
Des coureuses du Tour de France Femmes accusées de rembourrer leurs soutiens-gorge de sport pour tricher sur l'aérodynamisme lors du contre-la-montre
Des coureuses du Tour de France Femmes sont accusées de rembourrer leurs soutiens-gorge de sport pour combler l'espace aérodynamique entre la poitrine et le maillot, ce qui a poussé l'UCI à ordonner des contrôles supplémentaires avant le contre-la-montre de mardi.
Une nouvelle controverse aérodynamique
Une polémique a éclaté au Tour de France Femmes suite à des accusations selon lesquelles certaines coureuses gonfleraient artificiellement leur tour de poitrine pour obtenir un avantage aérodynamique. La plateforme cycliste néerlandaise et belge WielerFlits a rapporté que plusieurs équipes ont exigé des contrôles plus stricts avant le contre-la-montre de mardi, arguant que les soutiens-gorge rembourrés violent les règles de l'Union Cycliste Internationale (UCI). Une source a déclaré à Het Laatste Nieuws : « Parfois, on regarde deux fois quand on voit certaines coureuses le lendemain d'un contre-la-montre. » L'UCI a répondu par un avertissement la veille de l'épreuve.
Pendant les Jeux Olympiques de Paris (quand ce n'était pas encore interdit, ndlr), il y avait une coureuse qui avait soudainement une poitrine gigantesque.
Cette pratique vise l'espace vide au niveau de la poitrine entre le corps et le maillot. Combler cet espace lisse l'écoulement de l'air, réduit la traînée et aide une coureuse à fendre l'air plus rapidement sur un vélo de contre-la-montre. WielerFlits a indiqué que cette astuce circule dans le cyclisme depuis un certain temps, mais la nouvelle accusation est que des équipes du Tour de France Femmes l'exploitent désormais systématiquement.
Un précédent dans le peloton masculin
Le cyclisme masculin a déjà connu des tentatives similaires pour gagner des avantages aérodynamiques. Stijn Steels, directeur sportif de l'équipe AG Insurance-Soudal, a rappelé que Remco Evenepoel avait un jour « utilisé abusivement » son émetteur radio pour combler l'espace au niveau de la poitrine, bien que cela se soit produit avant l'entrée en vigueur de l'interdiction de l'UCI. Dans le peloton féminin, les radios étaient également une solution courante. Depuis l'interdiction, les coureuses seraient devenues plus inventives, se tournant vers les soutiens-gorge rembourrés pour obtenir le même effet.
Steels a décrit l'ampleur du bénéfice comme faible en termes absolus. « Il ne s'agit que de quelques 'watts' de différence », a-t-il noté. Mais dans un contre-la-montre, quelques watts se transforment en secondes, et les secondes décident des victoires d'étape et des écarts au classement général. Il a ajouté que l'utilisation de glace à l'intérieur du soutien-gorge par temps chaud pourrait rendre l'astuce encore plus efficace car cela aiderait à refroidir le corps.
Quelques 'watts', c'est beaucoup dans un contre-la-montre. Surtout si on pouvait le faire avec de la glace par cette chaleur. C'est vraiment intéressant pour votre corps.
L'UCI intervient
Précisément à cause de ces gains marginaux, l'UCI a éradiqué la pratique pour les hommes et les femmes. L'article 1.3.032 du règlement cible les composants vestimentaires « non essentiels » qui modifient la forme du corps d'un coureur. La veille du contre-la-montre, l'instance dirigeante a émis un avertissement spécifique indiquant que les contrôles d'avant-course accorderaient une attention particulière à cette règle.
Steels s'est interrogé sur la mesure dans laquelle les officiels peuvent réellement aller dans le contrôle du peloton féminin. « Jusqu'où allez-vous pour contrôler les femmes ? » a-t-il demandé. Il a ajouté qu'il ne croyait pas que les équipes prendraient le risque sur ce Tour, compte tenu de la surveillance et de la certitude d'être détectées. « Ils vérifient tout. C'est possible et ça fait une différence, mais je ne prendrais pas le risque. »
Honnêtement, je ne pense pas que les équipes planifient cela ici, parce qu'ils vérifient tout. C'est possible et ça fait effectivement une différence, mais je ne prendrais pas le risque.
Les watts qui décident des courses
Cet épisode met en lumière la quête incessante de vitesse gratuite dans le cyclisme professionnel, où même une économie de quelques watts peut modifier un résultat. Au Tour de France Femmes, où les étapes contre-la-montre produisent souvent de petits écarts de temps, l'accusation a touché un point sensible. Avec l'UCI en alerte, l'étape de mardi s'est déroulée sous une surveillance plus stricte que d'habitude, et le débat sur la limite entre le contrôle de l'équipement et les contrôles invasifs ne devrait pas s'éteindre une fois la course terminée.


