L'UE traduit la Roumanie en justice pour des retards de paiement systémiques aux pharmacies
La Commission européenne a traduit la Roumanie devant la Cour de justice de l'UE, estimant que l'assureur maladie national n'a pas respecté de manière systématique le délai légal de 60 jours pour payer les pharmacies. La CNAS affirme que ses paiements sont désormais à jour et que l'affaire reflète une situation historique.
La saisine
Le 8 juillet 2026, la Commission européenne a décidé de traduire la Roumanie devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour ce qu'elle appelle des retards « systématiques et persistants » dans les paiements aux pharmacies par la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAS). La Commission estime que la Roumanie a violé la directive 2011/7/UE, qui exige que les entités de santé publique règlent les transactions commerciales dans un délai de 60 jours calendaires.
La CNAS a systématiquement dépassé ce délai lors des paiements aux pharmacies qui fournissent des médicaments aux patients. En ne veillant pas à ce que la CNAS effectue les paiements dans le délai prescrit, la Roumanie a manqué à ses obligations au titre de la directive.
Réponse de la CNAS
La CNAS a publié une déclaration le même jour, affirmant que ses paiements de médicaments sont désormais à jour. L'institution a confirmé que toutes les demandes pour la consommation de mars ont été intégralement payées et qu'elle dispose de fonds pour environ 63 % de la consommation d'avril, soit environ 1,5 milliard de lei. Les 827 millions de lei restants ont été demandés au ministère des Finances, dans le but de régler les obligations d'avril d'ici la fin juillet.
Au 8 juillet 2026, la CNAS est à jour dans ses paiements de médicaments. Tous les médicaments pour la consommation de mars ont été intégralement payés, et la consommation d'avril doit être payée d'ici la fin juillet. Nous disposons actuellement de fonds pour environ 63 % de la consommation d'avril. Pour la différence d'environ 827 millions de lei, l'institution a pris toutes les mesures nécessaires auprès du ministère des Finances pour que cette somme soit disponible d'ici la fin du mois, permettant ainsi un paiement intégral et en temps voulu aux pharmacies.
La CNAS a souligné que la procédure européenne provient d'une plainte déposée en avril 2024 par un groupe de pharmacies concernant des retards passés et ne reflète pas la situation actuelle des paiements. Entre octobre 2025 et avril 2026, l'institution affirme avoir éliminé les arriérés historiques et effectué les paiements dans les délais légaux, allant même jusqu'à prépayer environ 16 % des obligations de janvier 2026 en décembre 2025.
Contexte du litige
La procédure d'infraction a débuté en avril 2024 par une lettre de mise en demeure, suivie d'un avis motivé en février 2025 et d'un avis motivé complémentaire en janvier 2026. La Commission a jugé les mesures prises par les autorités roumaines insuffisantes, ce qui a conduit à la saisine de la CJUE. Selon les données communiquées par les autorités roumaines, les pharmacies sont payées en moyenne 62 à 79 jours au-delà du délai légal de 60 jours.
- La Commission envoie une lettre de mise en demeure à la Roumanie
- La Commission émet un avis motivé
- La Commission émet un avis motivé complémentaire
- La Commission traduit la Roumanie devant la Cour de justice de l'UE
Impact sur les pharmacies et le marché unique
La Commission a averti que les retards de paiement affaiblissent les chaînes d'approvisionnement, entravent la croissance et la compétitivité des entreprises et limitent leur capacité à innover. Les pharmacies en Roumanie préfinancent les achats de médicaments auprès des fabricants, garantissant ainsi aux patients un accès rapide aux traitements. La Commission considère les retards de paiement du secteur public comme un obstacle majeur à la compétitivité du marché unique et a fait de leur application une priorité dans le cadre de son programme plus large de simplification réglementaire.
Les retards de paiement affaiblissent les chaînes d'approvisionnement, entravent la croissance et la compétitivité des entreprises et affectent leur capacité à innover et à se développer.
La procédure a été déclenchée par des plaintes d'associations représentant plus de 500 pharmacies indépendantes. La consommation mensuelle moyenne de médicaments en Roumanie s'élève à environ 2,4 milliards de lei, soit 40 % des dépenses mensuelles totales du Fonds national unique d'assurance maladie, hors congés de maladie et prestations de santé.


