
Le cabinet néerlandais dévoile un projet de loi élargissant les pouvoirs de renseignement contre les adversaires étrangers
Le gouvernement néerlandais a présenté une législation autorisant les services de renseignement à pirater et surveiller des adversaires étrangers désignés pendant une durée maximale d'un an sans approbation judiciaire préalable.
Le gouvernement présente une nouvelle législation sur le renseignement
Le 28 août 2026, le cabinet néerlandais a approuvé un nouveau projet de loi sur le renseignement et l'a soumis à une consultation publique en ligne. Présenté conjointement par la ministre de la Défense Dilan Yeşilgöz et le ministre de l'Intérieur Pieter Heerma, ce texte vise à remplacer la loi de 2017 sur les services de renseignement et de sécurité ainsi que les mesures temporaires introduites en 2024. Le gouvernement a déclaré que des outils juridiques actualisés sont nécessaires pour contrer l'espionnage persistant et les cyberopérations menées par des États étrangers, citant nommément la Russie, la Chine et l'Iran, ainsi que des groupes terroristes comme l'État islamique. Les ministres ont noté que les adversaires étrangers ont déployé l'intelligence artificielle et ciblé les infrastructures néerlandaises, évoquant des intrusions informatiques contre le ministère de la Défense et la police nationale.
Suppression de l'approbation opérationnelle préalable
Le mécanisme central du projet de loi réduit l'obligation pour le Service général du renseignement et de la sécurité (AIVD) et le Service du renseignement et de la sécurité militaires (MIVD) d'obtenir une approbation préalable avant de mener des opérations de surveillance individuelles. Une fois qu'une entité ou une agence étrangère est officiellement désignée comme adversaire évident, les agents du renseignement peuvent mettre sur écoute, pirater ou mener des sabotages contre des cibles affiliées pendant une période pouvant aller jusqu'à un an sans mandats préalables distincts. Le gouvernement fait valoir que les exigences précédentes permettaient à des acteurs malveillants de changer d'infrastructure serveur avant que les autorisations ne puissent être traitées.
Les services reçoivent plus de pouvoirs pour répondre plus rapidement et de manière plus ciblée aux adversaires évidents. Mais le superviseur continue de surveiller.
L'examen indépendant des opérations contre les adversaires évidents passera à des évaluations rétrospectives et continues, bien que l'autorisation préalable reste obligatoire pour l'interception massive de données. Selon le projet de loi, deux organismes de régulation existants fusionneront en une seule entité, le Collège d'évaluation et de surveillance (CTT), qui fonctionnera avec moins de membres tout en accordant aux agences de renseignement des droits élargis pour faire appel des décisions réglementaires.
- La loi sur les services de renseignement et de sécurité entre en vigueur après un référendum public
- Législation temporaire adoptée pour élargir les pouvoirs face aux cybermenaces et menaces géopolitiques émergentes
- Le gouvernement approuve un projet de loi sur le renseignement de sécurité nationale et ouvre une consultation publique en ligne
Cession obligatoire de données et coopération institutionnelle
Le projet de loi étend l'autorité des services de renseignement à exiger des données des organisations publiques et privées. Les entreprises exploitant des plateformes en ligne, les institutions financières et les universités seront légalement tenues de remettre les informations personnelles demandées, le non-respect pouvant entraîner des peines d'emprisonnement pour les dirigeants d'entreprise, les fonctionnaires et les administrateurs système. Les responsables gouvernementaux ont déclaré que cette base légale permettra des vérifications ciblées, contrastant avec un plan précédent du précédent cabinet visant à filtrer 8 000 chercheurs et étudiants étrangers dans les universités néerlandaises, qui s'est avéré irréalisable sous l'ancien cadre.
Ce qui nous distingue des ennemis, c'est que nous sommes une démocratie, que nous avons un État de droit et que nous mettons en place des garanties. Cela reste.
En plus des demandes de données externes, la loi établit des mécanismes pour une coordination opérationnelle plus étroite entre les agences de renseignement et les entités nationales, notamment la police nationale, les forces armées, l'administration fiscale et la Cellule de renseignement financier des Pays-Bas.
Préoccupations en matière de vie privée et pouvoirs d'urgence
Les défenseurs des droits civiques et d'anciens responsables de la surveillance ont exprimé leurs inquiétudes concernant la réduction des contrôles juridiques préalables et l'élargissement de la collecte de données sur les citoyens. La fondation pour les droits numériques Bits of Freedom a cité d'anciens rapports de régulation constatant des lacunes dans la manière dont l'AIVD et le MIVD gèrent de grands ensembles de données. L'ancien employé du renseignement et responsable de la régulation Bert Hubert a remis en question la nécessité de démanteler l'examen préalable, déclarant que les procédures d'urgence permettent déjà une action rapide dans le cadre des règles existantes.
Nous observons une tendance depuis la loi de 2017 selon laquelle les services collectent des données à une échelle toujours plus grande et que la surveillance diminue.
La législation intègre également des dispositions relatives à l'état d'urgence, accordant aux agences de renseignement une large liberté opérationnelle sans contraintes légales habituelles lors d'événements extraordinaires, tels que des conflits armés de grande envergure, sous réserve de l'approbation parlementaire. Les commentaires du public sur le projet de proposition sont recueillis via la plateforme nationale de consultation en ligne.


