
Monte dei Paschi étudie des offres sur Banco BPM et Banca Generali pour contrer l'OPA d'Intesa
Le directeur général de Monte dei Paschi, Luigi Lovaglio, a convoqué un conseil d'administration extraordinaire le 20 août pour examiner des contre-offres sur Banco BPM et Banca Generali, face à une OPA non sollicitée de 36 milliards d'euros d'Intesa Sanpaolo.
Contre-offensive contre Intesa Sanpaolo
Le directeur général de Banca Monte dei Paschi di Siena, Luigi Lovaglio, prépare des propositions de rachat alternatives pour résister à une OPA non sollicitée de 36 milliards d'euros (42 milliards de dollars) lancée en juin 2026 par le rival Intesa Sanpaolo en accord avec le groupe Unipol. La banque siennoise a programmé un conseil d'administration extraordinaire le jeudi 20 août à 09h00, au cours duquel Lovaglio prévoit de présenter des offres d'échange potentielles pour Banco BPM et Banca Generali. Intesa prévoit de céder la moitié du réseau d'agences commerciales de MPS si son OPA réussit, une issue que Lovaglio a jugée destructrice de valeur pour l'entreprise. Cette initiative fait suite à la restructuration de MPS, qui a bénéficié d'un sauvetage public en 2017 avant d'achever sa reprivatisation en 2023 et 2024. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a également exprimé publiquement l'espoir que l'institution toscane ne soit pas démantelée.
Le directeur général de Monte dei Paschi di Siena, Luigi Lovaglio, met la dernière main à la présentation au conseil d'administration de la banque non pas d'une, mais de deux opérations extraordinaires en alternative à l'offre publique d'achat et d'échange lancée ces derniers mois par Intesa Sanpaolo en accord avec le groupe Unipol.
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Restructuration de la gestion de fortune avec Generali
L'option défensive principale à l'étude porte sur une opération extraordinaire concernant Banca Generali, dans laquelle le groupe d'assurance italien Assicurazioni Generali détient une participation majoritaire de 51 %. Lovaglio vise à fusionner Banca Generali avec Mediobanca, dans laquelle MPS détient une participation de contrôle de 86,3 %, pour créer ce qui pourrait devenir le plus grand pôle de gestion de fortune en Italie. L'opération potentielle pourrait prendre la forme d'une offre d'échange mêlant liquidités et actions, accordant potentiellement à Assicurazioni Generali une participation de 12 % à 13 % dans MPS. Cette participation protégerait les partenariats d'assurance existants et offrirait à Generali une voie directe pour remplacer l'assureur français Axa, dont l'accord de bancassurance avec MPS expire en 2027. Pour lever les liquidités nécessaires, MPS évalue la vente de la participation de 13,2 % dans Generali qu'elle détient indirectement via Mediobanca.
- Participation de MPS dans Mediobanca
- 86.3 %
- Participation de Generali dans Banca Generali
- 51 %
- Participation de Mediobanca dans Generali
- 13.2 %
- Participation d'UniCredit dans Generali
- 8.8 %
Sources de financement et le précédent Mediobanca
L'opération proposée pour Banca Generali reprend une structure défensive tentée en avril de l'année précédente par le directeur général de Mediobanca, Alberto Nagel, pour repousser une avance de MPS. Dans ce cadre, l'acquisition serait financée par l'échange d'actions Banca Generali contre la participation de 13,2 % dans Generali détenue par Sienne via Mediobanca. Assicurazioni Generali détiendrait ensuite des actions d'autocontrôle excédentaires qui pourraient être vendues à des investisseurs institutionnels externes. UniCredit, qui détient une participation de 8,80 % dans Generali, aux côtés d'Intesa Sanpaolo, a été citée parmi les acheteurs potentiels de ces actions. La réalisation de l'opération nécessite un accord formel avec le directeur général de Generali, Philippe Donnet, qui a eu plusieurs réunions avec ses homologues ces dernières semaines pour discuter des conditions potentielles.
Résistance des actionnaires et obstacles réglementaires
Une offre d'échange d'actions distincte pour Banco BPM se heurte à des obstacles importants après l'échec de négociations antérieures. Banco BPM, la quatrième banque italienne, a exploré une fusion potentielle avec MPS début juin 2026 pour contrer la manœuvre d'Intesa, mais a abandonné le projet faute de progrès et face à l'opposition de son principal actionnaire. Le prêteur français Crédit Agricole, qui contrôle un peu moins d'un tiers du capital de Banco BPM, a déclaré ne voir aucune valeur économique dans une telle combinaison. De plus, toute contre-offensive lancée par MPS doit respecter les restrictions de la règle de passivité déclenchées par la réglementation italienne sur les OPA suite à l'offre d'Intesa. Lovaglio doit obtenir les autorisations du conseil d'administration et des actionnaires, tandis que le parquet de Milan prépare une décision concernant une enquête en cours sur MPS et Mediobanca.

