
Le Sénat américain adopte un vaste projet de sanctions contre la Russie et l'Iran par 86 voix contre 11, vote à la Chambre prévu en septembre
Le Sénat américain a voté vendredi par 86 voix contre 11 en faveur de la loi « Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 », autorisant des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les principaux acheteurs d'énergie russe et étendant les sanctions à l'Iran. Le texte passe désormais à la Chambre des représentants, où un vote n'est pas attendu avant septembre.
Vote au Sénat
Le Sénat américain a voté par 86 voix contre 11, vendredi 7 août, en faveur de la loi « Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 », un texte de 61 pages ciblant les revenus énergétiques de la Russie et étendant les sanctions à l'Iran. Un seul sénateur républicain, Rand Paul du Kentucky, a voté contre. L'assemblée a éclaté en applaudissements après que Darline Graham, la sœur du défunt sénateur Lindsey Graham, nommée pour occuper son siège, a lu le résultat final du scrutin. Ce vote a couronné plus d'un an et demi de négociations depuis la première présentation du texte le 1er avril 2025, période durant laquelle même les législateurs favorables doutaient de ses chances. Avant l'adoption finale, le Sénat a rejeté un amendement parrainé par Paul et le sénateur démocrate Ron Wyden de l'Oregon, qui aurait retiré les pouvoirs tarifaires du projet de loi.
Contenu du projet de loi
La loi sanctionne le président russe Vladimir Poutine, les responsables russes, les oligarques, les banques, les institutions financières et la « flotte fantôme » utilisée pour contourner les restrictions à l'exportation de pétrole. Elle autorise le président Donald Trump à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes, dont la Chine et l'Inde, ainsi que sur les pays qui aident à contourner les sanctions énergétiques existantes. Une disposition distincte permet d'imposer des droits de douane pouvant atteindre 500 % sur les importations russes, y compris le pétrole et le gaz. Des exceptions s'appliquent aux pays qui reçoivent moins de 15 % de leur gaz naturel de Russie et qui prennent des mesures pour réduire leurs importations. Le projet de loi étend également les sanctions aux secteurs de l'armement et de l'énergie de l'Iran, à la suite d'une demande de dernière minute de Trump.
L'héritage de Graham
Le projet de loi porte le nom du sénateur Lindsey Graham (R-Caroline du Sud), décédé le 11 juillet d'une maladie cardiaque, peu après son retour d'un voyage en Ukraine. Graham avait défendu cette mesure pendant plus d'un an et, peu avant sa mort, il avait annoncé un accord avec la Maison-Blanche sur une version modifiée. Les dirigeants du Sénat avaient auparavant refusé de soumettre le texte au vote en raison de la résistance de Trump, qui avait gardé les décisions en matière de sanctions à la Maison-Blanche depuis le début de son second mandat en janvier 2025.
- Première présentation du projet de loi au Sénat
- Le sénateur Lindsey Graham décède d'une maladie cardiaque après son retour d'Ukraine
- Le Sénat adopte le projet de loi par 86 voix contre 11 ; Darline Graham lit le résultat final
- Vote à la Chambre attendu au plus tôt en septembre en raison de la pause estivale
Réactions et préoccupations
Le président de la commission des relations étrangères du Sénat, James Risch (R-Idaho), a déclaré à la tribune du Sénat que le projet de loi « couperait le flux d'argent qui alimente la machine de guerre de Poutine ». Le chef de la minorité du Sénat, Chuck Schumer (D-New York), a déclaré que le projet de loi enverrait « un message sans équivoque à Moscou : l'Amérique soutiendra l'Ukraine jusqu'au bout ». Les partisans soutiennent que les sanctions financières, combinées aux récents succès de l'Ukraine dans ses frappes en profondeur en Russie, pourraient pousser Poutine à rechercher un règlement négocié du conflit, désormais dans sa cinquième année. L'ambassade de Russie à Washington a condamné le projet de loi, le qualifiant de « mauvais service rendu à l'administration américaine actuelle ».
Augmenter les impôts des Américains ne mettra pas fin à la guerre de Poutine en Ukraine.
Perspectives à la Chambre
Le projet de loi passe désormais à la Chambre des représentants, où les élus ont déjà quitté Washington pour la pause d'août et où un vote n'est pas attendu avant septembre. Certains démocrates de la Chambre favorables à l'Ukraine ont déclaré qu'ils s'opposeraient à cette législation, arguant qu'elle accorde à Trump des pouvoirs tarifaires excessifs. Le représentant Gregory Meeks (New York), principal démocrate de la commission des affaires étrangères de la Chambre, a qualifié le projet de loi de « cheval de Troie ». Les républicains détiennent de faibles majorités dans les deux chambres, et on ne sait pas encore si l'opposition de certains démocrates sera suffisamment profonde pour bloquer le texte.
- Oui
- 86 voix
- Non
- 11 voix

