
L'UE s'accorde sur une refonte sévère de la politique migratoire et valide les centres de rapatriement offshore sur le modèle de Meloni
L'Union européenne est parvenue à un accord politique provisoire sur une nouvelle directive sur les retours, ouvrant la voie à la création de centres de rapatriement dans des pays non membres de l'UE et resserrant considérablement la politique migratoire du bloc.
L'Union européenne a consolidé un virage significatif vers la droite dans sa politique migratoire, les négociateurs du Parlement européen, du Conseil et de la Commission s'étant accordés sur un nouveau règlement sur les retours. L'accord, conclu lundi, introduit la possibilité pour les États membres d'établir des «centres de retour» dans des pays tiers, un modèle directement inspiré de l'accord controversé de la Première ministre italienne Giorgia Meloni avec l'Albanie.
Un nouveau cadre juridique pour les rapatriements
Le nouveau règlement rompt le lien existant qui exigeait qu'une personne expulsée soit renvoyée dans son pays d'origine ou dans un pays avec lequel elle entretient un lien démontrable. Désormais, les individus peuvent être envoyés dans un pays tiers à condition qu'un accord bilatéral pour un «centre de retour» soit en place. La législation autorise également des périodes de détention plus longues pour les personnes en attente d'expulsion, pouvant aller jusqu'à deux ans en cas de risque de fuite ou de défaut de coopération avec les autorités. Cela peut également s'appliquer aux mineurs non accompagnés en «dernier recours» dans des situations extrêmes.
Ce nouveau règlement accélérera le processus de retour et augmentera le nombre de retours de personnes qui n'ont pas le droit légal de rester dans l'UE.
Divisions politiques et «modèle Meloni»
L'accord représente une victoire importante pour les partis de droite et les partisans d'une approche plus orthodoxe de la gestion des migrations. Bien que l'expérience italienne en Albanie n'ait traité que quelques centaines de personnes, bien en deçà des attentes, elle a eu un fort impact sur le débat public. Plusieurs États membres explorent déjà des options similaires, avec des groupes de deux à cinq pays qui sondent activement des partenaires potentiels en Afrique, dans les Balkans et en Asie centrale. L'Allemagne, l'Autriche et la Grèce seraient très intéressées, tandis que les Pays-Bas maintiennent une approche restrictive sous leur nouveau gouvernement.
L'isolement de l'Espagne
L'Espagne se démarque clairement, le gouvernement de Pedro Sánchez ayant exprimé son opposition à cette mesure. Cela laisse l'Espagne isolée sur la politique migratoire au sein du bloc, car la direction dominante en Europe diverge nettement de la position de l'exécutif espagnol. Le texte final doit encore être formellement adopté par le Conseil et approuvé par le Parlement européen, où l'Espagne devrait à nouveau exprimer son rejet.
Mise en œuvre et préoccupations en matière de droits humains
L'accord a été retardé par rapport à la semaine précédente en raison de désaccords sur le calendrier de mise en œuvre. Un compromis a été trouvé : le règlement entrera en vigueur un jour après sa publication au Journal officiel de l'UE, mais les États membres disposeront d'un délai allant jusqu'à 12 mois pour appliquer les dispositions les plus complexes. Le règlement est la dernière pièce du paquet migratoire européen, dont l'élément principal, le Pacte sur la migration et l'asile, entre formellement en vigueur le 12 juin. Les organisations de défense des droits humains ont vivement critiqué le plan, mettant en garde contre des lacunes en matière de responsabilité, des risques de rapatriements en chaîne vers des pays dangereux et une détention arbitraire.
Il peut y avoir des problèmes de responsabilité et de contrôle des droits humains, des risques de rapatriements en chaîne vers des pays dangereux, de détentions arbitraires et de nombreuses autres violations des droits humains et du droit international.
- Le texte final sur les retours devrait être prêt, mais les négociations butent sur la date de mise en œuvre.
- Un accord politique provisoire sur le nouveau règlement sur les retours est conclu entre le Conseil, le Parlement et la Commission.
- Le principal pacte de l'UE sur la migration et l'asile entre formellement en vigueur.
- Deux ans après l'application, la reconnaissance mutuelle volontaire des décisions de retour sera réévaluée.

