
Les dirigeants du G7 s'unissent pour accentuer la pression sur la Russie, Trump évoque un retour des sanctions pétrolières, Zelenskyy presse Poutine de négocier
Au sommet du G7 à Évian, les dirigeants ont convenu d'accroître la pression économique et militaire sur Moscou, Donald Trump indiquant que les États-Unis pourraient bientôt rétablir les sanctions pétrolières, les marchés du brut s'étant apaisés.
Les dirigeants du G7 affichent un front uni sur l'Ukraine
Les dirigeants du G7 et de l'Union européenne ont rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy au sommet d'Évian‑les‑Bains et ont convenu d'intensifier la pression sur le Kremlin. Selon des sources diplomatiques italiennes, le groupe était « très uni » et a adressé un « message d'unité à Zelenskyy ». La session a produit trois éléments clairs : le maintien, et si possible l'accroissement, de la pression sur Moscou, un renforcement du soutien énergétique (l'Italie s'engage à hauteur de 30 à 35 millions d'euros), et un renfort de l'aide à la défense antiaérienne. Le chancelier allemand Friedrich Merz a évoqué une « fenêtre pour la diplomatie » tandis que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a adopté un ton optimiste, déclarant que la dynamique de la guerre avait changé.
Le vent tourne pour l'Ukraine.
Trump affirme que les États-Unis sont prêts à rétablir les sanctions pétrolières
Le président américain Donald Trump a signalé que Washington était prêt à rétablir les sanctions sur les exportations de pétrole russe, qui avaient été assouplies plus tôt pour ne pas perturber les marchés mondiaux du brut pendant le conflit avec l'Iran. Rencontrant le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed Al Nahyane, en marge du sommet, Trump a déclaré aux journalistes : « Nous avons levé les sanctions parce que nous ne voulions évidemment pas entraver le pétrole. Mais nous sommes en mesure de le faire bientôt. » Ce changement intervient alors que le pétrole « circule librement », selon le président américain, ce qui écarte les inquiétudes antérieures concernant une flambée des prix. Des responsables européens ont confirmé que le G7 était convenu d'accroître la pression économique, notamment par le biais de sanctions sur le pétrole et le gaz.
La Russie devrait conclure un accord.
Zelenskyy propose une rencontre américaine avec Poutine
Zelenskyy a révélé avoir suggéré à Trump une réunion trilatérale sur le sol américain, arguant que ce format rendrait « beaucoup plus difficile pour Poutine de refuser, du moins devant le président Trump ». Des offres antérieures de se rencontrer en tout lieu où des décisions concrètes pourraient être prises ont été rejetées par Moscou. Le dirigeant ukrainien a déclaré que si la Russie rejetait également la proposition basée aux États-Unis, « une pression supplémentaire sera nécessaire ». Trump, qui s'est entretenu par téléphone avec Zelenskyy et Vladimir Poutine le dimanche précédant le sommet, s'est montré prudent : « Nous pourrons peut-être faire quelque chose. Tous deux sont ouverts. »
Nous avons suggéré à Trump d'organiser cette réunion aux États-Unis, dans un format qui rendrait beaucoup plus difficile pour Poutine de refuser.
Le Royaume-Uni, le Canada et l'UE déploient de nouvelles sanctions
Plusieurs membres du G7 ont annoncé de nouvelles mesures punitives contre Moscou alors même que le sommet était en cours. Lundi, le Royaume-Uni a imposé 70 sanctions supplémentaires ciblant la flotte fantôme de la Russie, les chaînes d'approvisionnement de l'industrie de défense et les réseaux financiers illicites utilisés pour contourner les restrictions précédentes. Le Canada a emboîté le pas après une rencontre bilatérale entre le Premier ministre Mark Carney et Zelenskyy, ajoutant 162 individus, entités et navires à sa liste de sanctions, présentée comme « tous les actifs de la machine de guerre russe ». La Commission européenne a présenté la semaine dernière son 21e train de sanctions, qui comprend une proposition de gel du plafonnement des prix des achats de pétrole russe à 44 dollars le baril. La France, la Grande-Bretagne et l'Italie ont également saisi des pétroliers appartenant à la flotte fantôme de la Russie, et Berlin a été exhorté à participer avec sa propre marine à l'interception de navires suspects.
- Trump s'entretient par téléphone avec Zelenskyy et Poutine avant le sommet du G7.
- Zelenskyy propose à Trump une réunion trilatérale avec Poutine aux États-Unis.
- Le Royaume-Uni impose 70 nouvelles sanctions contre la flotte fantôme et les chaînes d'approvisionnement de la défense russes.
- Le Canada annonce des sanctions contre 162 individus, entités et navires après les entretiens Carney-Zelenskyy.
- Les dirigeants du G7 tiennent une session sur l'Ukraine, conviennent d'accroître l'aide militaire et les sanctions énergétiques contre Moscou.
- Trump déclare que les États-Unis sont prêts à rétablir les sanctions pétrolières contre la Russie, citant une offre abondante de brut.
- Von der Leyen déclare que « le vent tourne pour l'Ukraine », alors que la dynamique du champ de bataille change.
Un optimisme renouvelé de l'Occident quant à la position de l'Ukraine sur le champ de bataille
Derrière cette offensive diplomatique se trouve une réévaluation de la situation militaire. Des sources allemandes ont indiqué que la ligne de front avait « clairement évolué en faveur de l'Ukraine » et que la Russie ne pouvait pas gagner la guerre. Von der Leyen a opposé la situation actuelle à celle de 2025, notant que si l'Ukraine tenait le front, l'épuisement de la Russie était visible. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a fait écho à ce sentiment, affirmant qu'il y avait « un véritable consensus dans la salle parmi les membres du G7 sur le fait que les sanctions mordent réellement, étant donné que l'Ukraine remporte des succès et reprend du territoire ». Le sommet a également convenu d'une aide militaire supplémentaire, notamment pour la défense antiaérienne. Pendant ce temps, l'Ukraine a continué de frapper profondément à l'intérieur du territoire russe : mardi, un drone a touché une raffinerie près de Moscou, soulignant la dynamique changée sur laquelle les dirigeants du G7 misent pour forcer le Kremlin à la table des négociations.


