
L'épidémie d'Ebola en RDC dépasse 500 morts alors que la souche Bundibugyo se propage en Ouganda et en France
La République démocratique du Congo a enregistré 506 décès et 1 561 cas confirmés dans sa 17e épidémie d'Ebola, causée par la rare souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin n'existe. Des cas ont été détectés en Ouganda et en France, tandis qu'un essai clinique de deux traitements a débuté la semaine dernière.
Ampleur de l'épidémie et bilan
Au 4 juillet, le ministère congolais de la Communication et des Médias a fait état de 506 décès et 1 561 infections confirmées, avec un taux de létalité national de 32,4 %. Environ 628 patients restent en isolement ou en soins hospitaliers, tandis que 253 ont guéri. Les équipes de traçage des contacts surveillent quotidiennement des milliers de contacts, atteignant un taux de traçage de 81,6 %.
La réponse se consolide grâce au renfort logistique et à l'engagement communautaire.
La souche Bundibugyo et les défis thérapeutiques
Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola en RDC, officiellement déclarée le 15 mai dans la province de l'Ituri. Elle est causée par le virus Bundibugyo, une souche rare pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique approuvé. L'Organisation mondiale de la santé estime que le virus circulait en Ituri depuis environ deux mois avant la déclaration. Le 17 mai, l'OMS a classé l'épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale.
Il n'existe actuellement aucun traitement ou vaccin approuvé spécifique à la souche Bundibugyo.
Un essai clinique de deux thérapies antivirales a débuté le 2 juillet, et l'OMS a accordé une autorisation d'utilisation d'urgence pour le premier test de diagnostic moléculaire du virus.
Propagation géographique et impact régional
L'épicentre est la ville minière de Mongbwalu en Ituri, où le taux de létalité atteint 50,7 %, ce qui suggère des difficultés persistantes dans la prise en charge précoce. Le virus s'est propagé aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où des groupes armés, dont le M23, contrôlent de vastes zones. Au Nord-Kivu, le taux de mortalité est de 57,4 %, bien supérieur à la moyenne nationale.
- RDC (national)
- 32.4 %
- Mongbwalu, Ituri
- 50.7 %
- Nord-Kivu
- 57.4 %
L'Ouganda voisin a confirmé 20 cas, dont 15 importés de RDC, et deux décès. La France a signalé son premier cas positif, un médecin revenant d'une mission en RDC, qui a depuis guéri et a pu sortir de l'hôpital. Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont exprimé leurs inquiétudes après que plusieurs patients positifs se sont enfuis des centres d'isolement.
Contexte historique
L'épidémie actuelle est déjà la troisième plus meurtrière jamais enregistrée. Elle n'est dépassée que par l'épidémie d'Afrique de l'Ouest de 2014-2016 (environ 11 000 morts et 28 000 cas) et l'épidémie de 2018-2020 dans l'est de la RDC (2 299 morts et 3 481 cas). La RDC, qui a mis fin à sa dernière épidémie d'Ebola en décembre 2025 au Kasaï, est considérée comme le pays le plus expérimenté au monde dans la gestion du virus, ayant fait face à plus d'une douzaine d'épidémies depuis 1976.
- Le virus commence à circuler en Ituri, selon l'OMS
- Déclaration officielle de l'épidémie dans la province de l'Ituri
- L'OMS déclare une urgence de santé publique de portée internationale
- Début de l'essai clinique de deux traitements
- Le bilan cumulé atteint 506 morts et 1 561 cas
- La France confirme un premier cas, le patient a guéri


