
Le PIB espagnol accélère à 0,7 % au T2, l'inflation atteint 3,5 % en juillet
La consommation des ménages et l'investissement ont porté une expansion trimestrielle de 0,7 %, tandis que les coûts des carburants et de l'électricité ont poussé les prix à la consommation à leur plus haut niveau depuis mai 2024.
La croissance du PIB s'accélère
L'économie espagnole a progressé de 0,7 % au deuxième trimestre 2026 par rapport aux trois mois précédents, après 0,6 % au premier trimestre, selon les données préliminaires de la comptabilité nationale publiées jeudi par l'INE. Sur un an, le PIB a augmenté de 2,7 %, stable par rapport au premier trimestre. La croissance cumulée pour le premier semestre atteint 2,2 %, mettant l'économie sur la voie de l'objectif gouvernemental de 2,6 % pour l'ensemble de l'année. La consommation des ménages a augmenté de 0,7 % sur un trimestre et de 3,2 % sur un an, tandis que la formation brute de capital fixe a progressé de 0,4 % sur un trimestre et de 5,1 % sur un an. Au sein de l'investissement, les dépenses en produits de propriété intellectuelle ont bondi de 7,7 % et la construction a avancé de 5,2 %.
L'inflation tirée par les coûts de l'énergie
Les prix à la consommation sont montés à 3,5 % en juillet, trois dixièmes de plus que les 3,2 % enregistrés en juin, soit le taux le plus élevé depuis mai 2024. L'INE attribue cette hausse à l'augmentation des prix des carburants et lubrifiants pour véhicules, ainsi que de l'électricité, reflétant en partie la fin de la réduction de la TVA sur les carburants. L'inflation sous-jacente, qui exclut l'énergie et l'alimentation non transformée, a augmenté d'un dixième à 3 %. Sur un mois, l'IPC a augmenté de 0,2 %, après une hausse de 0,6 % en juin, mais prolongeant une série de six mois de hausses consécutives. L'indice des prix à la consommation harmonisé a également augmenté de deux dixièmes sur un an.
Les mesures gouvernementales amortissent le choc
Le plan de réponse du gouvernement aux conséquences économiques de la guerre en Iran a contribué à absorber le choc externe. Le ministère de l'Économie estime que les mesures ont réduit l'inflation d'un point de pourcentage en moyenne ces derniers mois, amortissant plus de 60 % de la hausse des prix déclenchée par le conflit. Les réductions sur les carburants dans les stations-service restent en vigueur. Le bouclier anti-crise, lancé en mars, a été reformulé en juillet avec une clause permettant un retrait progressif des aides au cours de l'été, à condition qu'il n'y ait pas de nouvelles poussées inflationnistes.
Nous restons dans un contexte international complexe, marqué par la guerre en Iran, dont la pression sur les carburants a poussé l'inflation à 3,5 % en juillet, soit trois dixièmes de plus. Cependant, les réductions sur les carburants dans les stations-service restent en vigueur.
Le marché du travail soutient la consommation
L'emploi a continué de soutenir les dépenses des ménages. Pour le sixième trimestre consécutif, la création annuelle d'emplois a dépassé le demi-million de postes. En données corrigées des variations saisonnières, plus de 22,6 millions de personnes étaient employées, et le taux de chômage est passé sous les 10 %, son niveau le plus bas depuis 2008. Le ministère de l'Économie a noté que la qualité des emplois s'améliore en même temps que leur quantité.
Freins internationaux et perspectives
La croissance espagnole continue de dépasser celle des principales économies de la zone euro, selon les organisations internationales, malgré les pressions externes. La guerre en Iran et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite un tiers du commerce mondial de gaz et de pétrole, ont maintenu la volatilité des marchés de l'énergie. Un cessez-le-feu conclu en juin entre Téhéran et Washington s'est effondré après quelques semaines, ravivant les hostilités et maintenant une pression à la hausse sur les prix. Avec un effet de report déjà de 2,2 % sur l'année, l'Espagne reste en bonne voie pour atteindre l'objectif de croissance de 2,6 % fixé par le gouvernement, même si la persistance de l'inflation au-dessus de l'objectif de 2 % de la Banque centrale européenne et la trajectoire incertaine du conflit présentent des risques.


