Viktor Orbán appelle à la « résistance nationale » contre le « régime arbitraire » de son successeur lors de son premier meeting post-électoral en Roumanie
L'ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán, évincé en avril, a déclaré à une foule à Baile Tusnad, en Roumanie, que le Fidesz doit devenir un vecteur de « résistance nationale » contre le gouvernement de Péter Magyar, qu'il a accusé de démanteler l'opposition.
Un nouveau gouvernement et des contraintes immédiates
Les élections législatives d'avril en Hongrie ont mis fin à 16 ans de gouvernement Fidesz, portant au pouvoir Péter Magyar et son parti centriste Tisza. En quelques semaines, la nouvelle administration a fait adopter des modifications constitutionnelles et des lois qui réduisent considérablement toute possibilité de retour au pouvoir pour Viktor Orbán. Les réformes limitent le mandat de Premier ministre à deux mandats à vie et les mandats parlementaires à trois mandats. Orbán a déjà exercé cinq mandats de Premier ministre, les nouvelles règles lui interdisent donc une nouvelle candidature. Le plafond de trois mandats pour les députés menace également de nombreux vétérans du Fidesz qui occupent des sièges depuis des décennies. Parallèlement, les procureurs ont ouvert une enquête pour suspicion de financement illégal de campagne électorale, et le 21 juillet, ils ont saisi les serveurs informatiques du Fidesz.
- Le Fidesz perd les élections législatives face au parti Tisza.
- Orbán est reconduit à la présidence du Fidesz lors du congrès du parti.
- Les procureurs saisissent les serveurs du Fidesz pour suspicion de financement illégal de campagne.
- Orbán appelle à la « résistance nationale » dans son discours à Baile Tusnad.
Un appel à la « résistance nationale »
Le 25 juillet, Orbán s'est adressé à des milliers de partisans à Baile Tusnad, une station thermale roumaine située dans une région de langue hongroise où il prononce ses discours d'été depuis des années. C'était sa première apparition publique majeure depuis sa défaite électorale. Il a accusé le gouvernement de chercher à éliminer toute opposition.
Le nouveau gouvernement veut éliminer toute opposition.
Il a déclaré à la foule que le Fidesz doit se réinventer comme un vecteur de résistance nationale.
Le Fidesz doit désormais fonctionner complètement différemment et servir la résistance nationale.
Orbán a décrit le futur rôle du parti comme un centre de services, un incubateur et une pépinière pour les groupes partageant les mêmes idées. Il a noté avec ironie qu'il était « invité pour la première fois en 16 ans en tant que politicien de l'opposition ». Le discours de 2014 dans la même ville, où il a proclamé « l'État illibéral », a servi de toile de fond historique à son retour combatif.
Une prédiction d'effondrement automnal
Orbán a prédit que le nouveau gouvernement s'effondrerait en quelques mois. Il a annoncé une crise énergétique à l'automne, provoquée par des pénuries et des prix élevés, qui submergerait l'administration de Magyar. Des centaines de milliers d'électeurs du Tisza se détourneraient alors du parti et se soulèveraient contre ce qu'il a appelé à plusieurs reprises son « régime arbitraire » (Willkürherrschaft).
À l'automne, le gouvernement échouera à maîtriser la crise déclenchée par les pénuries d'énergie et les prix élevés de l'énergie.
Il a affirmé que le gouvernement manquait de compétences et aliénerait ses propres partisans, créant une ouverture pour les groupes soutenus par le Fidesz de « personnes éprises de liberté ».
Enquêtes et perspectives
La saisie des serveurs le 21 juillet a ajouté une pression juridique. L'équipement informatique du Fidesz a été confisqué dans le cadre d'une enquête sur un présumé financement illégal de campagne. Cette action s'inscrit dans le cadre d'une enquête plus large menée par les procureurs hongrois pour déterminer si le Fidesz a financé illégalement sa campagne électorale. Orbán n'a pas mentionné directement la saisie, mais son accusation plus large selon laquelle les institutions de l'État seraient utilisées pour réduire l'opposition au silence faisait référence à l'enquête. Lors d'un congrès du parti en juin, Orbán a été reconduit à la présidence du Fidesz, une plateforme qu'il entend désormais utiliser pour soutenir un réseau de groupes opposés au régime de Magyar. Son discours combatif à Baile Tusnad signale une posture d'opposition ouvertement antagoniste, préparant le terrain pour une période turbulente dans la politique hongroise.


