
Le roi Felipe VI déclare que l'État doit « garantir la sécurité » alors que l'UE convoque une réunion de crise sur les arrivées à Ceuta
Plus de 50 000 personnes ont rejoint l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc en deux jours, faisant des dizaines de morts. Le roi d'Espagne a exprimé son indignation et l'Irlande a annoncé une visioconférence mardi des ministres de l'Intérieur de l'UE.
Arrivée massive et bilan meurtrier
Plus de 50 000 personnes sont entrées à Ceuta depuis le Maroc entre jeudi et vendredi, pour la plupart de jeunes hommes qui ont traversé la frontière à la nage. Les autorités espagnoles indiquent qu'environ 48 000 personnes sont déjà reparties, mais ces traversées ont coûté la vie à des dizaines de personnes en mer. Le gouvernement a déployé des renforts de police, de la Garde civile et de l'armée et, samedi, avait déclaré la situation pratiquement sous contrôle.
Le roi sort de son silence
Samedi, le roi Felipe VI a publié une déclaration depuis sa résidence d'été à Palma de Majorque. Il a déclaré avoir suivi les événements avec « une grande inquiétude et indignation » et les a qualifiés de « graves ».
L'État doit garantir leur sécurité et empêcher que ces événements, qui ont en outre entraîné la perte triste et tragique de dizaines de vies, ne se reproduisent jamais.
Le monarque a souligné la nécessité de mesures montrant à Ceuta et Melilla « le soutien et l'affection du reste de l'Espagne ». Son message est intervenu après que le gouvernement a rétabli la normale et après des jours de conversations avec le Premier ministre, le chef de l'opposition et les présidents des deux villes autonomes.
Divisions au sein de l'UE et discussions d'urgence
La crise a provoqué de vives divisions au sein de l'Union européenne. L'Italie a suspendu sa coopération Schengen avec l'Espagne, tandis que le Danemark et la Finlande ont ouvertement discuté d'un retrait temporaire des accords de libre circulation avec Madrid. Dans une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le Premier ministre Pedro Sánchez a critiqué des gouvernements de l'UE non nommés pour ce qu'il a appelé des réactions « égoïstes, polarisantes et illégales » et a demandé une réunion urgente des ministres de l'Intérieur.
- Des milliers de jeunes Marocains commencent à traverser la frontière à la nage pour entrer à Ceuta.
- Le nombre total d'arrivées dépasse 50 000 ; des dizaines de personnes se noient. L'Espagne renforce sa frontière sud.
- Le gouvernement déclare la situation sous contrôle. Le roi Felipe VI publie une déclaration. Une visioconférence de l'UE est annoncée.
- Réunion d'urgence des ministres de l'Intérieur de l'UE par visioconférence.
L'Irlande, qui assure la présidence tournante, a confirmé que les ministres de l'Intérieur tiendront une visioconférence mardi. Vingt-trois États membres, dont l'Italie et le Danemark, ont soutenu la demande de discussions. Micheál Martin, le Premier ministre irlandais, a déclaré que l'UE était « en contact étroit avec tous les États membres et institutions ».
Contacts politiques nationaux
Selon la maison royale, Felipe VI est en contact depuis jeudi avec le Premier ministre Pedro Sánchez, le chef de l'opposition Alberto Núñez Feijóo, le président de Ceuta Juan Jesús Vivas et le président de Melilla Juan José Imbroda. Des sources de Zarzuela ont indiqué que le roi a transmis des « mots d'encouragement et de fermeté » à tous. Feijóo s'est rendu à Ceuta samedi, et le gouvernement et le monarque ont cherché à projeter une unité institutionnelle. Le roi n'a jamais visité Ceuta ni Melilla durant son règne, une politique héritée de Juan Carlos Ier, et n'a eu aucun contact avec Mohammed VI du Maroc durant la semaine.


