
L'écrivain hongrois et candidat au Nobel Péter Nádas meurt à 83 ans à Gombosszeg
L'écrivain hongrois Péter Nádas, connu pour ses romans monumentaux dont *Histoires parallèles* et *Un livre de mémoires*, est mort à son domicile de Gombosszeg mercredi matin à l'âge de 83 ans.
Décès à Gombosszeg
Le romancier hongrois Péter Nádas est mort mercredi 26 août 2026 à 8 heures du matin à son domicile de la commune hongroise de Gombosszeg, dans le comitat de Zala, dans le sud-ouest du pays. Il avait 83 ans. Un porte-parole de son éditeur budapestois, Sárközy és társai, a confirmé son décès à l'agence Deutsche Presse-Agentur, citant des informations de sa famille. Nádas vivait à Gombosszeg depuis des décennies dans une retraite rurale avec son épouse, Magda Salamon. Sa mort clôt une carrière littéraire qui a traversé près de six décennies de littérature européenne d'après-guerre.
- Naissance à Budapest pendant la Shoah alors que ses parents étaient cachés
- Quitte le journalisme d'un quotidien budapestois pour se consacrer à la fiction
- Passe un an à Berlin-Ouest grâce à une bourse du DAAD
- Publie *Un livre de mémoires* en hongrois après douze ans d'écriture
- Publie le roman en trois volumes *Histoires parallèles* en 39 chapitres
- Devient membre élu de l'Académie des arts de Berlin
- Meurt à 83 ans à son domicile de Gombosszeg
Jeunesse et censure d'État
Nádas est né le 14 octobre 1942 à Budapest alors que ses parents, des communistes juifs, vivaient cachés avec de faux papiers pendant la Shoah. Sa famille évoquait rarement son identité juive, et son enfance fut marquée par un isolement précoce et des deuils. Sa mère mourut de maladie alors qu'il avait 13 ans, et son père se suicida trois ans plus tard. Après des études de chimie, Nádas se forma dans un studio de photographie et travailla comme photoreporter pour un magazine féminin avant de rejoindre un quotidien budapestois entre 1965 et 1969.
À onze ans, j'ai commencé à écrire.
Il démissionna du journalisme en 1968 pour se consacrer à la fiction, mais ses premières publications se heurtèrent à une vive opposition des autorités communistes. Les censeurs socialistes bloquèrent à plusieurs reprises la parution de son premier roman, Fin d'un roman de famille, le contraignant à des années de rédaction méticuleuse et privée.
Prose monumentale et reconnaissance internationale
Nádas développa une approche narrative exigeante, reposant sur des périodes d'écriture de dix ans et des structures amples. Il travailla près de douze ans à Un livre de mémoires, paru en hongrois en 1985 et publié en allemand en 1991 sur près de 1 300 pages. Il consacra ensuite 17 ans à la composition d'Histoires parallèles, une œuvre de 2005 comptant 39 chapitres répartis en trois volumes et s'étendant sur plus de 1 700 pages dans son édition allemande.
décrire des souvenirs, un peu comme Plutarque, des souvenirs parallèles de différentes personnes à différentes époques, et les différentes personnes seraient toutes moi, sans que je sois vraiment elles.
Son projet autobiographique ultérieur, Détails illuminés, parut en allemand en 2017 avec près de 1 300 pages détaillant son enfance sous la Shoah et la répression stalinienne. En 2025, Der Spiegel inclut Histoires parallèles dans son canon de cent ans de littérature mondiale.
- Un livre de mémoires
- 1300 pages
- Histoires parallèles
- 1700 pages
- Détails illuminés
- 1300 pages
Liens européens et contexte politique
La reconnaissance internationale arriva après la chute du bloc de l'Est, ancrée par de solides liens avec l'Allemagne. Après une bourse du DAAD à Berlin-Ouest en 1981, Nádas entretint des relations étroites avec les institutions littéraires allemandes et déposa ses archives personnelles à l'Académie des arts de Berlin, dont il était membre depuis 2006. Il était fréquemment considéré comme le principal candidat hongrois au prix Nobel de littérature, un honneur attribué à Imre Kertész en 2002 et à László Krasznahorkai en 2025.
Quoi ? Moi ? Et pas Nádas ?
Bien que Nádas eût salué la fin du communisme en 1989 dans l'espoir que la littérature ne servirait plus de substitut politique, il resta engagé dans la direction politique de la Hongrie depuis sa retraite villageoise, notamment lors de la défaite parlementaire de Viktor Orbán le 12 avril 2026. Parmi ses dernières œuvres publiées figurent le roman Histoires effrayantes et un volume d'essais dédié à ses amis disparus.


