
Le fondateur de Magna International, Frank Stronach, reconnu coupable d'agressions sexuelles sur deux femmes
Frank Stronach, le fondateur âgé de 93 ans du géant de l'équipement automobile Magna International, a été reconnu coupable par un tribunal ontarien de deux chefs d'accusation d'agression sexuelle et d'attentat à la pudeur impliquant deux femmes.
Le verdict
Frank Stronach, le milliardaire austro-canadien qui a bâti Magna International à partir d'un garage loué pour en faire l'un des plus grands fournisseurs mondiaux de pièces automobiles, a été reconnu coupable vendredi dans une salle d'audience de Toronto d'un chef d'agression sexuelle et d'un chef d'attentat à la pudeur. La juge Anne Molloy de la Cour supérieure de l'Ontario a rendu le verdict après un procès qui a débuté en février. Stronach, 93 ans, a été acquitté de trois autres accusations impliquant deux femmes différentes.
Le verdict a été rendu vendredi par la juge Anne Molloy de la Cour supérieure de justice de l'Ontario à Toronto.
Accusations et procès
L'affaire impliquait à l'origine sept plaignantes et 12 chefs d'accusation. Au moment où les arguments ont été conclus en avril, les procureurs avaient retiré ou suspendu plusieurs chefs d'accusation, laissant Stronach faire face à cinq accusations de la part de trois femmes. Les allégations s'étalaient sur des décennies, certaines remontant à 1977. Le Canada n'impose aucun délai de prescription pour les infractions sexuelles.
- Le procès débute à la Cour supérieure de l'Ontario avec 12 chefs d'accusation de la part de sept plaignantes
- Les arguments sont conclus ; le parquet retire un chef d'accusation et accepte des verdicts de non-culpabilité pour quatre autres
- Verdict rendu : coupable sur deux chefs, acquitté sur trois ; cinq chefs d'accusation de trois femmes jugés
- Prononcé de la peine prévu
- Second procès (six plaignantes supplémentaires) devrait débuter à Newmarket, Ontario
Le tribunal a abandonné trois chefs d'accusation d'une plaignante après avoir jugé son témoignage non crédible. D'autres accusations ont été retirées par le parquet en raison d'un manque de preuves. Stronach avait plaidé non coupable et nié toutes les allégations tout au long de la procédure.
L'accusé
Né en Autriche, Stronach a fondé Magna en 1957 et l'a transformée en une entreprise mondiale qui assemblait des véhicules pour des constructeurs automobiles, dont Mercedes-Benz. Sous sa direction, l'entreprise a tenté de racheter Chrysler et Opel. Stronach a démissionné de son poste de président de Magna en 2011 et est retourné dans son Autriche natale l'année suivante pour fonder un parti politique et se présenter à des fonctions publiques. Il est ensuite revenu au Canada.
Le New York Times a noté que Stronach a également une longue histoire de remarques publiques inappropriées sur les femmes, citant une assemblée générale annuelle de Magna en 2007 où il a demandé aux actionnaires qui était le plus attirant pour les femmes, lui-même ou son assistant de longue date.
Peine et second procès
La peine sera prononcée le 17 septembre 2026. Stronach reste libre jusque-là. Un second procès est prévu pour mai 2027 à Newmarket, en Ontario, où six plaignantes supplémentaires devraient témoigner d'agressions sexuelles présumées. Ce procès avec jury était initialement prévu pour l'automne 2026 mais a été reporté et devrait durer quatre semaines.

