
Trump salue le roi du Maroc comme 'pilier de stabilité', réaffirme la revendication du Sahara occidental et qualifie la réponse de l'Espagne à Ceuta de 'catastrophe'
Alors que Washington salue Rabat comme son plus ancien allié, la Maison Blanche a vivement critiqué Madrid à propos de l'entrée de dizaines de milliers de migrants à Ceuta, révélant un fossé croissant dans la politique américaine envers la Méditerranée occidentale.
Un message d'éloge pour le roi
À l'occasion du 27e anniversaire de l'intronisation du roi Mohammed VI, le président Donald Trump a envoyé un télégramme de félicitations qui allait bien au-delà de la courtoisie protocolaire. Il a décrit la 'direction sage' du monarque comme 'un pilier de stabilité' et a déclaré que les États-Unis 'reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental'. La proposition d'autonomie marocaine, a-t-il dit, est un plan 'sérieux, crédible et réaliste' et 'la seule base pour une solution juste et durable'.
Les États-Unis sont clairs : nous reconnaissons la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental et soutenons la proposition marocaine d'une autonomie sérieuse, crédible et réaliste comme seule base d'une solution juste et durable.
Trump a averti que toute alternative prolongerait un statu quo inacceptable. 'Ce conflit doit prendre fin maintenant, et les États-Unis continueront à faire progresser cet objectif', a-t-il ajouté. Le message, relayé par l'agence de presse officielle marocaine MAP, a également demandé à son équipe de travailler pour le développement économique et social du Maroc, y compris la région du Sahara occidental.
La crise de Ceuta et le fossé avec l'Espagne
Le message de félicitations est arrivé un jour après que Trump s'en est pris à l'Espagne à propos de l'arrivée soudaine de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta. Le 30 juillet, entre 50 000 et 60 000 personnes ont traversé depuis le territoire marocain, selon des sources espagnoles citées dans la presse. Au moins 67 décès ont été signalés. Le Maroc est jusqu'à présent resté silencieux sur les événements.
Trump a qualifié cela de "catastrophe qui a eu lieu" et l'a décrit comme "une invasion d'un pays par des centaines de milliers de personnes". Le département d'État a publié une déclaration accusant le gouvernement espagnol d'"efforts délibérés pour permettre et faciliter l'immigration illégale massive en Europe", tandis que la Maison Blanche a attribué la crise aux politiques de gauche radicale. Le contraste frappant entre la chaleur manifestée envers Rabat et l'hostilité dirigée vers Madrid a attiré l'attention sur ce que les commentateurs espagnols décrivent comme un deux poids deux mesures dans la politique étrangère de Trump.
Une alliance vieille de 250 ans
Le 26 juillet, Trump a publié une vidéo sur Truth Social remerciant le roi d'avoir nommé une autoroute de 1 055 kilomètres en son honneur, allant de Tiznit le long de la côte jusqu'à Laâyoune et Dakhla au Sahara occidental. Rabat n'a pas confirmé le nom et aucune annonce officielle marocaine n'est apparue, donc l'affirmation repose sur le propre récit de Trump. La route a ouvert en janvier après une décennie de construction et a coûté environ 1 milliard de dollars. La vidéo raconte les racines historiques profondes de la relation bilatérale : le Maroc a été le premier pays à reconnaître l'indépendance des États-Unis, en 1777, et le traité de paix et d'amitié de 1786 a établi ce qui reste la plus longue relation diplomatique ininterrompue de l'histoire américaine.
Pendant deux siècles et demi, l'amitié, la confiance et le dialogue ont uni le Maroc et les États-Unis. C'est la preuve que lorsque deux nations unies par l'amitié et une vision commune choisissent d'agir pour la paix, rien ne peut entraver la prospérité.
L'ancre des accords d'Abraham
Un tournant est survenu en décembre 2020, pendant les dernières semaines du premier mandat de Trump, lorsque le Maroc a normalisé ses relations avec Israël dans le cadre des accords d'Abraham. En échange, les États-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Le dernier message de Trump lie explicitement le partenariat actuel à cet accord, louant le 'rôle fondamental du Maroc dans les accords d'Abraham' et promettant un travail conjoint pour sécuriser la région du Sahel.
L'engagement constant du Maroc à œuvrer pour la paix, à combattre l'extrémisme et à protéger la sécurité des Américains et des Marocains, notamment par son rôle fondamental dans les accords d'Abraham, reflète une alliance précieuse pour les États-Unis.
La suite
Le message de Trump a esquissé un programme tourné vers l'avenir : la technologie et l'innovation américaines resteraient partenaires du Maroc 'pour les 250 prochaines années' dans des secteurs stratégiques, notamment l'énergie, l'intelligence artificielle, les minéraux critiques et la défense. Il a parlé d''une nouvelle ère de relations' dans laquelle les intérêts des deux pays seraient traités en priorité. La déclaration n'a fait aucune mention des morts de Ceuta ni d'aucun effort diplomatique pour désamorcer la crise frontalière, laissant le fossé avec l'Espagne non résolu.
- Le Maroc devient la première nation à reconnaître l'indépendance des États-Unis.
- Le traité de paix et d'amitié est signé, commençant ce qui reste la plus longue relation diplomatique ininterrompue de l'histoire américaine.
- Les États-Unis reconnaissent la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental ; le Maroc rejoint les accords d'Abraham et normalise ses relations avec Israël.
- Le roi Mohammed VI marque le 27e anniversaire de son intronisation ; la crise migratoire de Ceuta éclate alors que des dizaines de milliers de Marocains traversent vers l'enclave espagnole.
- Le président Trump envoie un message de félicitations au roi, réitérant la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et louant le partenariat bilatéral.


