Un enregistrement audio révèle que des responsables d'un hôpital de Madrid ont rétrogradé 57 patients opérés pour atteindre les objectifs de listes d'attente
Les dirigeants de l'hôpital Ramón y Cajal ont rétrogradé 57 patients de listes d'attente chirurgicales prioritaires à standard, contredisant les affirmations des responsables régionaux qui accusaient un chirurgien lanceur d'alerte de manipulation.
Découverte de dossiers patients modifiés
Le chirurgien Luis Alberto Martos a détecté des anomalies à l'hôpital Ramón y Cajal de Madrid alors qu'il préparait son programme opératoire mensuel. En examinant le logiciel interne, Martos a découvert que des patients ayant un statut chirurgical prioritaire avaient disparu de sa liste prioritaire. Ces patients, marqués d'indicateurs rouges, nécessitaient une intervention chirurgicale dans un délai légal de 90 jours plutôt que les 180 jours standard alloués aux cas de priorité normale. Martos a d'abord suspecté un problème technique et a redémarré son terminal, mais les classifications modifiées sont restées inchangées. Il a consulté des collègues du service de chirurgie orthopédique et de traumatologie, qui ont confirmé des ajustements non autorisés identiques sur leurs dossiers patients. Les documents officiels indiquent que les modifications ont eu lieu entre le 28 février et le 14 mars 2025, affectant 57 patients.
Quand je consulte le logiciel, je vois qu'il a disparu. Ces patients qui sont marqués d'un cercle rouge pour les différencier de la priorité trois, qui est la priorité normale, qui est de 180 jours.
- Priorité préférentielle
- 90 jours
- Priorité normale
- 180 jours
Fuite d'une réunion de crise et aveux des dirigeants
Après les premières constatations, Martos a déposé des plaintes formelles par les voies institutionnelles auprès de son chef de service, de la direction médicale et de la direction de l'hôpital. Une réunion de crise interne a eu lieu dans le service, à laquelle ont assisté environ 50 membres du personnel médical ainsi que des administrateurs de l'hôpital. Parmi les participants figuraient le directeur médical Rafael Martínez, le chef de service Basilio de la Torre et le sous-directeur chirurgical Enrique Aracil. Des enregistrements audio de la réunion ont révélé que la direction de l'hôpital a reconnu avoir effectué les rétrogradations sans consulter les chirurgiens traitants. La direction a justifié ces changements en invoquant des contraintes de ressources et en affirmant que certains chirurgiens abusaient des classements prioritaires. La rétrogradation de la gravité des patients a aidé les gestionnaires de l'hôpital à atteindre des objectifs de productivité administrative, qui entraînent des primes financières pour les dirigeants qui remplissent les objectifs de listes d'attente fixés par l'autorité sanitaire régionale.
- Les modifications commencent à altérer les listes d'attente chirurgicales pour 57 patients à l'hôpital Ramón y Cajal.
- Les reclassements non autorisés de priorité préférentielle à normale se concluent dans le système hospitalier.
- Les dirigeants de l'hôpital admettent avoir reclassé les listes d'attente lors d'une réunion de crise du service.
- Le chirurgien Luis Alberto Martos décrit la découverte et répond aux accusations officielles à la télévision nationale.
Affrontement politique et accusations administratives
La documentation contredit les déclarations publiques des responsables régionaux à Madrid. La conseillère à la Santé Fátima Matute a d'abord accusé Martos d'avoir lui-même modifié les dossiers des patients pour réduire sa charge de travail. La présidente régionale Isabel Díaz Ayuso a réitéré ces affirmations lors d'une séance parlementaire à l'Assemblée de Madrid, qualifiant le chirurgien de personne manipulant les rendez-vous et décrivant la controverse en termes dédaigneux. Des documents hospitaliers divulgués et des enregistrements audio ont établi que les dirigeants du service avaient effectué les modifications. Martos a rejeté les accusations de l'administration régionale, déclarant qu'opérer des cas normaux ou prioritaires exige un effort équivalent de la part du personnel chirurgical.
J'ai été complètement stupéfait d'entendre d'abord la conseillère dire que j'avais fait les changements pour travailler moins, ce qui a démontré qu'elle ne sait pas comment travaille un professionnel, car pour moi, c'est la même chose d'opérer huit cas normaux ou huit cas prioritaires.
Répercussions institutionnelles et contexte juridique
La controverse a attiré l'attention sur la supervision administrative dans les hôpitaux publics de Madrid. Quatre médecins au total ont déposé des plaintes formelles concernant la modification des dossiers chirurgicaux à Ramón y Cajal. En réponse aux révélations, les responsables régionaux ont tenté de discréditer Martos en évoquant un différend interne antérieur impliquant des allégations de dommages matériels contre le chef de service Basilio de la Torre. Les procédures judiciaires avaient auparavant innocenté Martos de toutes les charges liées à cet incident. Le chirurgien a déclaré qu'aucune autorité régionale ou hospitalière n'avait présenté d'excuses après les accusations publiques.


