Zapatero demande au juge et à l'agence fiscale de suspendre l'inspection dans l'affaire Plus Ultra, annule ses vacances à Lanzarote
L'ancien Premier ministre espagnol a déposé deux recours mardi pour suspendre une inspection fiscale qu'il qualifie d'« unilatérale et capricieuse », tout en annulant pour la première fois en plus d'une décennie son traditionnel voyage d'été à Lanzarote.
Offensive juridique
L'ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a déposé deux recours mardi demandant à la fois au juge d'instruction et à l'agence fiscale de suspendre une inspection fiscale ouverte contre lui et sa famille. L'inspection, lancée le 15 juin, porte sur les obligations fiscales de Zapatero, de son épouse Sonsoles Espinosa et de leurs deux filles entre 2021 et 2024. Elle a été déclenchée après que les enquêteurs ont découvert un ensemble de bijoux d'une valeur de plus de 1,3 million d'euros dans un coffre de son bureau. Cette démarche intervient alors que le juge José Luis Calama, de l'Audience nationale, enquête déjà sur Zapatero pour trafic d'influence et détournement de fonds liés au sauvetage de la compagnie aérienne Plus Ultra.
- L'agence fiscale ouvre une inspection sur Zapatero et sa famille
- Zapatero demande la nullité de l'affaire Plus Ultra
- Zapatero dépose des recours pour suspendre l'inspection fiscale et annule ses vacances à Lanzarote
Le litige autour de l'inspection fiscale
La défense de Zapatero soutient que l'agence fiscale a agi « de manière unilatérale et capricieuse » en lançant une inspection qui empiète sur la procédure pénale. Le recours indique que les procédures simultanées le placent dans une « alternative constitutionnellement diabolique » : coopérer avec l'agence fiscale pourrait être utilisé contre lui dans l'affaire pénale, tandis que refuser pourrait entraîner des sanctions administratives.
L'AEAT est parfaitement consciente qu'elle a engagé une procédure d'inspection totalement irrégulière, puisqu'elle sait qu'elle doit immédiatement la suspendre jusqu'à ce que l'affaire soit tranchée par la juridiction pénale.
La défense insiste sur le fait que l'ordre pénal prime et que l'inspection viole son droit de ne pas s'incriminer lui-même et son droit à la défense. Le 25 juin, Zapatero avait déjà demandé la « nullité générale » de l'affaire Plus Ultra, invoquant une violation des droits fondamentaux.
Réactions politiques
Le Parti populaire (PP) conservateur a vivement critiqué la stratégie juridique de Zapatero. Des sources du parti ont déclaré que chercher à annuler l'affaire et les preuves revient à « admettre sa culpabilité ».
Quand Zapatero n'est pas capable de convaincre avec des faits de son innocence, c'est parce qu'il n'est pas capable de convaincre qu'il n'est pas corrompu.
Le PP a contrasté son attitude avec celle du politicien britannique Nigel Farage, qui a démissionné de son poste de député le même jour à cause d'un scandale de corruption, et a comparé le siège du Parti socialiste à une boutique « compro oro » (achat d'or).
Une tradition annulée
Pour la première fois en plus d'une décennie, Zapatero ne se rendra pas cet été dans sa villa de luxe sur la plage de Famara à Lanzarote. Des sources proches de l'ancien Premier ministre ont confié à ABC qu'il a annulé ses vacances, restant plutôt chez lui à Las Rozas, Madrid, alors que l'horizon judiciaire s'assombrit. Les années précédentes, il était une figure familière courant le long de la plage à huit heures du matin, prenant son petit-déjeuner dans un bar local, et organisant un dîner annuel pour une douzaine de personnalités politiques et culturelles dans sa villa, qu'il a achetée en 2017. Cette année, la fête est annulée.


