Ségolène Royal critique Raphaël Glucksmann avant la primaire sociale-démocrate française
Ségolène Royal a comparé l'eurodéputé Raphaël Glucksmann à un stagiaire dirigeant une entreprise dans un entretien trois semaines avant le vote de la primaire des 9 et 10 octobre 2026.
Attaque contre les compétences de Glucksmann
L'ancienne ministre et candidate socialiste à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, a lancé une critique directe contre l'eurodéputé Raphaël Glucksmann avant la prochaine primaire sociale-démocrate, remettant en question sa préparation exécutive pour une fonction d'État. Dans un entretien publié dimanche 20 septembre 2026 dans Libération, Royal a affirmé qu'élire Glucksmann à la présidence reviendrait à placer un stagiaire à la tête d'une entreprise. Elle a soutenu que la gouvernance nationale exige une expérience professionnelle substantielle ou un bilan démontré de direction d'administration publique.
Pour diriger un pays, il faut d'abord avoir un métier. Ou avoir dirigé au moins une collectivité locale ou une structure d'État et obtenu des résultats concrets positifs.
Expérience et comparaison avec Macron
En abordant les différences entre les candidats, Royal a souligné sa propre trajectoire politique dans des rôles exécutifs à plusieurs niveaux de gouvernement.
Femme socialiste, je me suis prouvée dans l'exercice difficile du commandement démocratique local, national et international.
Elle a averti que choisir Glucksmann représenterait une voie dangereuse pour le pays, comparant son profil à celui du président Emmanuel Macron. Selon Royal, la gouvernance de Macron et sa méconnaissance de la France provinciale ont généré des conflits sociaux, du mépris et un déclin national que les électeurs sont impatients d'éviter. Royal a déclaré qu'elle fait campagne pour une France apaisée, sans brutalité ni cynisme, où les griefs sociaux sont gérés de manière proactive par l'écoute, la sagesse et l'humilité.
C'est dangereux. Les Français veulent des responsables expérimentés qui ont des bilans positifs. Ils ne veulent pas recommencer comme avec Macron et sa méconnaissance du peuple et de la France profonde, qui nous a conduits à tant de brutalité, tant de mépris, et au déclin.
Division stratégique et alliances primaires
Royal a exposé deux stratégies politiques divergentes actuellement en compétition dans la primaire sociale-démocrate, identifiant sa propre plateforme comme mitterrandiste. Selon ce modèle, la gauche rassemble son socle électoral au premier tour de l'élection présidentielle sans sectarisme, avant d'élargir sa coalition sur cette base au second tour. Elle a opposé cela à une approche concurrente qui tente d'attirer les voix du centre et de la droite dès le premier tour. Royal a affirmé que cette ligne alternative mènerait finalement à des alliances au premier tour avec des figures macronistes en échange de postes ministériels et de circonscriptions législatives pour faire barrage à La France Insoumise.
- Ségolène Royal atteint le second tour de la présidentielle comme candidate du Parti socialiste et perd face à Nicolas Sarkozy
- Ségolène Royal critique les compétences exécutives de Raphaël Glucksmann dans un entretien à Libération
- Le premier tour de vote est prévu dans la primaire sociale-démocrate
Champ des candidats et calendrier de la primaire
Royal a averti que les sociaux-démocrates mous faisant des propositions libérales pour courtiser la droite s'effondreront, prédisant qu'un tel échec entraînerait la disparition du Parti socialiste et créerait une voie directe vers le pouvoir pour la dirigeante du Rassemblement national, Marine Le Pen. La confrontation intervient trois semaines avant le premier tour de la primaire, prévu les 9 et 10 octobre 2026. Royal, qui a atteint le second tour de la présidentielle de 2007 avant d'être battue par Nicolas Sarkozy, fait face à quatre autres concurrents dans la course : Glucksmann, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, le député socialiste Jérôme Guedj, et le leader de Gauche républicaine et socialiste Emmanuel Maurel.


