En bref
Vendredi 23 octobre, Feijóo a déclaré que le PP ferait de même si Vox ne se présentait pas dans les provinces où il ne peut pas obtenir de sénateur, tout en affirmant que les discussions se poursuivent et que rien n'est acté.
El Mundo rapporte que Vox veut que le PP renonce à deux provinces et que Vox cherche son propre groupe au Sénat, qui exige 10 sénateurs, un seuil réductible à six une fois constitué.
Les candidatures au Sénat et au Congrès doivent être enregistrées avant le 26 octobre, en vue des élections générales du 29 novembre 2026.
NC Report projette que le bloc PP-Vox passe de 150 à 164 sénateurs, au-dessus des 161 nécessaires pour les trois cinquièmes dans un Sénat de 267 sièges.

- 23 oct.Feijóo déclare que les discussions se poursuivent mais que rien n'est acté
- 26 oct.Date limite d'enregistrement des candidatures au Sénat et au Congrès
- 29 nov.Élections générales en Espagne
Une offre de réciprocité
Alberto Núñez Feijóo, président du Partido Popular (PP) et candidat à la présidence du gouvernement, a déclaré vendredi 23 octobre sur Cadena SER qu'il serait prêt à la réciprocité si Vox renonçait à présenter des candidats au Sénat dans les provinces où le parti n'obtiendrait pas de siège. Il a indiqué avoir évoqué la question pour la dernière fois avec le président de Vox, Santiago Abascal, le mercredi 21 octobre. Feijóo a reconnu ne pas pouvoir encore donner de réponse ferme, les conversations étant en cours mais rien n'étant acté. Il a estimé qu'un tel arrangement aiderait les deux partis à mieux valoriser leurs voix, et a précisé que cela dépendait de la volonté de Vox de renoncer à se présenter dans les provinces où il n'a aucun sénateur. Il a aussi admis que le retrait du PP dans deux provinces avait été sur la table des négociations, tout en qualifiant cette information d'un peu datée. Il a formulé son offre ainsi :
« Il serait logique que Vox, dans les provinces où il ne remportera pas de sénateur, envisage de ne pas se présenter et que le Parti populaire réponde à ce geste. »
Échéance et points de blocage
El Mundo rapporte, citant des sources des deux partis, que Vox souhaite que le PP renonce également à se présenter dans deux provinces, possiblement celles déjà évoquées, afin de pouvoir tenter de remporter trois sièges dans chacune. Le PP n'a pas accepté cette idée, un retrait dans une circonscription quelconque envoyant un message négatif à ses électeurs et à son ambition de se présenter dans toute l'Espagne. Un second obstacle tient à la volonté de Vox de constituer son propre groupe parlementaire au Sénat. Le règlement du Sénat exige 10 sénateurs pour un groupe, un seuil qui peut descendre à six après la constitution du groupe, et le PP céderait à Vox les sénateurs nécessaires si un accord était conclu. Les candidatures doivent être enregistrées avant le 26 octobre, et La Razón rapporte que les deux camps comparent désormais leurs sondages internes province par province pour choisir la meilleure formule. Les deux partis confirment seulement que les discussions avancent et que les relations entre négociateurs sont bonnes.
L'arithmétique sénatoriale
Les sénateurs ne sont pas répartis selon le système D'Hondt utilisé pour le Congrès. Chaque province élit quatre sénateurs, et le parti vainqueur en prend généralement trois tandis que le deuxième en obtient un. Vox détient actuellement cinq sénateurs, tous obtenus via des accords régionaux avec le PP, et n'a remporté aucun siège au Sénat aux élections de 2023. Un sondage Sigma Dos pour El Mundo projette entre 12 et 17 sénateurs Vox si le parti ne se retire d'aucune province, un chiffre qui pourrait baisser s'il le fait. La projection de NC Report, rapportée par La Razón, fait passer le bloc PP-Vox de 150 à 164 sénateurs, au-dessus des 161 nécessaires pour une majorité des trois cinquièmes dans une chambre de 267 membres. Une telle majorité permettrait à la droite de pourvoir les quatre sièges du Tribunal constitutionnel désignés par le Sénat, même si les candidats doivent être issus de propositions des parlements régionaux. Elle lui permettrait aussi de choisir les dix membres du Conseil général du pouvoir judiciaire attribués au Sénat sans les voix socialistes.
- Bloc avant projection
- 150 sénateurs
- Seuil des trois cinquièmes
- 161 sénateurs
- Projection NC Report
- 164 sénateurs
Données tirées du texte de l’article
Positions des partis et alliances rivales
Feijóo a fait de la sortie de Pedro Sánchez de La Moncloa son premier objectif et a refusé de s'engager à respecter une victoire du PSOE au vote populaire. Il a déclaré ne disposer d'aucune information suggérant que le PP cesserait d'être la première force politique d'Espagne. Interrogé sur un candidat Vox sur la liste de Tarragone présenté comme ayant un passé néonazi et une affaire de délit de haine en cours, Feijóo n'a pas critiqué Vox. Il s'est tourné vers les pactes de Sánchez avec EH Bildu et a dit ne pas penser devoir recevoir de leçons de morale et d'éthique. Abascal, dans une brève déclaration institutionnelle en début de semaine, a affirmé que l'alliance de gauche dite Senado de Progreso exige des sacrifices des partis d'opposition, et a jugé que le moment n'était pas venu d'en demander davantage aux Espagnols.
« Je crois sincèrement que ce n'est pas le moment de demander davantage de sacrifices au peuple espagnol. »
La suite
Les élections générales sont fixées au 29 novembre 2026, et les listes de candidatures sont closes le 26 octobre. Feijóo a également indiqué qu'il ne maintiendrait pas un ministère de l'Égalité autonome et confirmé une forte réduction de la structure de l'État. Il a réitéré son projet de construire un million de logements et de réformer les lois sur l'euthanasie et l'avortement. Il s'est aussi engagé à abroger la loi sur la mémoire démocratique, qui selon lui blanchit l'ETA.