
L'Iran ferme le détroit d'Ormuz alors que les négociateurs se rendent en Suisse ; Trump menace de péage en l'absence d'accord sous 60 jours
L'Iran a annoncé samedi la fermeture du détroit stratégique d'Ormuz, quelques heures avant le départ de ses négociateurs pour la Suisse, où des discussions techniques avec les États-Unis doivent débuter dimanche. Le président Trump a répondu en fixant un délai de 60 jours pour un accord définitif, faute de quoi il imposerait un péage sur cette voie maritime.
Fermeture du détroit et menace de péage de Trump
Le commandement militaire conjoint iranien a annoncé samedi la fermeture du détroit d'Ormuz, invoquant les attaques israéliennes au Liban et ce qu'il a qualifié de « mauvaise foi » des États-Unis pour ne pas avoir mis fin à la guerre. La télévision d'État a averti que « si l'agression se poursuit, d'autres mesures ont été planifiées ». Peu après, le président Trump a menacé sur les réseaux sociaux d'imposer un péage sur cette voie maritime cruciale, à moins qu'un accord définitif ne soit conclu sous 60 jours, qualifiant cette somme de compensation pour « services rendus en tant qu'ange gardien des pays du Moyen-Orient ». L'accord provisoire signé à Islamabad le 17 juin autorisait un transit sans péage pendant 60 jours, un détail que son message a souligné.
La seule façon d'être plus dur, c'est si je reste là-bas deux ou trois semaines de plus et que je continue à bombarder sans arrêt, si j'ai raison. Mais qu'est-ce que cela apporterait ? Le détroit d'Ormuz ne s'ouvrirait pas. La grande différence, c'est que l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire. Jamais ils n'auront l'arme nucléaire.
Les États-Unis ont rejeté les revendications de contrôle de l'Iran. Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du CENTCOM, a déclaré que le trafic se poursuivait et que les forces américaines surveillaient la situation. Le Pentagone a indiqué que 55 navires commerciaux avaient traversé le détroit samedi, soit le nombre le plus élevé en une seule journée depuis le début de la guerre, mais encore bien en dessous de la moyenne d'avant-guerre d'environ 130 transits quotidiens.
- Moyenne d'avant-guerre
- 130 navires/jour
- 20 juin 2026
- 55 navires/jour
Pourparlers prévus dimanche au Bürgenstock
Le Pakistan, médiateur clé, a confirmé samedi que des discussions techniques entre les États-Unis et l'Iran débuteraient dimanche 21 juin à la station du Bürgenstock, en Suisse, avec la présence de médiateurs qataris. Cela fait suite à la signature du protocole d'accord à Islamabad le 17 juin. La délégation iranienne comprend le président du Parlement, Mohammad Bagher Qalibaf, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et des responsables de la banque centrale et du secteur pétrolier, ce qui souligne les dimensions économiques des négociations, qui portent également sur le déblocage des avoirs iraniens.
- Signature du protocole d'accord à Islamabad, autorisant un transit sans péage dans le détroit d'Ormuz pendant 60 jours.
- Un cycle de pourparlers prévu en Suisse est annulé ; l'Iran reporte les négociations.
- L'Iran annonce la fermeture du détroit d'Ormuz ; Trump menace de péage ; les délégations se rendent en Suisse.
- Des discussions techniques commencent au Bürgenstock, en Suisse, sous la médiation du Pakistan et du Qatar.
Trêve fragile au Liban
Un nouveau cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l'Iran, a été conclu vendredi, mais il semblait proche de l'effondrement en un jour. Les médias d'État libanais ont fait état de nouveaux bombardements israéliens dans le sud, tandis que l'armée israélienne accusait le Hezbollah de violations. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré que ce voyage visait avant tout à exiger le respect de l'accord initial, et que les négociations en vue d'un accord définitif ne commenceraient qu'une fois les engagements clés honorés.
Ce voyage vise donc à exiger que l'autre partie respecte ses obligations. Sinon, l'ensemble du protocole d'accord sera compromis.
Délégations sur le terrain
Le vice-président américain, JD Vance, s'est rendu en Suisse samedi, déclarant qu'il ne pourrait rester qu'un ou deux jours. Deux émissaires de haut rang, Steve Witkoff et Jared Kushner, étaient déjà sur place pour gérer les aspects techniques. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Araghchi, est arrivé à Zurich samedi, après avoir également tenu une réunion à Téhéran avec le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsin Naqvi.
Je ne peux être là qu'un ou deux jours. Nous espérons faire avancer le dossier nucléaire et le cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux grandes questions sur lesquelles nous allons nous concentrer.
Fenêtre de deux mois
L'accord-cadre ouvre une période de deux mois pour résoudre les questions les plus complexes, notamment le programme nucléaire iranien et le déblocage des fonds gelés. Cependant, l'insistance de l'Iran pour que les États-Unis mettent d'abord fin aux opérations militaires israéliennes au Liban, et la menace publique de Trump de transformer le détroit d'Ormuz en passage à péage, rendent l'ensemble du cadre diplomatique très précaire.


