
García-Page dénonce les grâces pour corruption comme un 'chantaje independentista', le PP crie au deux poids deux mesures
Le président de Castille-La Manche, Emiliano García-Page, a rompu avec le gouvernement Sánchez mercredi, affirmant que la grâce partielle de l'ancienne présidente du Parlement catalan Laura Borràs nuisait à la crédibilité dans la lutte contre la corruption, tandis que le leader régional du PP, Paco Núñez, l'a accusé d'ignorer une grâce similaire pour un ancien maire socialiste.
Les grâces
Le mardi 28 juillet, le Conseil des ministres espagnol a approuvé cinq grâces partielles. L'une d'elles concernait Laura Borràs, l'ancienne présidente du Parlement catalan et dirigeante du parti indépendantiste Junts. Borràs a été condamnée en 2023 pour prévarication continue et falsification de documents pour avoir irrégulièrement fractionné des contrats alors qu'elle dirigeait l'Institution des Lettres catalanes avant d'entrer en politique. La peine a été commuée pour éviter l'emprisonnement. Parmi les autres bénéficiaires figuraient le gestionnaire culturel Natalio Grueso et l'ancien maire socialiste de Linares, Juan Fernández, également condamnés pour corruption.
La critique de Page
Le lendemain matin, Emiliano García-Page, le président socialiste de Castille-La Manche, a rompu la discipline du parti lors d'une interview sur Cadena SER. Il a soutenu que la mesure sapait la confiance du public.
Vraiment, maintenant, avec ce qui nous tombe dessus en matière de corruption, gagnons-nous en crédibilité en graciant des personnes condamnées pour corruption ?
Page a insisté sur le fait que la corruption ne devrait jamais être graciée, quelle que soit l'affiliation politique, affirmant qu'il ne faisait aucune distinction entre les politiciens du PP, du PSOE ou indépendantistes. Il a décrit la grâce comme le résultat d'un « chantage séparatiste » et a critiqué le gouvernement pour l'avoir annoncée tardivement, « en secret, alors que la moitié du pays se préparait déjà pour les vacances d'été ». Il a qualifié le moment de « douloureux » et a ajouté que la décision était intervenue après des mois d'avertissements internes selon lesquels une série de scandales judiciaires érodait la crédibilité du PSOE.
Accusation de deux poids deux mesures
Paco Núñez, le leader du PP en Castille-La Manche, a saisi ces remarques pour accuser Page de deux poids deux mesures. Il a souligné que tandis que Page condamnait bruyamment la grâce de Borràs, il restait silencieux sur la grâce de Juan Fernández, un ancien maire socialiste condamné pour corruption.
S'il était vraiment contre les grâces pour corruption, il les condamnerait toutes, sans tenir compte de la carte politique du bénéficiaire. Ce qu'il ne peut pas faire, c'est s'indigner quand cela touche un dirigeant indépendantiste et se taire quand cela touche un maire socialiste.
Núñez a qualifié la critique de Page d'« écran de fumée », arguant que le président régional fait régulièrement des déclarations spectaculaires contre Pedro Sánchez tandis que ses députés au Congrès votent en parfaite harmonie avec le gouvernement. « Voilà le vrai Page, pas celui qui essaie de se construire un personnage devant les caméras », a-t-il déclaré.
Remarques sur le climat
Dans la même interview, Page a également abordé la série d'incendies de forêt qui frappent l'Espagne. Il a qualifié le climat de « capricieux » et a averti que ceux qui relativisent ou nient le changement climatique « nient l'intelligence humaine ». Il a décrit un pacte climatique national comme irréaliste compte tenu de l'atmosphère politique toxique, mais a insisté sur le fait que « nous devons mettre le pied à terre » contre le déni.
- Laura Borràs condamnée pour prévarication et falsification de documents.
- Le Conseil des ministres accorde une grâce partielle à Borràs et quatre autres.
- Emiliano García-Page critique la grâce dans une interview à Cadena SER.
- Paco Núñez (PP) accuse Page de deux poids deux mesures à propos de la grâce du maire socialiste.


