Migration · Strasbourg
Le Parlement européen approuve les centres de rétention offshore pour migrants, suscitant acclamations et condamnations
Le Parlement européen a voté mercredi pour autoriser les États membres à établir des centres de rétention dans des pays non membres de l'UE pour les demandeurs d'asile déboutés, marquant un durcissement marqué de la politique migratoire du bloc. Le règlement, approuvé par 418 voix contre 218, ouvre la possibilité de « centres de retour » qui pourraient être opérationnels d'ici 2027.
Texte IA fondé sur les articles de Reuters, Deutsche Welle, RTVE.es et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).
En bref
Le Parlement européen a adopté le règlement sur le retour par 418 voix contre 218, autorisant les centres de rétention offshore pour les demandeurs d'asile déboutés.
Les États membres peuvent négocier des accords pour transférer les migrants vers des installations en dehors de l'UE, avec une détention possible jusqu'à 24 mois.
Les députés d'extrême droite ont scandé « renvoyez-les » tandis que les députés de gauche ont crié « honte à vous » ; les organisations de défense des droits de l'homme ont condamné la décision.
L'Espagne reste le seul grand pays de l'UE à rejeter formellement le règlement, remettant en question son respect des droits fondamentaux.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis vise à conclure les premiers accords en 2026, avec des centres opérationnels en 2027.
Le nouveau règlement sur le retour
Le Parlement européen a donné mercredi son approbation finale à un règlement qui permet aux pays de l'UE de créer des « centres de retour » en dehors du bloc pour détenir les demandeurs d'asile déboutés en attente d'expulsion. Le texte, adopté par 418 voix pour, 218 contre et 30 abstentions, remplace une directive vieille de près de deux décennies. Il oblige les ressortissants de pays tiers sans séjour légal à quitter immédiatement ou dans un délai déterminé et à coopérer avec les autorités. Ceux qui ne le font pas, ou qui présentent un risque pour la sécurité ou de fuite, peuvent être détenus jusqu'à 24 mois, prolongeables de six mois supplémentaires sous certaines conditions. Une autorité nationale doit ordonner la détention, et le règlement exige que les accords avec des pays tiers respectent les droits de l'homme et le principe de non-refoulement.
« Le règlement sur le retour fournira les outils nécessaires pour rendre les retours plus efficaces, avec des procédures plus rapides et plus efficaces. »
Un hémicycle divisé
Le vote a révélé de profondes divisions. Les députés d'extrême droite et de droite ont éclaté en applaudissements et scandé « renvoyez-les », tandis que les députés de gauche ont crié « honte à vous ». Les sociaux-démocrates ont comparé la scène à une application de la politique migratoire à la Trump.
« Ce règlement montre clairement que c'est nous, et non les passeurs, qui décidons qui peut rester dans l'UE et qui doit partir. »
Les organisations de défense des droits tirent la sonnette d'alarme
Les organisations de défense des droits de l'homme et l'ONU ont averti que les règles risquent d'étendre la détention, de normaliser le traitement offshore et d'affaiblir les protections contre le refoulement.
« La déshumanisation des migrants et des réfugiés, y compris au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans de nombreux pays de l'UE, est consternante, conduisant souvent aussi au déni de leurs droits. »
Les États membres se précipitent
Même avant l'approbation finale, six pays (Allemagne, Autriche, Danemark, Pays-Bas, Grèce et Italie) ont exploré des accords de centres de retour.
« Notre objectif est de conclure les premiers accords pour la création de ces structures en 2026, afin qu'elles puissent être opérationnelles en 2027. »
Contexte plus large
Le règlement est la dernière pièce du pacte migratoire et d'asile de l'UE, façonné par l'afflux de 2015-2016 et la montée du sentiment anti-immigration qui a renforcé les partis d'extrême droite sur tout le continent. Le vote est intervenu un jour après que les ministres de l'UE ont accepté d'ouvrir le fonds d'action extérieure « Europe globale » du bloc pour financer des « solutions innovantes » contre la migration irrégulière, permettant effectivement l'utilisation de fonds européens pour les centres. Par ailleurs, la Commission a invité le mois dernier des responsables talibans à Bruxelles pour discuter des retours de ressortissants afghans, une mesure que les organisations de défense des droits de l'homme ont jugée contraire aux valeurs de l'UE. La réunion, prévue du 22 au 23 juin, se concentre sur la réadmission des Afghans sans séjour légal.
- Pour
- 418
- Contre
- 218
- Abstentions
- 30
Données tirées du texte de l’article
Poser une question sur ce texte
Sources et contexte
- Ursula von der Leyen
- Présidente de la Commission européenne
- Magnus Brunner
- Commissaire européen à la Migration
- Kyriakos Mitsotakis
- Premier ministre grec
- Volker Turk
- Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme
- Abdul Qaher Balkhi
- Porte-parole du ministère des Affaires étrangères taliban
Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.
Soutenir Pollar