Le Parlement allemand inflige une amende de 2 000 euros à la députée Die Linke Cansin Köktürk en vertu de règles disciplinaires révisées
La vice-présidente du Bundestag, Andrea Lindholz, a infligé une amende de 2 000 euros à la députée Die Linke Cansin Köktürk après trois rappels à l'ordre en trois semaines de séance, marquant la première sanction en vertu du code disciplinaire renforcé du Parlement.
Altercation lors du débat budgétaire
Lors d'un débat sur le budget fédéral le 11 septembre 2026, le politicien d'Alternative pour l'Allemagne (AfD) René Springer a abordé le financement du système de retraite et du revenu de base citoyen. Dans son discours, Springer a critiqué le chancelier Friedrich Merz et a soutenu que l'aide de base de l'État devrait d'abord bénéficier aux citoyens allemands. Springer a également appelé à réduire les aides sociales pour les demandeurs d'asile et les bénéficiaires faisant l'objet de mandats d'arrêt, détaillant la position de son parti sur les protocoles des agences pour l'emploi.
Nous ferons en sorte qu'à leur arrivée à l'agence pour l'emploi, une seule chose se produise, à savoir le cliquetis des menottes et pas un euro de plus ne soit versé.
La députée Die Linke Cansin Köktürk a interrompu Springer depuis l'hémicycle, qualifiant ses propos de racistes. Alors que la vice-présidente du Bundestag, Andrea Lindholz (CSU), qui présidait la séance, a demandé à Köktürk de poser une question formelle ou de respecter l'ordre, l'échange s'est envenimé. Lindholz a averti l'élue de 33 ans avant de lui adresser un premier rappel à l'ordre. Köktürk a répondu directement à la présidente de séance en criant que Lindholz protégeait les fascistes, ce qui a incité Lindholz à émettre un deuxième rappel à l'ordre. Köktürk a ensuite quitté l'hémicycle sous protestation.
Première sanction en vertu des règles renforcées
Les deux rappels à l'ordre de vendredi constituaient la troisième fois en trois semaines de séance que Köktürk recevait une réprimande formelle de la part de la direction du Parlement. Un porte-parole du Bundestag a confirmé que son premier rappel à l'ordre avait eu lieu le 25 juin 2026, avant les vacances parlementaires, à la suite de ses interventions en séance concernant l'AfD.
Savez-vous quel est le vrai problème ? L'immigration de fascistes violents dans notre Parlement démocratique.
Après les trois rappels à l'ordre en trois semaines de séance, Lindholz a appliqué le nouveau règlement intérieur du Bundestag. En vertu de ces règles renforcées, les députés qui cumulent trois rappels à l'ordre en trois semaines encourent une amende de 2 000 euros, qui est versée au budget fédéral. Les récidives sont passibles d'une amende de 4 000 euros. Cette mesure fait de Köktürk la première parlementaire sanctionnée dans le cadre du dispositif disciplinaire actualisé. Les députés du Bundestag perçoivent une indemnité mensuelle imposable de 11 833,47 euros.
- Köktürk reçoit son premier rappel à l'ordre pour des propos concernant l'AfD.
- Deux rappels à l'ordre lors du débat budgétaire déclenchent une amende de 2 000 euros en vertu des nouvelles règles.
- Köktürk critique la direction du Parlement dans des publications sur les réseaux sociaux après la sanction.
Réactions en ligne et incidents antérieurs
Le 12 septembre 2026, Köktürk s'est exprimée sur son compte Instagram, qui compte 163 000 abonnés, à propos de l'amende. Elle a déclaré qu'elle acceptait les rappels à l'ordre au nom de l'antifascisme et a accusé Lindholz de promouvoir une culture du débat avec les fascistes.
Le litige fait suite à des épisodes disciplinaires antérieurs impliquant Köktürk, qui est entrée au Parlement en 2025 via la liste régionale de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et occupe le poste de porte-parole pour la politique sociale de Die Linke. La présidente du Bundestag, Julia Klöckner (CDU), avait déjà ordonné à Köktürk de quitter l'hémicycle pour avoir porté un t-shirt affichant le mot Palestine, et Köktürk avait attiré l'attention en posant dans le bâtiment avec une écharpe palestinienne. Klöckner a critiqué à plusieurs reprises tant Die Linke que l'AfD pour avoir utilisé les perturbations parlementaires afin de générer du contenu pour les réseaux sociaux. D'autres figures de l'opposition ont également exprimé leur frustration lors du débat, notamment l'écologiste Timon Dzienus, qui a vivement critiqué les allocations budgétaires du gouvernement.


