
La Grèce réussit le test de résistance de la dette du MES, seul pays de la zone euro à voir sa dette baisser dans un scénario défavorable
Le scénario défavorable du Mécanisme européen de stabilité prévoit une baisse de la dette publique grecque d'ici 2035, tandis que tous les autres membres de la zone euro, à l'exception de Chypre, voient leurs charges augmenter, selon un nouveau rapport.
Test de résistance du MES
Le Mécanisme européen de stabilité a publié son rapport Euro Area Stability Watch le 26 juillet 2026, évaluant les risques macroéconomiques et financiers pour la zone euro. L'analyse se concentre sur un scénario défavorable sévère qui combine une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient, une hausse des prix de l'énergie et une forte baisse simultanée des marchés boursiers et obligataires américains. Les investisseurs européens subiraient également des pertes dues au repli des actifs américains.
Mécanismes du scénario défavorable
Chacun des deux chocs représenterait à lui seul un défi sérieux, note le rapport. Ensemble, ils plongeraient l'économie de la zone euro en récession, avec un PIB en contraction de 0.4% en 2027. L'inflation des prix à la consommation atteindrait en moyenne 3.4% cette année-là, s'approchant temporairement de 5%. Le MES cartographie ensuite l'impact sur les positions budgétaires des États membres et les marchés obligataires publics sans aucun changement de politique.
Trajectoires de la dette sous stress
Dans ce scénario de base défavorable, la dette publique augmenterait dans tous les pays de la zone euro d'ici 2035 à deux exceptions près : la Grèce et Chypre, où elle continuerait de baisser. Le ratio de dette de l'ensemble de la zone euro serait finalement supérieur d'environ 20 points de pourcentage à celui du scénario de base du MES, qui est aligné sur les dernières prévisions de la Commission européenne. Le rapport souligne l'ampleur de l'ajustement budgétaire réalisé par la Grèce ces dernières années.
Perspectives de base pour la zone euro
Même dans le scénario principal, le MES prévoit que la dette publique de la zone euro augmentera au cours de la prochaine décennie, passant de près de 90% du PIB en 2025 à 103%. La détérioration est due au vieillissement démographique, à la hausse des dépenses de défense à 3.5% du PIB, à l'augmentation des coûts d'emprunt et à une croissance constamment atone. La Grèce, ainsi que d'autres pays ayant participé aux programmes du MES au cours de la décennie précédente, devrait continuer à réduire son fardeau de la dette. Le Fonds monétaire international et les agences de notation prévoient également une nouvelle baisse significative de la dette grecque, selon le rapport.
Les données du T1 2026 montrent déjà une divergence
Les chiffres d'Eurostat publiés parallèlement au rapport confirment la tendance. Au premier trimestre 2026, la Grèce a enregistré la plus forte baisse en glissement annuel de la dette publique au sein de la zone euro, passant de 152.9% du PIB à 143.5%, soit une diminution de 9.4 points de pourcentage. Sur la même période, le ratio de dette agrégé de la zone euro a augmenté, passant de 87.2% à 88.9%.
- Grèce
- -9.4 points de pourcentage
- Zone euro
- 1.7 points de pourcentage

