
Le tribunal d'Ilfov suspend les décisions du PNL bloquant le soutien au gouvernement Vestea
Le tribunal d'Ilfov (Roumanie) a suspendu jeudi deux décisions du Bureau politique national du PNL qui ordonnaient aux députés PNL de ne pas voter pour un gouvernement dirigé par Adrian Vestea et menaçaient d'exclusion ceux qui le feraient. La direction du PNL affirme que le tribunal n'avait pas compétence territoriale et que la ligne politique du parti reste inchangée.
La décision du tribunal
Le 18 juin, le tribunal d'Ilfov a admis une demande de 16 parlementaires du PNL et a suspendu les décisions 22 et 25 du Bureau politique national du parti, adoptées le 15 juin. La suspension est provisoire et exécutoire, restant en vigueur jusqu'à une décision définitive dans le litige principal (affaire n° 1923/93/2026) concernant une demande de dommages-intérêts. Le PNL peut faire appel dans un délai de 5 jours.
Le tribunal d'Ilfov n'était pas territorialement compétent pour statuer sur une telle demande, la compétence territoriale appartenant au tribunal de Bucarest, étant donné que le siège central du PNL se trouve à Bucarest.
- Le Bureau politique national du PNL adopte les décisions 22 et 25, ordonnant aux députés de ne pas soutenir un gouvernement Vestea sous menace d'exclusion.
- 16 députés déposent une demande de suspension au tribunal d'Ilfov.
- Le tribunal d'Ilfov accorde la suspension, effective immédiatement, avec un appel possible dans les 5 jours.
Ce que disaient les décisions suspendues
La décision 22 imposait aux groupes parlementaires du PNL de ne pas soutenir l'investiture d'un gouvernement proposé par Adrian Vestea. Les députés devaient soit ne pas participer au vote, soit voter « présent, mais je ne vote pas ». La violation entraînait la perte de l'adhésion au parti. La décision 25 stipulait que tout membre acceptant une nomination au poste de premier ministre ou de ministre sans l'approbation du parti serait exclu. Les deux décisions étaient signées par le président du PNL, Ilie Bolojan, et le secrétaire général, Dan Motreanu.
Les arguments juridiques des requérants
Les 16 députés libéraux, dont des figures comme Monica Anisie, Alina Gorghiu et Andrei Baciu, ont contesté les décisions sur quatre motifs principaux. Ils ont invoqué l'article 69 de la Constitution roumaine, qui interdit les mandats impératifs, arguant que les instructions du BPN constituent un mandat impératif de facto. Ils ont affirmé que le BPN avait outrepassé ses pouvoirs statutaires, car seul le Conseil national du parti peut ordonner des exclusions. La sanction automatique contournait les procédures disciplinaires obligatoires, violant le droit à la défense. Enfin, la conduite requise était contraire aux règlements parlementaires, qui obligent les députés à participer aux sessions et limitent les options de vote à « pour » ou « contre », et non à une formule « présent, ne votant pas ».
La réponse du PNL et les prochaines étapes
La direction du parti a catégoriquement rejeté la décision du tribunal. Dans un communiqué, le PNL a déclaré que la décision n'affecte pas sa ligne politique : ni le refus de voter pour un gouvernement Vestea, ni la programmation d'un Congrès extraordinaire, ni le rejet de la coopération avec le Parti social-démocrate (PSD). Le communiqué a également souligné ce qu'il a appelé une rapidité de résolution record, notant que la demande a été traitée sans que le parti en soit informé ni que l'affaire soit affichée en temps utile sur le portail du tribunal.
Nous demandons à tous les acteurs politiques de s'abstenir d'utiliser la justice dans la lutte politique. Le PNL ne cède pas et ne modifie pas ses décisions politiques à la suite de telles manœuvres.
Une rapidité sans précédent
HotNews.ro a analysé la charge de travail du tribunal d'Ilfov et a constaté que, sur 41 demandes d'ordonnances présidentielles déposées en 2026, aucune n'avait reçu une audience le même jour. Le délai moyen pour une première audience est de deux semaines, certaines affaires s'étendant jusqu'à deux mois. Même une affaire concernant un enfant en danger, déposée en janvier par l'agence de protection de l'enfance, n'a pas obtenu de décision le jour même. La décision de jeudi se distingue donc comme une anomalie procédurale.
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