Rufián présente ses excuses après l'échec d'une candidature unitaire de la gauche
Gabriel Rufián a présenté ses excuses le 16 octobre pour l'échec des partis de gauche à s'entendre sur une candidature commune, quelques heures avant l'expiration du délai de dépôt des coalitions. Le chef de file d'ERC à Barcelone a déclaré qu'il avait failli renoncer la veille, le 15 octobre.
Des excuses et une date limite
Gabriel Rufián, porte-parole d'ERC au Congrès et tête de liste à Barcelone pour les élections générales du 29 novembre, a présenté ses excuses aux citoyens le 16 octobre pour l'échec de la gauche à s'entendre sur une candidature unitaire. Devant les journalistes, il a qualifié l'épisode récent de spectacle « dantesque » et de « vaudeville », et a appelé les partis de gauche à ne pas se détruire mutuellement pendant la campagne. Il a assumé la responsabilité personnelle d'un projet qui n'a pas pu aboutir et a déclaré qu'il pense à renoncer chaque jour. Il a ajouté que son devoir est de rester tant qu'il existe une chance minimale que quelqu'un vote pour lui. Il a déploré l'issue en ces termes :
Je pensais pouvoir forcer la main des directions des partis et les entraîner vers le bon sens, mais je n'ai pas réussi.
Peu d'espoirs avant la date limite
Alors que le délai de dépôt des coalitions expirait tard le 16 octobre, Rufián a déclaré qu'il restait peu d'espoirs de parvenir à tous les accords possibles, tout en appelant les dirigeants des partis à continuer d'essayer jusqu'au bout. Il a dit qu'il aimerait un véritable front large en Catalogne et à Madrid, et a estimé que la liste madrilène était la même qu'auparavant sous un autre nom. Il a qualifié d'irresponsable la convocation anticipée des élections par Pedro Sánchez et a déclaré qu'elle avait pris tout le monde de court. Il a averti que les partis risquaient de se nuire mutuellement pendant la campagne :
S'entre-tuer, ou me tuer, ne sert pas à grand-chose.
Son objectif déclaré est que le PSOE gouverne à nouveau, ce qui, selon lui, exige que la gauche évite de se nuire. Il a également eu des mots bienveillants pour des personnalités comme Irene Montero et Ada Colau et a promis de ne critiquer ni attaquer personne.
Entretien à Rac1 et direction d'ERC
Dans un entretien accordé à Rac1, rapporté par Europa Press, Rufián a déclaré qu'il avait failli renoncer le 15 octobre. Il a dit avoir tenté de construire une candidature antifasciste unique pour les militants d'ERC et les citoyens ordinaires, et non pour les responsables des permanences des partis. Il a affirmé que la direction d'ERC sous Oriol Junqueras ne croyait pas qu'il pourrait mobiliser autant de personnes. Il a également averti que Santiago Abascal s'en prendrait à ERC s'il devenait ministre de l'Intérieur. Rufián a déclaré que Pedro Sánchez avait convoqué les élections anticipées pour protéger ce qu'il a appelé sa position électorale personnelle.
Un patchwork d'accords régionaux
L'échec de Rufián s'inscrit dans une carte fragmentée des alliances de gauche. Aux Canaries, la gauche régionaliste, Frente Amplio et Podemos sont parvenus à un accord. En Andalousie, Adelante Andalucía, Frente Amplio et Podemos se présenteront séparément. Aux îles Baléares et en Aragon, la gauche régionaliste et Frente Amplio se sont unies sans Podemos, qui en Aragon se présentera seul. Dans la Communauté valencienne, Compromís et Podemos font liste commune, avec une possible jonction de Frente Amplio. En Catalogne, Podemos et ERC se présenteront ensemble après un accord entre Podemos et Rufián, bien que l'effort plus large d'unification de la gauche ait échoué, selon Rufián lui-même.

