
Tsipras exhorte la Grèce à 'refroidir' ses liens avec le MAGA de Trump et à mettre fin au 'chèque en blanc' aux États-Unis
L'ancien Premier ministre Alexis Tsipras, désormais à la tête du parti ELAS, a utilisé une interview à Politico pour accuser le gouvernement Mitsotakis de concessions excessives à Washington et a appelé à une politique étrangère fondée sur le bénéfice mutuel.
Alexis Tsipras, l'ancien Premier ministre grec et actuel chef du parti d'opposition ELAS, a vivement critiqué le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis pour ce qu'il décrit comme une politique de « chèque en blanc » envers les États-Unis. Dans une interview à Politico publiée le 3 juillet 2026, Tsipras a soutenu que la Grèce doit « refroidir » sa relation trop étroite avec le mouvement MAGA et rééquilibrer ses liens stratégiques avec Washington.
Un appel au bénéfice mutuel, pas à un alignement inconditionnel
Tsipras a insisté sur le fait que les relations gréco-américaines doivent être guidées par le principe du bénéfice mutuel, et non par des concessions unilatérales. Il a accusé le gouvernement conservateur d'être allé trop loin en accordant aux États-Unis un accès indéfini aux bases militaires à travers la Grèce, y compris la principale base navale en Crète, plutôt que d'exiger un renouvellement périodique et une renégociation des conditions.
Les relations gréco-américaines sont de nature stratégique et doivent être régies par le principe du bénéfice mutuel. Le gouvernement suit une politique de chèques en blanc et cela ne sert pas nos intérêts nationaux.
Le contraste de la guerre en Iran avec l'Espagne
Pour souligner son propos, Tsipras a contrasté la position de Mitsotakis avec celle du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui a refusé d'autoriser les forces américaines à utiliser les bases espagnoles pendant la récente guerre en Iran. Il a suggéré qu'Athènes aurait dû faire preuve d'une autonomie similaire.
Cette question s'est posée avec une grande intensité pendant la récente guerre en Iran. Nous avons vu la réaction du Premier ministre grec et celle du Premier ministre espagnol.
Prise de distance avec le MAGA et scepticisme public
Tsipras a lié sa position de politique étrangère à la méfiance généralisée du public grec envers Donald Trump. Il a cité une enquête du Pew Research Center de fin juin montrant que seulement 22 % des Grecs font confiance à la gestion des affaires internationales par le président américain. Alors qu'une grande partie de l'Europe prend ses distances avec le mouvement MAGA, a-t-il dit, la Grèce approfondit son embrassement.
Cohésion européenne, ressources propres et défense
Sur la politique européenne, Tsipras a appelé à une cohésion sociale plus forte, à une réduction des inégalités régionales et à de nouvelles ressources propres de l'UE via la taxation des multinationales et des émissions de carbone. Il a soutenu une augmentation des dépenses de défense mais a prévenu qu'elle ne doit pas se faire au détriment de la protection sociale.
Si cela se produit, dans quelques années nous nous retrouverons avec une Union européenne plus forte en matière de défense et gouvernée par des gouvernements d'extrême droite.
La corruption comme 'impôt invisible'
Sur le plan intérieur, Tsipras a décrit la corruption comme un « impôt invisible » qui draine les ressources de la santé publique, de l'éducation et des services sociaux. Il a déclaré que chaque euro perdu par des attributions directes de marchés publics ou par le détournement de fonds européens est un euro qui manque dans les écoles et les hôpitaux.
Nous avons l'impôt invisible de la corruption, et je l'appelle un impôt parce que je crois que le coût des niveaux étendus et sans précédent de corruption en Grèce est si élevé qu'il prive la politique sociale de ressources.
Contexte politique et élections
Tsipras a fondé ELAS en mai 2026 pour unir une opposition fragmentée avant les élections nationales attendues au printemps 2027, avant que la Grèce n'assume la présidence tournante du Conseil de l'UE en juillet 2027. Les sondages placent son parti en deuxième position, bien que loin derrière Nouvelle Démocratie. Il a également abordé les critiques persistantes de son mandat de 2015, notant que le débat public ne se concentre que sur les premiers mois de ce gouvernement.


