Représailles après l'attaque de Saint-Pétersbourg
El Mundo rapporte que la frappe nocturne de l'armée russe sur Kyiv et la région environnante était une réponse à une attaque ukrainienne contre Saint-Pétersbourg, deuxième ville de Russie, dimanche 18 octobre. L'attaque de drones a touché deux terminaux pétroliers, des centres de données, des entrepôts de commerce en ligne, une sous-station électrique et d'autres infrastructures, faisant un mort et une dizaine de blessés. Le Kremlin et la télévision d'État russe ont tenté de minimiser l'attaque, tandis que les médias indépendants l'ont décrite comme la plus importante de la guerre contre la ville natale de Vladimir Poutine.
Le ministère russe de la Défense a déclaré que ses forces avaient visé des entreprises de l'industrie de défense, des sites de stockage de missiles de croisière et de drones, ainsi que des centres de données à Kyiv et dans la région, à l'aide d'armes de précision basées au sol et de drones de combat. L'armée de l'air ukrainienne a indiqué que la Russie avait lancé des missiles balistiques, des missiles de croisière et 269 drones pendant la nuit, et que les défenses ukrainiennes avaient détruit ou neutralisé 243 drones et quatre missiles. Des frappes ont été enregistrées à 25 endroits et des débris de cibles abattues sont tombés à huit endroits.
- Drones lancés
- 269 drones
- Drones détruits ou neutralisés
- 243 drones
Données tirées du texte de l’article
Bilan humain et dégâts à Kyiv
Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a déclaré sur Telegram qu'une femme avait été tuée dans l'attaque nocturne, qui a aussi touché une station de métro sur la rive gauche de la capitale et endommagé un immeuble résidentiel de 25 étages. La correspondante de SIC en Ukraine, Iryna Shev, a indiqué que la femme décédée avait 21 ans. Vitali Klitschko a fait état de trois autres blessés à Kyiv, tandis que Tgcom24 rapporte huit blessés au total, dont deux enfants, et deux morts dans des offensives russes à Donetsk.
Dans le district de Desnianskyï, la frappe a endommagé un établissement médical privé et une station de métro. Dans le district de Solomianskyï, un incendie s'est déclaré au troisième étage d'une unité médicale d'un immeuble résidentiel de 25 étages ; les secours l'ont éteint, selon l'administration militaire de la ville de Kyiv. Des débris ont endommagé des écoles et un complexe sportif dans le district de Dniprovskyï, ainsi que des fenêtres d'immeubles voisins et d'un centre commercial.
Le vice-ministre ukrainien de l'Énergie, Artem Nekrasov, a déclaré que des attaques contre des installations énergétiques dans 11 régions dans la nuit de dimanche à lundi avaient privé d'électricité des dizaines de milliers de personnes, et que des coupures tournantes avaient été instaurées pour l'industrie et les entreprises. La Russie a également frappé un vraquier à environ 130 km au sud-ouest d'Odessa, que le ministère russe a présenté comme transportant une cargaison militaire ukrainienne.
Alertes manquées et partage de renseignements
Volodymyr Zelenskyy a déclaré sur X que la Russie avait tiré 16 missiles balistiques sur Kyiv et sa région en plusieurs vagues pendant la nuit, et que les partenaires n'avaient une nouvelle fois donné aucune alerte préalable. Le porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, Yuri Ignat, a déclaré sur la télévision ukrainienne que l'alerte habituelle n'était pas arrivée pour la première vague de missiles balistiques, la troisième lacune de ce type en une semaine environ, alors que l'Ukraine a été prévenue pour la deuxième vague. Volodymyr Zelenskyy a lié à plusieurs reprises ces lacunes aux avertissements de Washington selon lesquels il pourrait suspendre le partage de renseignements si Kyiv ne cessait pas ses frappes contre les raffineries russes. Dans un entretien accordé à Bloomberg peu avant l'attaque, il a aussi affirmé que les États-Unis retardaient des livraisons de missiles antimissiles que des pays européens avaient déjà payés.
La réponse de Washington
Marco Rubio, s'exprimant devant des journalistes lors d'une visite à Samarcande, en Ouzbékistan, a nié toute suspension du partage de renseignements avec l'Ukraine et estimé que Volodymyr Zelenskyy devrait se concentrer sur la fin de la guerre. Volodymyr Zelenskyy a déclaré que les États-Unis avaient repris le partage de renseignements essentiels après une brève pause, indispensable pour alerter sur des missiles rapides. Libertatea rapporte que Marco Rubio a également évoqué un problème logiciel dans le système d'alerte précoce ukrainien, sur lequel enquête le commandement américain en Europe (EUCOM), tandis que les autorités ukrainiennes n'ont pas confirmé qu'une alerte avait manqué. Volodymyr Zelenskyy a déclaré à NBC News dans un entretien de week-end que l'échange avait été débloqué. Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner se sont rendus à Kyiv plus tôt en octobre et se sont entretenus avec Volodymyr Zelenskyy par la suite, alors que Washington tente de négocier la fin de la guerre lancée par la Russie avec son invasion de 2022.