Met Gala 2027 : hommage à John Galliano, l’exposition confronte ses propos antisémites de 2011 et sa condamnation pour crime de haine
Le Metropolitan Museum of Art consacrera son exposition du Costume Institute du printemps 2027 à John Galliano, troisième designer vivant à bénéficier d’une exposition solo au musée, tout en abordant directement la sortie antisémite qui a mis fin à son mandat chez Dior et a conduit à une condamnation pour crime de haine.
Le choix controversé du Met
Le Metropolitan Museum of Art et Vogue ont annoncé que le Met Gala 2027, le 3 mai, célébrera le créateur britannique John Galliano, lançant l’exposition John Galliano : Horizons. L’exposition, qui se déroulera du 9 mai 2027 au 9 janvier 2028, sera une rétrospective couvrant toute sa carrière, puisant dans la collection du Costume Institute, la plus grande collection d’œuvres de Galliano au monde. Galliano devient le troisième designer vivant à bénéficier d’une exposition solo au Met, après Yves Saint Laurent en 1983 et Rei Kawakubo de Comme des Garçons en 2017.
John Galliano a exercé une influence profonde sur la mode au cours des quatre dernières décennies. Son travail met en relation dynamique la recherche historique, l’imagination artistique, l’expression théâtrale et l’expérimentation technique. Puisant dans la profondeur du savoir du Costume Institute et l’ampleur des collections du Met, *John Galliano : Horizons* proposera un examen approfondi de sa pratique créative tout en prêtant une attention particulière aux circonstances historiques, culturelles et éthiques à travers lesquelles son œuvre est comprise.
La carrière et l’influence de Galliano
La carrière de Galliano, qui s’étend sur quatre décennies, a commencé avec sa collection de fin d’études à Central Saint Martins en 1984. Il a été directeur artistique de Dior de 1996 à 2011, une période largement considérée comme l’une des plus innovantes de l’histoire de la maison, puis directeur créatif de Maison Margiela de 2014 à 2024. Ses créations, connues pour leurs jupes volumineuses, robes en biais, ornements opulents et silhouettes exagérées, s’inspirent du cinéma, de la littérature et des histoires du monde. L’exposition présentera vêtements, accessoires, croquis, toiles et documents d’archives, et s’achèvera avec sa collection Artisanale Printemps/Été 2024 de Margiela, largement saluée. Galliano a habillé de nombreuses célébrités, Nicole Kidman étant une muse fréquente et Kate Moss, dont il a conçu la robe de mariée en 2011.
- Diplômé de Central Saint Martins avec une collection acclamée
- Nommé directeur artistique chez Christian Dior
- Vidéo antisémite diffusée ; licencié par Dior ; condamné pour crime de haine à Paris
- Retour à la mode comme directeur créatif de Maison Margiela
- La collection Artisanale de Margiela saluée comme l’un des défilés marquants de la décennie
- Le Met Gala célèbre la carrière de Galliano
- Ouverture de l’exposition John Galliano : Horizons au Met
Confronter le scandale
L’exposition n’évitera pas la sortie antisémite de Galliano en 2011, filmée dans un bar parisien, qui a conduit à son renvoi de Dior et de sa propre marque, ainsi qu’à une condamnation par un tribunal parisien pour insultes publiques fondées sur la race, la religion, l’origine ethnique ou l’origine. Le Costume Institute a déclaré que l’exposition « abordera la conduite injurieuse qui a fondamentalement modifié sa carrière et sa réception publique » et « examinera comment la réussite artistique doit être comprise en regard de la responsabilité éthique ». Les organisateurs décrivent l’approche comme un examen de la relation entre l’art et l’éthique, plutôt qu’un simple récit de chute et de rédemption.
Consultations en coulisses
Anna Wintour, Andrew Bolton et Galliano ont passé l’année écoulée à rencontrer d’influents rabbins et dirigeants juifs de New York pour solliciter leur avis sur l’exposition, selon le New York Times. Ces réunions, tenues à plusieurs reprises ces derniers mois et incluant une rencontre à huis clos au Met en mai, visaient à sonder les réactions et éventuellement obtenir un soutien. Le rabbin Rick Jacobs, président de l’Union pour le judaïsme réformé en Amérique du Nord, a assisté à une session et a déclaré avoir été frappé par l’attitude de Galliano.
Le mot qui me revient est « sincérité ». Il était ouvert. Il nous a regardés droit dans les yeux et a parlé clairement, sans avoir l’air de réciter des arguments préparés.
Jonathan Greenblatt, directeur général de l’Anti-Defamation League, a écrit dans un courriel au Times que l’ADL avait accepté depuis longtemps les excuses de Galliano et estimait qu’il avait véritablement travaillé sur les problèmes qui avaient conduit à la sortie. Ces consultations ont lieu dans un contexte de montée de l’antisémitisme à New York, avec une inquiétude accrue après le récent poignardage de deux hommes, dont l’un quittait un centre communautaire juif à Manhattan, une attaque poursuivie comme crime de haine.


