
George Simion cherche le soutien du PSD pour suspendre le président roumain Nicușor Dan
Le chef de l'AUR, George Simion, s'est adressé aux parlementaires du Parti social-démocrate pour obtenir les 155 signatures parlementaires nécessaires au lancement de la procédure de suspension du président roumain Nicușor Dan, après la désignation de Luca Niculescu comme Premier ministre.
Collecte des signatures social-démocrates
Le mardi 6 octobre 2026, le chef de l'Alliance pour l'union des Roumains (AUR), George Simion, a annoncé que son parti distribuait des feuilles de signatures aux parlementaires du Parti social-démocrate (PSD) afin de lancer la procédure formelle de suspension du président Nicușor Dan. L'AUR a enregistré 119 signatures de parlementaires sur sa plateforme de campagne suspeND.ro depuis le lancement de l'initiative le 6 août. La procédure constitutionnelle roumaine impose un seuil minimal de 155 signatures de députés et de sénateurs pour déposer une motion de suspension au Parlement. Simion a appelé ses partisans sur Facebook à contacter directement les parlementaires du PSD, cherchant à tirer parti du mécontentement parlementaire pour atteindre le nombre requis.
Simion a publié son appel mardi matin dans le cadre d'un nouvel effort pour bâtir une coalition transpartisane contre le président.
Nicușor Dan doit être suspendu ! Aujourd'hui, j'offre à tous les parlementaires du PSD la feuille pour les signatures. Écrivez-leur aussi pour qu'ils signent et débloquent le pays.
Rejet du candidat au poste de Premier ministre Luca Niculescu
La collecte de signatures a suivi l'annonce, lundi 5 octobre, de la désignation par le président Dan de Luca Niculescu, secrétaire d'État au ministère des Affaires étrangères, comme Premier ministre. Simion a refusé de participer aux consultations formelles organisées lundi au palais présidentiel de Cotroceni, déclarant que le président ne méritait pas sa présence. Il a envoyé à la place une délégation de l'AUR pour exiger des élections législatives anticipées et l'arrêt immédiat des détentions judiciaires. L'AUR a rejeté la nomination, Simion qualifiant Niculescu de marionnette et réclamant la libération de Călin Georgescu. Petrișor Peiu, chef des sénateurs de l'AUR, a confirmé que les parlementaires du parti boycotteraient entièrement la procédure d'investiture.
Peiu a exposé la position du parti sur le cabinet désigné.
Nous ne voterons pas. Nous ne faisons pas partie du gouvernement Luca Niculescu, nous ne votons pas pour le gouvernement. Personne à l'AUR ne votera pour ce gouvernement, et nous ne participerons pas au vote.
- Le gouvernement Bolojan renversé par une motion de censure au Parlement
- L'AUR lance la plateforme suspeND.ro pour recueillir des soutiens à la suspension du président
- Le président Nicușor Dan désigne le diplomate Luca Niculescu comme Premier ministre
- George Simion envoie la feuille de signatures pour la suspension aux parlementaires du PSD
Crise gouvernementale prolongée et arithmétique parlementaire
La nomination de Niculescu est la quatrième tentative de former un gouvernement depuis que l'administration d'Ilie Bolojan a été renversée par une motion de censure au Parlement le 5 mai. Niculescu doit constituer une liste de ministres et obtenir au moins 233 voix lors d'une session parlementaire conjointe pour être investi. Simion cherche une alliance avec le PSD, dont la direction, sous Sorin Grindeanu, a exprimé son mécontentement après que Dan a de nouveau écarté Grindeanu du mandat de Premier ministre. Outre les 119 parlementaires actuellement inscrits sur la plateforme suspeND.ro, l'AUR a enregistré le soutien de plus de 409 000 citoyens à la campagne de destitution du président.
- Signatures recueillies par l'AUR pour la suspension
- 119 parlementaires
- Signatures requises pour lancer la suspension
- 155 parlementaires
- Voix requises pour l'investiture du gouvernement
- 233 parlementaires
Griefs constitutionnels contre le chef de l'État
L'AUR a publié sur son portail de campagne une liste formelle de justifications constitutionnelles à la suspension. Le parti affirme que le président Dan a systématiquement violé l'article 80, paragraphe 2, et l'article 103, paragraphe 1 de la Constitution roumaine en ne remplissant pas son rôle institutionnel de médiateur entre les pouvoirs de l'État et la société. L'AUR soutient que le président a écarté de manière indue le deuxième parti du Parlement et l'a qualifié sans justification de formation anti-occidentale. Le document indique également que le chef de l'État a retardé la désignation du Premier ministre au-delà de limites raisonnables, laissant l'autorité exécutive entre les mains d'un gouvernement démis tout en refusant de coopérer avec le Parlement.


