
Le gouvernement catalan signe un pacte industriel de 5 milliards d'euros avec les employeurs et les syndicats pour retrouver son leadership économique
Salvador Illa a scellé lundi un troisième Pacte Nacional per a la Indústria, engageant jusqu'à 5 milliards d'euros d'ici 2030 pour inverser deux décennies de déclin manufacturier, former des milliers de travailleurs et positionner la Catalogne comme un leader technologique en Europe.
La cérémonie de signature
Le président Salvador Illa, entouré de dirigeants d'entreprises et de syndicats, a signé le Pacte Nacional per a la Indústria 2026‑2030 au port de Barcelone, symbole de la puissance exportatrice de la Catalogne. Le document rassemble 190 mesures et un financement public initial de 4,5 milliards d'euros. Toutes les parties se sont engagées à porter cette enveloppe à 5 milliards d'euros selon les disponibilités budgétaires. Le conseiller à l'Entreprise et au Travail, Miquel Sàmper, a qualifié le pacte d'instrument "vivant" capable de s'adapter aux chocs géopolitiques et à l'incertitude économique.
La Catalogne ne peut être comprise sans son industrie. Elle fait partie de notre histoire.
La répartition des fonds
Les infrastructures captent un euro sur trois. La feuille de route réserve 712,5 millions d'euros à de grands projets tels que les nouveaux accès au port de Tarragone, les travaux sur l'autoroute AP‑7 et les améliorations sur la C‑17. Par ailleurs, 66,3 millions d'euros moderniseront les transports publics au sein des zones industrielles, et 22,3 millions d'euros permettront de construire de nouveaux hangars à l'aéroport de Lleida‑Alguaire pour attirer des entreprises aérospatiales. Une enveloppe distincte de 180 millions d'euros, gérée par le Service catalan de l'emploi, sera consacrée à la reconversion des demandeurs d'emploi via des programmes adaptés aux besoins de chaque comté.
Cinq secteurs prioritaires
La stratégie cible les semi-conducteurs, l'intelligence artificielle, l'agroalimentaire, l'industrie automobile et la construction industrialisée. Miquel Sàmper a également mis en avant la défense, les véhicules électriques et la candidature pour une gigafactory à Móra la Nova. Le plan s'aligne sur les recommandations du rapport Draghi en faveur d'une réindustrialisation verte et numérique, visant à accroître la valeur ajoutée de l'industrie, augmenter les dépôts de brevets et accélérer la transition énergétique.
- 2006
- 20 %
- 2016
- 18.1 %
- 2026
- 17.2 %
Une empreinte industrielle en recul
L'industrie contribue actuellement à 17,2 % de la valeur ajoutée brute de la Catalogne, contre 18,1 % il y a dix ans et près de 20 % il y a vingt ans. Le secteur laisse 15 000 emplois vacants chaque année en raison d'une pénurie de candidats qualifiés, selon une étude de KPMG citée par le gouvernement. Pour combler ce déficit de compétences, le pacte mise sur la formation professionnelle (ce que Miquel Sàmper a décrit comme une "formation professionnelle duale et prestigieuse" du type de celles qui soutiennent les grandes économies) et sur le réinvestissement dans des secteurs traditionnels comme le textile.
- Premier Pacte Nacional per a la Indústria signé sous le président Carles Puigdemont
- Deuxième pacte signé sous le président Pere Aragonès
- Troisième pacte signé sous le président Salvador Illa
Consensus social
Le président de Foment del Treball, Josep Sánchez Llibre, a salué le pacte comme un générateur de "plus grande valeur ajoutée" et un outil pour attirer les talents. Le président de Pimec, Antoni Cañete, a déclaré que l'accord "sera plus connecté à la réalité de la Catalogne" et a loué l'ampleur du consensus. Le secrétaire général de l'UGT, Camil Ros, a célébré la continuité de la politique industrielle et l'inclusion du secteur agroalimentaire, affirmant qu'il ne s'agit pas d'une "industrie de seconde zone".
Nous voulons redevenir la locomotive de l'Espagne et de l'Europe.


