
Greta Thunberg rejoint les manifestations lycéennes en France, plus de 210 élèves blessés recensés
La militante suédoise Greta Thunberg a rejoint mardi 13 octobre une manifestation de lycéens devant un établissement de Saint-Denis, alors que le mouvement entrait dans sa quatrième semaine et qu'environ 200 établissements étaient fermés.
Thunberg rejoint les lycéens à Saint-Denis
Mardi 13 octobre 2026, Greta Thunberg a rejoint une manifestation devant le lycée Paul Éluard à Saint-Denis, en banlieue populaire au nord de Paris, là où le mouvement lycéen a pris son essor. La militante écologiste de 23 ans, devenue célèbre comme adolescente manifestante, a déclaré que les lycéens français méritaient un soutien plus large. La journée a marqué un nouveau round de mobilisations nationales contre le manque d'enseignants, les classes surchargées et la vétusté des bâtiments scolaires. Le mouvement a débuté à la mi-septembre en région parisienne et en est désormais à sa quatrième semaine, selon Reuters. Les élèves se sont rassemblés le matin devant les entrées des établissements à Paris et dans d'autres villes, avec des pancartes et des mégaphones. Devant le lycée, Greta Thunberg a déclaré aux journalistes :
Ils doivent savoir que partout dans le monde, nous suivons ces événements. Nous sommes inspirés par les jeunes qui réclament leurs droits fondamentaux.
Fermetures et calendrier des défilés
Le ministre de l'Éducation, Edouard Geffray, a indiqué sur France Inter qu'environ 200 établissements étaient fermés, tout en suggérant que certaines fermetures étaient préventives, les écoles se trouvant sur les parcours de manifestation prévus. Une actualisation de mi-journée du ministère de l'Éducation a porté à 214 le nombre de lycées touchés mardi et fait état d'une baisse des fermetures. Une vingtaine d'avocats se sont également rassemblés au lycée Paul Éluard pour former une chaîne humaine protégeant les élèves. Des sources policières s'attendaient à entre 130 000 et 200 000 manifestants dans les rues mardi. Le défilé principal à Paris devait s'élancer à 14 heures locales de la place d'Italie en direction des Invalides, près de Matignon, résidence du Premier ministre, et du ministère de l'Éducation.
- Début des manifestations lycéennes en région parisienne
- Le gouvernement suspend les grenades de désencerclement après qu'un adolescent a perdu une main
- Mobilisation nationale comptée à 266 000 par les autorités et 450 000 par les organisateurs
- Le ministère de l'Intérieur compte 71 500 manifestants en France
- Plus de 210 élèves blessés recensés depuis le début du mouvement
- Le défilé principal à Paris doit s'élancer de la place d'Italie
- Début prévu des vacances scolaires de deux semaines ce week-end
Comptages et réponse policière
Les chiffres varient selon les sources. Mardi 6 octobre, les autorités ont compté 266 000 manifestants dans tout le pays et les organisateurs 450 000, dont entre 56 000 et 100 000 dans la capitale. Le ministère de l'Intérieur a compté 71 500 personnes en France jeudi 8 octobre. Un second bilan fait état de plus de 260 000 et de 75 000 pour ces deux mêmes journées.
- 2026-10-06 (autorités)
- 266000 personnes
- 2026-10-06 (organisateurs)
- 450000 personnes
- 2026-10-08 (ministère de l'Intérieur)
- 71500 personnes
Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et chargé les manifestants à de nombreuses reprises, faisant des centaines de blessés et des milliers d'interpellations, selon Reuters. Le gouvernement a suspendu l'usage des grenades de désencerclement dans la semaine du 5 octobre après qu'un adolescent a perdu une main. Le ministre de l'Éducation, Edouard Geffray, a chiffré à plus de 210 le nombre d'élèves blessés depuis le début du mouvement, selon les données rapportées lundi 12 octobre. Greta Thunberg a qualifié la réponse policière d'« extrêmement violente », estimant que les autorités protégeaient le statu quo et ignoraient les revendications des jeunes.
Réactions politiques et soutiens
Des responsables de gauche ont critiqué la police, tandis que la candidate d'extrême droite à la présidentielle, Marine Le Pen, a mis en cause les manifestants violents et évoqué des dégradations dans les établissements et des blessures parmi le personnel et les policiers. Les syndicats enseignants, les syndicats de la fonction publique et les associations de parents soutiennent les revendications depuis le début du mouvement. L'organisation étudiante União Estudantil affirme que 90 % des quelque 70 universités françaises sont bloquées ou fermées en solidarité. Le gouvernement fait face à des pressions contradictoires, entre la nécessité d'investir davantage dans l'éducation et l'exigence de limiter un déficit et une dette en hausse. Les manifestations ont ajouté à un climat d'incertitude à six mois d'une élection présidentielle qui pourrait porter au pouvoir le premier gouvernement d'extrême droite depuis la Seconde Guerre mondiale, conduit par le Rassemblement national de Marine Le Pen.
Et maintenant
Les autorités espéraient que les manifestations s'essouffleraient avec le début des vacances scolaires de deux semaines, prévues à partir du week-end du 17 octobre. Selon les informations disponibles, les élèves semblent déterminés à poursuivre. Le défilé parisien de mardi après-midi constitue le prochain test de mobilisation, la police attendant entre 130 000 et 200 000 personnes dans les rues. La présence de Greta Thunberg donne une dimension internationale à un mouvement qui reposait jusqu'ici sur les syndicats, les parents et les organisations étudiantes françaises.


