
Les taux des crédits immobiliers américains à 30 ans grimpent à 7,49 %, les rendements du Trésor au plus haut depuis des décennies
Le taux moyen du crédit immobilier fixe américain à 30 ans a augmenté de 19 points de base pour s'établir à 7,49 % sur la semaine close le 2 octobre, à son plus haut niveau depuis fin 2023, le coût de l'emprunt pesant sur la demande de prêts à un mois des élections de mi-mandat.
Sept semaines consécutives de hausse des taux immobiliers
Le taux d'intérêt moyen d'un crédit immobilier à taux fixe de 30 ans aux États-Unis a atteint 7,49 % pour la semaine close le 2 octobre 2026, selon les données publiées mercredi par la Mortgage Bankers Association. Ce chiffre représente une hausse de 19 points de base par rapport à la semaine précédente et marque la septième hausse hebdomadaire consécutive. Le taux est à son plus haut niveau depuis la semaine close le 10 novembre 2023, soit plus du double des coûts d'emprunt payés par les acheteurs américains en 2021. Cette progression resserre encore les conditions de financement pour les acheteurs potentiels dans le pays.
- Début des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, à l'origine d'une hausse de 1,4 point de pourcentage des taux immobiliers
- L'inflation annuelle américaine s'établit à 3,4 %, au-dessus de l'objectif de 2,0 % de la Réserve fédérale
- La Réserve fédérale relève ses taux et laisse entrevoir un nouveau relèvement possible avant la fin de l'année
- Le taux moyen du crédit immobilier fixe américain à 30 ans atteint 7,49 % après sept hausses hebdomadaires consécutives
- Le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans atteint 5,3 %, un plus haut de 24 ans
- La Mortgage Bankers Association fait état d'une baisse hebdomadaire de 4,2 % des demandes de prêt
- Élections législatives de mi-mandat aux États-Unis
Rendements obligataires et pressions géopolitiques
Les taux immobiliers continuent de suivre les rendements des titres d'État américains, qui ont progressé tout au long de l'automne. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a atteint 5,3 % lundi, son plus haut niveau en 24 ans, tandis que celui de l'obligation du Trésor à 30 ans a atteint 5,7 % mercredi, le rendement le plus élevé enregistré sur ce titre depuis 2002. La pression à la hausse sur les rendements de la dette découle de données de croissance économique plus solides et de la hausse des prix du pétrole liée aux opérations militaires. Les coûts d'emprunt immobilier ont augmenté d'environ 1,4 point de pourcentage depuis le début des frappes conjointes américaines et israéliennes contre l'Iran fin février. En outre, l'inflation américaine s'est établie à 3,4 % en août, au-dessus de l'objectif de 2,0 % de la Réserve fédérale. Après une hausse des taux en septembre, les responsables de la banque centrale ont évoqué un nouveau relèvement possible avant la fin de l'année, même si les marchés financiers n'attendent pas de mouvement sur les taux lors de la réunion de la Réserve fédérale fin octobre.
- Taux du crédit immobilier à 30 ans (2 oct.)
- 7.49 %
- Rendement de l'obligation du Trésor à 30 ans (7 oct.)
- 5.7 %
- Rendement du bon du Trésor à 10 ans (5 oct.)
- 5.3 %
- Crédit immobilier allemand à 10 ans (sept.)
- 4.25 %
- Taux d'inflation américain en août
- 3.4 %
- Objectif d'inflation de la Réserve fédérale
- 2 %
Fort recul des demandes de prêt
La hausse des coûts d'emprunt a entraîné un net recul de l'activité de crédit immobilier sur les marchés primaire et secondaire. Le total des demandes de prêt immobilier a baissé de 4,2 % lors de la semaine close le 2 octobre par rapport aux sept jours précédents. Le volume des demandes se situe désormais à son plus bas niveau depuis février 2025, ayant diminué de près de moitié depuis le début de 2026. Le refinancement a enregistré le recul le plus marqué, la hausse des coûts d'emprunt ayant supprimé les incitations financières pour les propriétaires à remplacer des prêts plus anciens. Joel Kan, vice-président et économiste en chef adjoint de la Mortgage Bankers Association, a expliqué l'impact sur la participation au marché dans un communiqué.
Très peu de propriétaires ont intérêt à refinancer à ces taux, et la hausse des coûts d'emprunt a conduit de nombreux emprunteurs potentiels à se retirer du marché de l'achat.
Élections de mi-mandat et priorités des électeurs
La dégradation des conditions d'accession à la propriété intervient quatre semaines avant les élections législatives de mi-mandat du 3 novembre 2026. Le scrutin déterminera si le président Donald Trump et le Parti républicain conservent le contrôle du Congrès des États-Unis. Un sondage Reuters/Ipsos achevé lundi donnait à Donald Trump une cote d'approbation de 32 %. Dans une autre enquête Reuters/Ipsos réalisée fin août, 47 % des électeurs inscrits citaient le coût de la vie comme la question la plus importante à l'approche du vote de novembre. Par ailleurs, un sondage Reuters/Ipsos de septembre a montré que 17 % des personnes interrogées approuvaient la gestion du coût de la vie par Donald Trump. Les coûts d'emprunt internationaux ont eux aussi augmenté : les taux de financement de la construction à 10 ans en Allemagne ont atteint environ 4,25 % en septembre, selon Barkow Consulting, le niveau le plus élevé dans ce pays depuis mai 2011.


