
Orbán réélu à la tête du Fidesz après la défaite électorale, prépare une contre-offensive automnale contre le gouvernement Magyar
Deux mois après avoir perdu le pouvoir face au parti Tisza de Péter Magyar, Viktor Orbán a obtenu samedi un nouveau mandat d'un an à la présidence du Fidesz avec 729 voix sur 737 délégués, promettant de reconstruire le parti pour une confrontation automnale.
Vote interne du parti
Viktor Orbán, qui a été Premier ministre de la Hongrie de 2010 à mai, a été réélu président du Fidesz le 13 juin lors du premier congrès du parti depuis sa défaite parlementaire d'avril. Il était le seul candidat et a reçu 729 voix, aucune contre et huit abstentions, selon la chaîne HírTV. Ce résultat consolide son emprise sur le parti d'opposition, même si certains délégués ont exprimé de rares critiques.
Je n'abandonne pas, jamais, jamais, jamais, jamais.
Reconnaissance des erreurs et critiques des rivaux
Orbán a déclaré au congrès de Budapest qu'il était seul responsable des erreurs stratégiques qui ont coûté au Fidesz son emprise de 16 ans sur le gouvernement. Il a affirmé que le parti n'est pas encore prêt à être une force d'opposition efficace et qu'il doit travailler dur dans les mois à venir pour se rétablir.
Je suis responsable des erreurs stratégiques, pas les autres.
Parallèlement, il a durci ses attaques contre le Premier ministre Péter Magyar, le qualifiant de « vice-roi » au service des intérêts occidentaux et avertissant que « d'ici l'automne, la Hongrie résistera à ces abus constants ». Il a également décrit l'Union européenne comme le plus grand danger pour la souveraineté hongroise.
Nouvelle réalité politique
Le parti Tisza de Magyar a remporté une majorité des deux tiers en avril, obtenant 141 des 199 sièges parlementaires, tandis que le Fidesz s'est effondré de 133 à seulement 52 sièges. Orbán a refusé de prendre son mandat parlementaire et ne dirigera pas l'opposition depuis l'Assemblée. Il entend plutôt diriger le parti depuis son organisation, un modèle rappelant le rôle de Jarosław Kaczyński au sein du PiS polonais.
Un nouvel obstacle est apparu lorsque Tisza a présenté un projet de loi rétroactif limitant les Premiers ministres à deux mandats de quatre ans. Cette mesure empêcherait Orbán, qui a exercé cinq mandats, de revenir jamais au poste de Premier ministre.
Allégation de camp de migrants
Le matin du congrès, Magyar a accusé Orbán de faire avancer secrètement des plans pour un camp de migrants dans le village hongrois occidental de Vitnyéd, malgré des années de rhétorique farouchement anti-immigration. Cette proposition avait déjà provoqué des protestations de la part des députés autrichiens lorsqu'elle avait refait surface en 2024. Cette contradiction menace d'aggraver le malaise au sein du Fidesz.
Réorganisation à la base
Le Fidesz abandonnera sa structure basée sur les circonscriptions et se réorganisera autour de groupes municipaux et de comités provinciaux. La direction nationale passera de cinq à 28 membres, ajoutant les 20 présidents provinciaux et les chefs des délégations parlementaires et européennes. Orbán a déclaré que cette refonte devrait rendre le parti « ordonné, fort et amical » d'ici la fin de l'été.
Quand les feuilles tomberont, le Fidesz devra être prêt.
Orbán doit assister mercredi à une réunion du groupe ultraconservateur Patriotes pour l'Europe, qu'il a fondé il y a deux ans.
- Orbán réélu président du Fidesz lors du premier congrès du parti depuis la défaite électorale.
- Orbán assiste à une réunion du groupe ultraconservateur Patriotes pour l'Europe à Bruxelles.

