
Giorgia Meloni qualifie de « censure » l'engagement antifasciste d'un salon du livre, les organisateurs promettent un réexamen
La Première ministre Giorgia Meloni a accusé le salon Più Libri Più Liberi de Rome d'exiger un « patentino antifascista » (permis antifasciste) de la part des éditeurs exposants, dénonçant une mesure de censure, tandis que les organisateurs assurent que cette déclaration vise uniquement la clarté et l'unité.
Le différend
Le salon national de la petite et moyenne édition de Rome, Più Libri Più Liberi, se tiendra du 4 au 8 décembre 2026 à la Nuvola dell'Eur. Cette année, les exposants doivent signer une annexe supplémentaire les engageant explicitement à « reconnaître et partager les valeurs antifascistes au fondement de l'ordre démocratique de la Constitution italienne ». Cette exigence fait suite à une controverse en 2025, lorsqu'un groupe de 89 intellectuels avait tenté, sans succès, d'obtenir l'exclusion d'un éditeur d'extrême droite. La Première ministre Giorgia Meloni, sur X, a qualifié cette annexe de « patentino antifascista » et d'acte de censure.
L'effacement des idées non gauchistes, sous couvert de lutte antifasciste, est un vieux vice de la gauche. Cela s'appelle, tout simplement, de la censure. Et la censure est incompatible avec toute société démocratique.
La réponse du salon
Les organisateurs du salon ont défendu leur initiative, expliquant que le document repose sur des références institutionnelles et universelles et ne contient aucune allusion partisane. Dans un communiqué, ils ont déclaré que la décision de demander aux participants de signer n'était pas une censure mais « un besoin de clarté et d'unité parmi les différents acteurs présents au salon ». Ils ont toutefois reconnu le poids de l'intervention de la Première ministre.
Nous regrettons ce qui se passe : l'intervention de la présidente du Conseil et le débat général qui en a découlé nous conduisent évidemment à un examen plus approfondi, par respect institutionnel.
La présidente du salon, Annamaria Malato, a ajouté qu'il serait « une belle chose si Meloni venait, et je dis cela sans intention polémique, mais pour montrer qu'il s'agit d'un grand malentendu ».
Opposition et alliés
Elly Schlein, secrétaire du Parti démocrate, a critiqué Giorgia Meloni pour ses attaques contre l'antifascisme tout en restant silencieuse sur un rassemblement où un leader néofasciste a déclaré être prêt à prendre le Parlement d'assaut. Elly Schlein a rappelé que Giorgia Meloni elle-même a prêté serment sur la Constitution antifasciste.
Même Giorgia Meloni a prêté serment sur la Constitution, et la Constitution est antifasciste. Tout en garantissant la liberté d'expression, elle ne considère pas le fascisme comme une opinion, mais l'interdit.
Le vice-Premier ministre Antonio Tajani a soutenu que la liberté d'expression et de pensée devait toujours être garantie et qu'il ne fallait pas être étiqueté fasciste simplement pour avoir un point de vue différent. L'ancien ministre de la Culture Gennaro Sangiuliano a qualifié l'exigence du salon de « perle d'intolérance » et a suggéré qu'une déclaration anticommuniste devrait également être exigée si des références antifascistes sont demandées.
Réactions plus larges
Plusieurs voix du monde culturel se sont jointes aux critiques, tandis que les organisateurs du salon ont insisté sur le fait que le document ne limitait pas la pensée. Le ministre de la Culture, Alessandro Giuli, aurait accueilli favorablement la promesse d'un réexamen « à la lumière des observations fondées ». Ce différend souligne les tensions persistantes au sein de la vie publique italienne concernant l'héritage du fascisme et les limites de la liberté d'expression, à six mois de l'ouverture du salon.
Elle a parfaitement raison. Dans un pays où la liberté d'expression figure dans la Constitution, cette liberté ne doit être soumise à aucune licence, qu'elle soit antifasciste ou anti-quoi que ce soit.


