L’Union européenne et l’Australie ont signé, mardi 24 mars 2026 à Canberra, un accord de libre-échange d’ampleur après plusieurs années de négociations. Le texte supprimera plus de 99 % des droits de douane sur les exportations européennes vers l’Australie et pourrait faire économiser environ 1 milliard d’euros par an aux entreprises de l’UE. Bruxelles y voit aussi un moyen de sécuriser son accès aux matières premières critiques, dans un contexte de fortes incertitudes commerciales mondiales.
Plus de 99 % des droits de douane supprimés
L’accord de libre-échange signé à Canberra doit supprimer plus de 99 % des droits de douane sur les exportations européennes vers l’Australie et générer environ 1 milliard d’euros d’économies annuelles pour les entreprises de l’UE.
Les matières premières critiques au cœur de l’accord
Bruxelles cherche à sécuriser son accès au lithium, au manganèse et à l’aluminium australiens afin de réduire sa dépendance à la Chine et de diversifier ses chaînes d’approvisionnement.
Automobile et produits laitiers en première ligne
L’UE table sur une hausse de ses exportations vers l’Australie de jusqu’à 33 % sur dix ans, avec des progressions attendues de 52 % pour l’automobile et de 48 % pour les produits laitiers.
Une ratification encore longue
Le texte doit encore être relu juridiquement, traduit dans les 24 langues officielles de l’UE puis ratifié par les États membres, le Parlement européen et le Parlement australien.
Un accord élargi à la sécurité et aux services
Outre le commerce des biens, l’accord couvre les services, les investissements, les marchés publics, les télécommunications, les services financiers ainsi qu’une coopération renforcée sur les cyberrisques et les menaces hybrides.
L’Union européenne et l’Australie ont signé à Canberra, mardi 24 mars 2026, un accord de libre-échange complet supprimant plus de 99 % des droits de douane sur les exportations de l’UE vers l’Australie et permettant aux entreprises européennes d’économiser, selon les estimations, 1 milliard d’euros par an en droits de douane. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le premier ministre australien, Anthony Albanese, ont signé ce texte après des années de discussions, concluant un processus engagé lorsque l’UE avait ouvert les négociations en 2018. L’accord porte sur le commerce des biens et des services, les investissements réciproques, l’accès aux matières premières critiques et un nouveau partenariat en matière de sécurité et de défense. Parallèlement à l’accord commercial, les deux parties ont annoncé un renforcement de leur coopération face aux cyberrisques, aux menaces hybrides et aux manipulations de l’information menées depuis l’étranger. La signature est intervenue dans un climat d’incertitude sur le commerce mondial, alors que les deux économies composent avec les effets des droits de douane imposés par le président américain Donald Trump.
L’UE et l’Australie ont engagé des négociations formelles sur un accord de libre-échange en 2018. Les discussions ont subi un important revers en 2021, lorsque l’Australie a conclu le pacte de sécurité AUKUS avec les États-Unis et le Royaume-Uni sans en informer l’UE, une décision qui avait entraîné l’abandon d’un contrat de plusieurs milliards d’euros portant sur des sous-marins conçus en France et suscité l’irritation de Paris. Les négociations se sont de nouveau enlisées en 2023, lorsqu’une réunion à Osaka, au Japon, n’était pas parvenue à réduire les divergences sur les importations agricoles. L’UE est le troisième partenaire commercial de l’Australie derrière la Chine et le Japon, tandis que l’Australie n’occupe que le 20e rang parmi les partenaires commerciaux de l’UE pour les échanges de biens.
1 billion (euros) — Économies annuelles de droits de douane pour les entreprises européennes grâce à l’accord
Pour Bruxelles, l’enjeu stratégique central de l’accord réside dans la sécurisation d’un accès fiable aux matières premières critiques dont l’Australie dispose en abondance. Ursula von der Leyen a présenté l’Australie comme « le premier fournisseur mondial de lithium » et a indiqué que l’accord supprimerait les droits de douane sur les matières premières elles-mêmes ainsi que sur les produits transformés. L’UE dépend actuellement fortement de la Chine pour la majorité de ses importations de matières premières, et Bruxelles a fait de la diversification des chaînes d’approvisionnement un objectif central de sa politique. Le communiqué de la Commission européenne cite explicitement l’aluminium, le lithium et le manganèse parmi les matériaux jugés essentiels pour la sécurité économique et la compétitivité de l’UE. Devant le Parlement australien, Ursula von der Leyen a exposé sans détour cet enjeu. „We must not become too dependent on a single supplier for such important raw materials, and that is exactly why we need each other.” (Nous ne devons pas devenir trop dépendants d’un seul fournisseur pour des matières premières aussi importantes, et c’est précisément pour cela que nous avons besoin les uns des autres.) — Ursula von der Leyen via N-tv L’accord comprend également des dispositions destinées à rendre le marché australien plus prévisible et plus fiable pour les entreprises de l’UE qui investissent dans le secteur des matières premières.
L’automobile et les produits laitiers visent une hausse de 50 % des exportations L’UE estime que ses exportations vers l’Australie pourraient progresser jusqu’à 33 % au cours de la prochaine décennie pour atteindre 17,7 milliards d’euros par an, les hausses les plus marquées étant attendues dans l’automobile et les produits laitiers. Selon le média public tchèque ČT24, les États membres de l’UE ont exporté l’an dernier vers l’Australie des biens d’une valeur de 37 milliards d’euros. Le secteur automobile devrait croître de 52 %, les produits laitiers de 48 % et les produits chimiques de 20 %. Les investissements de l’UE en Australie pourraient augmenter de plus de 87 % grâce à l’accord, d’après les chiffres de Bruxelles. Hildegard Müller, présidente de la Association allemande de l’industrie automobile, a estimé que l’accord ouvrirait des perspectives importantes pour les constructeurs européens face à leurs concurrents chinois et japonais sur le marché australien. D’après les données du VDA, l’Allemagne a exporté un peu plus de 44 000 voitures vers l’Australie lors de la dernière année disponible, soit davantage qu’au Portugal mais moins qu’en Norvège. „In times of increasing isolationism and protectionism, the agreement sends a powerful signal for fair and rules-based trade.” (À l’heure de la montée de l’isolationnisme et du protectionnisme, cet accord envoie un signal fort en faveur d’un commerce équitable et fondé sur des règles.) — Hildegard Müller via DIE WELT
Motor vehicles: 52, Dairy products: 48, Chemicals: 20, Total EU exports: 33
La ratification passera par 24 langues et deux Parlements Malgré la cérémonie de signature de mardi, l’accord n’entrera pas immédiatement en vigueur et devra encore franchir une longue procédure de ratification des deux côtés. Le texte devra d’abord faire l’objet d’un examen juridique, qui prend habituellement plusieurs mois, avant de pouvoir être formellement soumis à approbation. Au sein de l’UE, le document devra être traduit dans les 24 langues officielles puis approuvé par les États membres et le Parlement européen. Le Parlement australien devra lui aussi ratifier l’accord avant son entrée en vigueur juridique. Le texte couvre également l’ouverture du marché australien des services dans les services financiers et les télécommunications, un meilleur accès de l’UE aux marchés publics australiens ainsi que des quotas d’entrée pour les ingénieurs et les chercheurs afin de renforcer les liens en matière d’innovation. Anthony Albanese a souligné l’importance économique de l’accord pour son pays. „This is a significant moment for our nation as we secure an agreement with the world's second-largest economy.” (C’est un moment important pour notre nation, alors que nous concluons un accord avec la deuxième économie mondiale.) — Anthony Albanese via N-tv S’exprimant devant le Parlement australien, Ursula von der Leyen a qualifié le texte d’« accord équitable, au service de vos entreprises comme des nôtres ».
Mentioned People
- Ursula von der Leyen — przewodnicząca Komisji Europejskiej od 2019 roku
- Anthony Albanese — 31. premier Australii od 2022 roku
- Hildegard Müller — prezes niemieckiego stowarzyszenia przemysłu motoryzacyjnego (VDA)
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
Sources: 16 articles
- Der Tag: Was heute wichtig wird (N-tv)
- EU und Australien einigen sich auf Freihandelsabkommen (Frankfurter Allgemeine)
- EU und Australien schließen nach acht Jahren Handelsabkommen (Focus)
- EU und Australien unterzeichnen Handelsabkommen (der Standard)
- Fast alle Zölle fallen weg: EU und Australien schließen Handelsabkommen (N-tv)
- EU und Australien einigen sich auf Freihandelsabkommen (watson.ch/)
- Mehr Exporte, weniger Zölle: "Wir senden ein starkes Signal an den Rest der Welt" - EU und Australien besiegeln Freihandelsdeal - WELT (DIE WELT)
- EU und Australien schließen Freihandelsabkommen (tagesschau.de)
- EU a Austrálie podepsaly obchodní dohodu, odstraní většinu cel (ČT24 - Nejdůvěryhodnější zpravodajský web v ČR - Česká televize)
- EU und Australien unterzeichnen Freihandelsabkommen (20 Minuten)