoto — une conclusion que Carreyrou a jugée peu convaincante. Ses soupçons se sont portés sur Back après avoir remarqué que ce dernier semblait se crisper dans le documentaire lorsqu'on l'interrogeait sur son identité. Carreyrou et Freedman ont ensuite analysé les archives des listes de diffusion Cypherpunks, Cryptography et Hashcash de 1992 au 30 octobre 2008, en les comparant aux écrits connus de Satoshi. Partant d'un groupe de 34 000 suspects, l'analyse a réduit le champ à huit individus en identifiant des particularités d'écriture communes, telles que l'utilisation de deux espaces entre les phrases, l'usage du mot « also » en fin de phrase et l'orthographe britannique. Les enquêteurs ont ensuite croisé ces huit noms avec d'autres marqueurs stylistiques — l'alternance entre « e-mail » et « email », « cheque » et « check », ainsi que les formes britannique et américaine du mot « optimize » — pour ne trouver qu'une seule correspondance. „Nous avons ensuite demandé à notre base de données : combien de ces huit suspects restants alternaient entre « e-mail » et « email », « e-cash » et « electronic cash », « cheque » et « check » et les formes britannique et américaine du mot « optimize » comme le faisait Satoshi. La réponse était : un seul, M. Back.” — John Carreyrou via The New York Times Carreyrou a également noté que Back décrivait un système de monnaie électronique très proche du Bitcoin dans des messages sur la liste de diffusion Cypherpunks entre 1997 et 1999, et qu'il était devenu inactif sur les forums de cryptographie précisément durant les années où Satoshi était le plus actif, pour ne réapparaître qu'après la disparition de ce dernier en 2011.

Back évoque des coïncidences, confrontation au Salvador Carreyrou a directement confronté Back lors d'une conférence sur le Bitcoin au Salvador. Il a décrit un homme rougissant et manifestant un certain inconfort face aux preuves présentées. Selon le récit de Carreyrou, Back aurait commis un lapsus, s'exprimant comme s'il était lui-même Satoshi — un moment qui, selon le journaliste, a levé ses derniers doutes. Back a rejeté l'ensemble de ces conclusions, qualifiant les similitudes de « combinaison de coïncidences et de phrases courantes chez des personnes ayant des expériences et des intérêts similaires ». Il a également nié publiquement les faits sur X après la parution de l'article. „Je ne sais pas non plus qui est satoshi, et je pense qu'il est bon pour le bitcoin que ce soit le cas, car cela aide à percevoir le bitcoin comme une nouvelle classe d'actifs, une matière première numérique mathématiquement rare.” — Adam Back via The Guardian Back a ajouté que les conclusions de Carreyrou relevaient du « biais de confirmation », selon des propos rapportés par El Confidencial. La réaction de la communauté universitaire et du secteur des cryptomonnaies est restée partagée, certains jugeant le faisceau d'indices probant, tandis que d'autres demeurent sceptiques.

Le monde académique reste prudent face aux enjeux financiers Stephen Murdoch, professeur d'informatique à l'University College London, a reconnu que l'enquête soulevait des indicateurs plausibles, sans pour autant entériner ses conclusions. „Il y a des indices qui pointent vers lui, mais il n'y a pas de preuve irréfutable.” — Stephen Murdoch via The Guardian Murdoch a précisé qu'il privilégiait toujours l'hypothèse Hal Finney, le développeur ayant reçu la toute première transaction Bitcoin de la part de Satoshi, un détail suggérant selon lui que les deux ne feraient qu'un. L'enjeu de cette identification est majeur : les avoirs de Nakamoto, soit environ 1,1 million de bitcoins, constituent l'une des plus grandes fortunes privées au monde, avec des estimations variant entre 70 et 78 milliards de dollars selon les sources. Le cas de l'Australien Craig Wright, qui a tenté pendant des années d'être reconnu légalement comme l'inventeur du Bitcoin avant d'être condamné à de la prison fin 2024 pour harcèlement, illustre la portée symbolique et financière de l'identité de Nakamoto. John Carreyrou, connu pour avoir révélé l'imposture Theranos, a consacré plus d'un an à cette enquête aux côtés de Dylan Freedman, membre de l'équipe IA du New York Times. Malgré la masse de preuves circonstancielles accumulées, le démenti d'Adam Back et l'absence d'une preuve formelle font que le mystère Satoshi Nakamoto n'est, officiellement, toujours pas résolu.

Le Bitcoin a été introduit en 2008 par un livre blanc de neuf pages publié sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, décrivant un système de paiement électronique décentralisé de pair à pair. La cryptomonnaie a été lancée en 2009, et Nakamoto est resté actif sur des forums comme Bitcointalk avant de disparaître de la sphère publique vers 2011. Au fil des ans, plusieurs candidats ont été proposés, notamment Nick Szabo, Hal Finney et Craig Wright, sans qu'aucune confirmation définitive ne soit apportée. Le Hashcash, créé par Adam Back en 1997, est cité directement dans le livre blanc original. Martti Malmi, un programmeur finlandais ayant collaboré avec Satoshi aux débuts du projet, a publié des centaines de courriels échangés avec Nakamoto, des documents qui se sont avérés cruciaux pour l'enquête du New York Times.

Mentioned People

  • Adam Back — Brytyjski kryptograf i cypherpunk, prezes Blockstream oraz wynalazca Hashcash
  • John Carreyrou — Francusko-amerykański reporter śledczy „The New York Times”, dwukrotny laureat Nagrody Pulitzera
  • Dylan Freedman — Dziennikarz i badacz zaangażowany w dochodzenie „The New York Times”
  • Craig Wright — Australijski informatyk, który wcześniej utrzymywał, że jest Satoshim Nakamoto
  • Nick Szabo — Informatyk i kryptograf znany z badań nad walutami cyfrowymi
  • Peter Todd — Konsultant w dziedzinie kryptografii stosowanej i programista Bitcoina

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