
Un policier français mis en examen après avoir blessé un élève de 14 ans avec un projectile lacrymogène
Un policier français a été mis en examen et suspendu de ses fonctions après avoir tiré au visage d'un élève de 14 ans avec un lanceur de gaz lacrymogène devant un établissement scolaire du Val-d'Oise.
Mise en examen et contrôle judiciaire
Un policier français a été mis en examen pour avoir grièvement blessé un lycéen de 14 ans avec un lanceur de gaz lacrymogène à Saint-Ouen-l'Aumône, dans le Val-d'Oise. Le parquet de Pontoise a annoncé la mise en examen le 6 octobre 2026, soit huit jours exactement après l'affrontement survenu lors des blocages de lycées. Le fonctionnaire est poursuivi pour violences par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. Un juge l'a placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction formelle d'exercer toute mission de police active jusqu'à nouvel ordre. La mesure fait suite à son placement en garde à vue le 5 octobre 2026 après une convocation au commissariat, avant son transfert au tribunal mardi après-midi.
- Un élève de 14 ans est touché au visage par un projectile lacrymogène devant le lycée Château d'Épluches ; deux enquêtes sont ouvertes.
- Le Défenseur des droits ouvre une enquête indépendante sur l'intervention policière.
- Le policier qui a tiré avec le lanceur de gaz lacrymogène est placé en garde à vue.
- Le policier est mis en examen pour violences aggravées ayant entraîné une infirmité permanente et suspendu de ses fonctions.
L'affrontement devant le lycée
Les faits se sont produits le matin du lundi 28 septembre 2026, à l'entrée du lycée Château d'Épluches. Selon les parents de l'élève, le garçon de 14 ans, prénommé Eden, était venu suivre les cours mais a trouvé les grilles bloquées par des protestations lycéennes et a tenté de s'écarter pour rentrer chez lui. Des images filmées avec un téléphone portable, vues des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, montrent trois policiers casqués aux prises avec l'adolescent. Le parquet indique que les agents ont tenté à plusieurs reprises de repousser l'élève, après quoi celui-ci a donné un coup de pied à une policière qui avait tenté de le frapper avec une matraque. Un fonctionnaire situé légèrement en retrait a tiré horizontalement un lanceur de grenades lacrymogènes Cougar à courte distance, atteignant l'adolescent en plein visage et le faisant chuter au sol.
Gravité des blessures et versions divergentes
Les secours dépêchés sur place ont trouvé l'adolescent atteint d'un traumatisme facial catastrophique, ce qui a entraîné son transfert immédiat au Centre hospitalier de Pontoise. Eden a souffert d'une double fracture de la mâchoire, a perdu plusieurs dents, a eu toutes les dents supérieures cassées et quatre dents inférieures arrachées. Le personnel médical lui a immobilisé complètement la mâchoire, ne laissant qu'un espace suffisant pour se nourrir de liquides à la paille, les médecins programmant une lourde chirurgie reconstructrice. L'avocate de la défense, Elsa Marcel, a présenté des témoignages d'enseignants et d'élèves indiquant qu'Eden était d'abord assis sur un muret en train de consulter son téléphone avant que les policiers ne s'approchent de lui.
On peut déjà se demander pourquoi trois policiers armés se sont approchés de lui et ont commencé à le frapper avec des crosses de fusil.
Des témoins, dont des enseignants, ont rapporté que l'adolescent blessé gisait sur le trottoir en convulsant après le tir, tandis que les policiers n'intervenaient pas immédiatement.
Double enquête et plaintes
Le procureur de la République de Pontoise, Guirec Le Bras, a ouvert deux enquêtes pénales distinctes le 28 septembre 2026. L'enquête principale, confiée à l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN), porte sur le tir horizontal de l'arme et sur les violences aggravées potentielles. Une enquête parallèle examine le coup de pied présumé porté à la policière avant le tir. Le 1er octobre 2026, l'autorité administrative indépendante française, le Défenseur des droits, a ouvert une enquête distincte sur l'intervention policière. La famille d'Eden a déposé une plainte pénale pour tentative d'homicide volontaire et violences aggravées, exigeant une enquête judiciaire complète sur les graves conséquences physiques et psychologiques subies par le mineur.
