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Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

  • Le 22 octobre, la Cour a déclaré les requêtes irrecevables comme manifestement mal fondées, à l'unanimité, dans l'affaire Pușcașu et autres c. Roumanie.

  • La Cour a estimé que l'étalement du paiement de jugements définitifs ne violait ni le droit à un procès équitable ni le droit de propriété, en tenant compte des paiements partiels et de l'indexation sur l'inflation.

  • Le Premier ministre par intérim Ilie Bolojan a déclaré que le montant que l'État devra payer aux magistrats et au personnel de justice s'élève à environ 4,8 milliards de lei.

  • La Cour a signalé le risque que des juges statuant sur des éléments de rémunération susceptibles de leur profiter personnellement compromettent leur impartialité.

  • Le jeudi 15 octobre, l'ICCJ dirigée par Lia Savonea a rejeté l'appel du gouvernement et du ministère des Finances, confirmant une décision de la cour d'appel de Bucarest du 5 mai.

Strasbourg
Strasbourg, Bucarest · France, Roumanie
Comment on en est arrivé là
  1. 5 maiLa cour d'appel de Bucarest confirme l'injonction faite au gouvernement de payer les arriérés
  2. 15 oct.L'ICCJ rejette l'appel du gouvernement et du ministère des Finances
  3. 22 oct.La CEDH déclare les requêtes des magistrats irrecevables comme manifestement mal fondées

La Cour rejette les recours

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a déclaré irrecevables les recours de magistrats roumains portant sur des arriérés que l'État paie par tranches, une décision communiquée le jeudi 22 octobre. La Cour a statué à l'unanimité dans l'affaire Pușcașu et autres c. Roumanie, jugeant les requêtes manifestement mal fondées. La plupart des comptes rendus font état de cinq requérants, un autre de six. Les requérants soutenaient que les paiements échelonnés violaient leur droit à un procès équitable et leur droit de propriété, et la Cour a rejeté les deux griefs. La décision est définitive et l'arrêt n'est pour l'instant disponible qu'en français.

Pourquoi la Cour a donné raison à l'État

La Cour a estimé que les autorités roumaines devaient faire face à d'importantes obligations financières dans une période de tension budgétaire et avaient adopté des mesures pour concilier des intérêts divergents. Elle a tenu compte des paiements partiels déjà effectués, de l'indexation des sommes sur l'inflation et des intérêts accordés dans certains cas. Aucun des requérants n'a soutenu qu'une exécution intégrale et immédiate aurait affecté son niveau de vie, et la Cour a relevé que leurs revenus étaient nettement supérieurs au salaire ou à la pension moyens en Roumanie. Les juges ont aussi souligné que la fixation des priorités budgétaires ne relève pas des tribunaux, y compris les décisions sur les priorités de dépenses et l'affectation des ressources publiques.

« Il n'appartient pas au juge national de se substituer aux autorités nationales dans les choix de politique budgétaire et économique. »

Cour européenne des droits de l'homme

Sur la dette de l'État, la Cour a été explicite : le gouvernement ne pouvait pas se contenter d'invoquer un manque d'argent pour éviter de payer une somme fixée par un tribunal.

« L'État ne peut invoquer un manque de fonds ou d'autres ressources pour justifier l'inexécution d'une créance établie par une décision de justice. »

Cour européenne des droits de l'homme

Un avertissement sur les conflits d'intérêts

Au-delà du verdict, la Cour a mis en garde contre un risque de conflits d'intérêts lorsque des juges statuent sur des éléments de rémunération susceptibles de leur profiter personnellement. Selon elle, l'intérêt financier personnel d'un juge pourrait nuire à l'exercice impartial des fonctions judiciaires. La Cour a également estimé que certaines décisions de juridictions nationales semblaient avoir dépassé le rôle traditionnel d'interprétation et d'application de la loi, ce qui pouvait donner l'impression d'un conflit entre institutions. Les décisions de la Cour constitutionnelle et de la Haute Cour de cassation et de justice (ICCJ) ont, au fil du temps, façonné le cadre de la rémunération des magistrats sans modifier formellement les lois successives qui la régissaient. La Cour a estimé que cela pouvait générer des tensions entre le pouvoir judiciaire et les pouvoirs législatif et exécutif.

Le litige plus large et la facture de 4,8 milliards de lei

L'arrêt clôt un différend plus large entre le gouvernement et l'ICCJ, dirigée par Lia Savonea. Le jeudi 15 octobre, l'ICCJ a rejeté l'appel du gouvernement et du ministère des Finances, confirmant une décision de la cour d'appel de Bucarest du 5 mai qui obligeait l'exécutif à payer les arriérés, notamment par une rectification budgétaire. L'ICCJ avait obtenu gain de cause dans l'affaire qu'elle avait ouverte sur les augmentations rétroactives fixées par des décisions de justice. Le Premier ministre par intérim Ilie Bolojan a déclaré que la facture que l'État devra payer aux magistrats et au personnel de justice s'élève à environ 4,8 milliards de lei, une somme qui nécessiterait une rectification budgétaire substantielle.

Ce qui reste dû

La Cour n'a pas dit que l'argent n'était plus dû. Sa décision reconnaît que les jugements n'ont pas été exécutés intégralement, mais juge les mesures de l'État justifiées par des circonstances économiques et budgétaires exceptionnelles. Les paiements ont été effectués par étapes, tandis que l'État s'efforçait d'assurer la continuité des services publics essentiels et d'assainir ses finances. La conclusion porte sur les requêtes examinées par la Cour, et l'arrêt est la première prise de position de Strasbourg sur ce groupe précis de recours.

À suivre dans l’édition du jour

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Sources et contexte

  • Mediafax.roil y a 1 hLa CEDH rejette les plaintes des magistrats concernant les arriérés de salaire. Risque de conflit d'intérêts dans les décisions d'augmentation des rémunérationsCEDO respinge plângerile magistraților privind restanțele salariale. Posibil conflict de interese în deciziile de majorare a remunerațiilor · original en roumain
  • Libertateail y a 1 hCoup dur pour Lia Savonea à Strasbourg : le gouvernement avait raison et l'échelonnement des arriérés de salaire des magistrats est légalLovitură pentru Lia Savonea la Strasbourg: Guvernul a avut dreptate și eșalonarea restanțelor salariale ale magistraților este legală · original en roumain
  • Ziare.comil y a 2 hLa CEDH donne raison à l'État dans le dossier des arriérés de salaire des magistrats. La situation où des magistrats tranchent des litiges sur des avantages salariaux est perçue comme présentant un risque de conflit d'intérêtsCEDO dă dreptate statului în dosarul restanțelor salariale ale magistraților. Situația în care magistrații soluționează cauze privind avantaje salariale, percepută ca "prezentând un risc de conflict de interese · original en roumain
  • adevarul.roil y a 2 hLa CEDH a rejeté les demandes des magistrats roumains concernant le paiement des arriérés de salaireCEDO a respins cererile magistraților români privind plata restanțelor salariale · original en roumain
Lia Savonea
Présidente de la Haute Cour de cassation et de justice, dont la juridiction a obtenu gain de cause face au gouvernement et au ministère des Finances
Ilie Bolojan
Premier ministre par intérim de la Roumanie, qui a cité le chiffre d'environ 4,8 milliards de lei

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Publié aujourd’hui à 11:54.

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Dans ce texte

  1. 1La Cour rejette les recoursLa Cour rejette les recours
  2. 2Pourquoi la Cour a donné raison à l'ÉtatPourquoi la Cour a donné raison à l'État
  3. 3Un avertissement sur les conflits d'intérêtsUn avertissement sur les conflits d'intérêts
  4. 4Le litige plus large et la facture de 4,8 milliards de leiLe litige plus large et la facture de 4,8 milliards de lei
  5. 5Ce qui reste dûCe qui reste dû

Fondé sur les articles de

Mediafax.ro, Libertatea, Ziare.com, adevarul.ro, Stirile ProTV, G4Media.ro

Liste des sources

Gouvernement · Strasbourg et Bucarest

La CEDH rejette les recours de magistrats sur des arriérés payés par tranches et signale un conflit d'intérêts

La Cour européenne des droits de l'homme a rejeté les recours de magistrats roumains portant sur des arriérés que l'État verse par tranches, et averti que des juges statuant sur leur propre rémunération peuvent se heurter à des conflits d'intérêts.

Strasbourg

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