
Un agent de sécurité extrait vivant des décombres 8 jours après les séismes meurtriers au Venezuela
Les secouristes ont libéré Hernan Gil, 43 ans, de sa guérite effondrée à Catia La Mar jeudi, huit jours après que deux séismes ont dévasté la côte nord du Venezuela, tuant plus de 2 295 personnes.
L'improbable sauvetage
Hernan Gil, un agent de sécurité de 43 ans, a été extrait vivant des décombres d'un immeuble de sept étages à Catia La Mar le 2 juillet, huit jours après le double séisme survenu le 24 juin. Il était piégé dans sa guérite sous la structure effondrée. Des secouristes de sept pays ont travaillé pendant trois jours pour l'atteindre, perçant le béton et renforçant les sections instables pour éviter un nouvel effondrement.
Un premier plan visant à creuser un tunnel de 60 cm sur 60 cm a été abandonné mardi après que l'immeuble a bougé. Les équipes ont alors avancé simultanément par deux voies distinctes. Dans la phase finale, une trentaine de personnes ont travaillé dans le parking souterrain tandis que deux secouristes creusaient un tunnel de trois mètres, utilisant un marteau-piqueur pour briser la dernière dalle après avoir averti du risque d'effondrement d'un immeuble voisin. Gil a été sorti sur un brancard peu avant 11 h 30 GMT et transporté en ambulance à Caracas.
- Deux séismes frappent l'État de La Guaira au Venezuela ; Hernan Gil est piégé dans sa guérite à Catia La Mar.
- Des passants entendent les cris de Gil provenant des décombres, alertant les secouristes.
- Les secouristes entament un effort d'extraction de trois jours ; un premier plan de tunnel est abandonné après que l'immeuble a bougé.
- Les équipes avancent par deux voies simultanées et se rapprochent à moins d'un mètre de Gil.
- Gil est extrait vivant, placé sur un brancard et transporté en ambulance à Caracas.
C'est vraiment un miracle. Je suis complètement étonnée, car c'est la première fois que je vois autant de pays se réunir pour sauver une seule personne.
Je n'ai jamais rien vu d'aussi difficile. Je ne sais pas s'il y a déjà eu un sauvetage aussi long avec ces caractéristiques.
Une catastrophe d'une ampleur stupéfiante
Le bilan officiel des deux séismes a été revu à la hausse, à 2 295 morts, et plus de 11 000 blessés, selon le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez. L'ONU estime que 50 000 personnes sont toujours portées disparues. L'État le plus touché, La Guaira, a vu des dizaines de bâtiments marqués de la lettre D peinte à la bombe, le code international de recherche et de sauvetage pour les personnes décédées, anéantissant tout espoir de trouver des survivants à l'intérieur.
Des images satellite analysées par la NASA suggèrent qu'environ 58 870 bâtiments ont été endommagés ou détruits. L'Organisation mondiale de la santé craint des épidémies, tandis que l'agence des Nations unies pour les réfugiés fait état de pénuries alimentaires généralisées, de services de base effondrés et de communications largement coupées à La Guaira.
C'est une structure dont l'accès est particulièrement compliqué.
Une nation en deuil, un État dans le chaos
La présidente par intérim Delcy Rodriguez a décrété sept jours de deuil national « en hommage à la mémoire des victimes ». Mais la zone sinistrée a sombré dans le désordre. Quatre policiers vénézuéliens ont été arrêtés pour pillage, selon le ministère de la Justice. Des survivants se plaignent que les soldats prenaient l'aide pour eux-mêmes avant de distribuer les restes. Le gouvernement a restreint l'accès à La Guaira, exigeant des volontaires qu'ils obtiennent des laissez-passer.
Le pire, ce sont les morts. Je vous demande de dire la vérité !
Au début, tout allait bien, mais ensuite la mauvaise organisation a commencé : d'abord les soldats se sont servis eux-mêmes, et ensuite vous vous retrouviez avec ce qui restait.
Coordination internationale des recherches et des secours
Des équipes de secours du Venezuela, du Chili, des États-Unis, du Portugal, du Costa Rica, du Salvador et du Mexique ont travaillé côte à côte pour libérer Gil. Les pompiers chiliens ont posté une vidéo sur Instagram le montrant à l'intérieur de la guérite, tournant la tête vers la caméra avec un œil droit injecté de sang. Un membre de l'USAR 13 espagnol, Luis Arteaga Benatuil, a reconnu les difficultés pour atteindre la zone mais a souligné que leur objectif restait de sauver des vies.
Il a été extrêmement difficile d'atteindre le territoire vénézuélien. Nous arrivons tard, mais notre objectif reste de sauver des vies.


