En bref
Lors des 24 dernières audiences de validation, le tribunal pour mineurs et le parquet des mineurs ont placé trois mineurs en prison et 21 sous assignation à résidence ou en communauté. Ces audiences concernent une partie des 35 mineurs interpellés entre le samedi 17 et le dimanche 18 octobre.
Le ministre de la Justice Carlo Nordio estime que le système pénitentiaire pour mineurs est en difficulté et propose de financer davantage de places et de réserver certains quartiers de prisons pour adultes aux mineurs. Le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles ont attaqué ce projet, et Giuseppe Conte a réclamé la démission de Carlo Nordio.
Le président Sergio Mattarella a signé le décret sécurité, qui rend pénalement responsables les mineurs de plus de 14 ans. Matteo Salvini annonce l'arrivée de 500 militaires à Milan avec des véhicules Lince et des drones, tandis que les conseillers d'Europa Verde jugent le dispositif disproportionné et chiffrent son coût à près de 5 millions d'euros.
Antigone compte 550 personnes en IPM en août 2026, contre 381 fin 2022. Il Messaggero rapporte une hausse de 40 % des mineurs détenus depuis 2022.
- 17 oct.Onze mineurs interpellés le samedi lors des troubles à Milan
- 18 oct.Affrontements le dimanche ; 35 mineurs interpellés sur le week-end
- 22 oct.Le tribunal et le parquet communiquent les résultats des 24 dernières audiences : trois mineurs incarcérés, 21 sous mesures alternatives
Audiences et interpellations
Le tribunal pour mineurs et le parquet des mineurs ont indiqué dans une note commune que les 24 dernières audiences de validation s'étaient soldées par l'incarcération de trois mineurs et le placement de 21 autres sous assignation à résidence ou en communauté. Entre le samedi 17 et le dimanche 18 octobre, 35 mineurs avaient été interpellés au total, et onze des personnes détenues le samedi faisaient déjà l'objet de mesures avant cette série d'audiences. Les procureurs vont mener des enquêtes socio-familiales sur les enfants de moins de 14 ans, non pénalement responsables, et pourront demander des mesures de sûreté ou renvoyer les dossiers devant le tribunal pour mineurs.
Les adultes interpellés lors des mêmes troubles sont traités séparément. Le juge Fabrizio Filice a validé les interpellations de cinq adultes détenus le samedi 17 octobre et ordonné l'incarcération de quatre d'entre eux, poursuivis pour dévastation et pillage et résistance aggravée. Le cinquième homme, accusé de résistance aggravée, a été placé sous assignation à résidence avec bracelet électronique. Le juge a invoqué la gravité des faits reprochés et le risque de répétition des violences.
La proposition de Nordio et les réactions
Le ministre de la Justice Carlo Nordio, invité de l'émission Start sur Sky TG24, a déclaré que l'ampleur des interpellations était sans précédent.
« Une série d'interpellations massives de mineurs ne s'était jamais produite auparavant. »
Il a défendu l'incarcération des mineurs violents lorsque c'est nécessaire, et estimé que le système pénitentiaire pour mineurs est en difficulté. Une réunion tenue la veille de l'entretien a porté sur l'utilisation des rares crédits disponibles pour créer des places et sur la réservation de certains quartiers de prisons pour adultes aux mineurs.
La proposition a suscité de vives critiques des partis d'opposition. Michela Di Biase, du Parti démocrate, a accusé le gouvernement de remplacer la réinsertion par des cellules, tandis que Giuseppe Conte, chef du Mouvement 5 étoiles, a réclamé la démission du ministre.
« Si vous parlez comme ça, vous n'êtes pas un homme politique, vous devez rentrer chez vous. »
Les chiffres des prisons pour mineurs
Il Messaggero rapporte que le nombre de mineurs détenus dans les instituts pénitentiaires pour mineurs (IPM) a augmenté de 40 % depuis 2022. L'association Antigone donne les chiffres : 381 personnes étaient détenues en IPM fin 2022, et 550 en août 2026.
- Fin 2022
- 381 personnes
- Août 2026
- 550 personnes
Données tirées du texte de l’article
Susanna Marietti, qui coordonne l'observatoire des prisons pour mineurs d'Antigone, estime que la logique du gouvernement semble être de punir un pour en dissuader cent. Elle ajoute que la justice des mineurs ne peut servir d'outil d'intimidation collective. Il Messaggero rappelle aussi qu'en 2025, une section provisoire pour les 21-25 ans a été créée au sein de la prison de la Dozza à Bologne pour alléger la pression sur les instituts pour mineurs.
Le décret sécurité et les militaires à Milan
Le décret sécurité a reçu la signature du président Sergio Mattarella. Il crée le délit de participation violente à des manifestations et rend pénalement responsables les mineurs de plus de 14 ans. Le vice-président du Conseil Matteo Salvini a annoncé que 500 militaires, dont des parachutistes de la Folgore, arriveront à Milan dans le cadre de l'opération Strade Sicure et pourraient utiliser des véhicules blindés Lince et des drones pour maintenir l'ordre public. Les conseillers d'Europa Verde Tommaso Gorini et Francesca Cucchiara ont jugé le dispositif disproportionné, soulignant que les militaires de Strade Sicure ont jusqu'ici assuré des missions de surveillance et non d'ordre public, et chiffrant son coût à près de 5 millions d'euros.
Les dégâts et le plus jeune détenu
La première estimation de Confcommercio évalue à environ 1 million d'euros les dégâts subis par les commerces et la ville de Milan. La police identifie environ 500 jeunes à partir des images de vidéosurveillance et des vidéos tournées pendant les affrontements, et Rai rapporte que les mineurs représentent 80 % des personnes détenues. Le plus jeune détenu a 11 ans et n'est pas pénalement responsable. La directrice de son école a décrit sa fragilité et sa maîtrise limitée de l'italien, et s'est dite déterminée à continuer de le soutenir.
Les États généraux de la justice des mineurs se réunissent à Rome le 26 novembre, où 500 experts de Libera, Defence for Children Italia et Antigone présenteront leurs propositions.